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Guide4 décembre 2025

Rachat de trimestres 2026 : coût, conditions, rentabilité

Temps de lecture : 10 min
Rachat de trimestres 2026 : coût, conditions, rentabilité

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Introduction

Si vous cherchez le coût d'un rachat de trimestres, combien de trimestres on peut racheter ou si le rachat est rentable, ce guide répond directement à ces questions. Le rachat de trimestres (ou versement pour la retraite) est un dispositif prévu par l'article L351-14-1 du Code de la Sécurité sociale. Il permet aux assurés du régime général de compléter leur relevé de carrière en achetant des trimestres manquants, dans la limite de 12 trimestres au total.

Pour les personnes ayant fait des études supérieures longues ou ayant connu des années de cotisation incomplètes en début de carrière, ce dispositif peut permettre d'atteindre le taux plein plus tôt, voire de partir à la retraite avec une pension significativement plus élevée.

Mais le rachat a un coût, parfois élevé. La question essentielle est donc celle de la rentabilité : combien cela coûte, combien cela rapporte, et en combien de temps l'investissement est-il amorti ? Ce guide fait le point complet sur le dispositif.

Vous voulez savoir si vous devez d'abord régulariser des périodes oubliées avant de racheter ? Analyser mon relevé ou lire notre guide sur les trimestres manquants.

Qu'est-ce que le rachat de trimestres

Le rachat de trimestres est un mécanisme par lequel un assuré verse volontairement une somme d'argent à la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse) afin de faire valider des trimestres qui n'ont pas été cotisés au cours de sa carrière.

Ces trimestres rachetés sont alors pris en compte dans le calcul de la pension de retraite de base, au même titre que des trimestres cotisés normalement. Ils permettent notamment :

  • D'atteindre le taux plein (50 %) en complétant le nombre de trimestres requis pour sa génération (entre 168 et 172 trimestres selon l'année de naissance).
  • De réduire ou supprimer la décote appliquée en cas de trimestres manquants (1,25 % par trimestre manquant, soit jusqu'à 25 % de pénalité).
  • D'avancer la date de départ à la retraite en remplissant plus tôt la condition de durée d'assurance.

Le dispositif est encadré par l'article L351-14-1 du Code de la Sécurité sociale, modifié par la réforme des retraites de 2023 (loi du 14 avril 2023). Le nombre maximum de trimestres rachetables au titre du versement Fillon classique est fixé à 12 trimestres. Un tarif préférentiel « études » (demande recevable dans les 10 ans suivant la fin des études, avec un avantage tarifaire pour les demandeurs de moins de 40 ans) et un tarif préférentiel « stages » peuvent s'y ajouter dans des conditions spécifiques.

Qui peut racheter des trimestres

Le rachat de trimestres est ouvert à tout assuré du régime général (salariés du privé) qui remplit les conditions suivantes :

  • Age : avoir au moins 20 ans et ne pas avoir encore liquidé sa pension de retraite de base. En pratique, le rachat est possible jusqu'à 67 ans (l'âge auquel le taux plein est automatiquement accordé).
  • Affiliation : être affilié ou avoir été affilié au régime général de la Sécurité sociale.
  • Périodes concernées : les trimestres rachetés doivent correspondre à des périodes précises (voir section suivante).

Les fonctionnaires disposent d'un dispositif similaire mais régi par des règles spécifiques (article L9 bis du Code des pensions civiles et militaires). Les travailleurs indépendants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (ex-RSI) peuvent également racheter des trimestres selon des modalités proches.

Attention : le rachat ne concerne que le régime de base. Il n'est pas possible de racheter des points Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire.

Important : les trimestres rachetés au titre du versement Fillon (études, années incomplètes, stages) ne comptent pas pour le dispositif de départ anticipé pour carrière longue. Seuls les trimestres réellement cotisés (travail effectif) et certaines périodes assimilées limitativement énumérées par l'article L351-1-1 CSS sont retenus pour ce dispositif. Le rachat permet d'atteindre le taux plein, mais pas de remplir les conditions de la carrière longue.

Périodes rachetables

Seules certaines périodes bien définies peuvent faire l'objet d'un rachat. L'article L351-14-1 CSS distingue deux catégories :

Les années d'études supérieures

Vous pouvez racheter des trimestres correspondant à des années d'études supérieures validées par un diplôme. Les conditions sont les suivantes :

  • Les études doivent avoir été effectuées dans un établissement d'enseignement supérieur, une grande école ou une classe préparatoire.
  • Elles doivent avoir abouti à l'obtention d'un diplôme.
  • Les périodes d'études ne doivent pas avoir donné lieu à affiliation à un régime de retraite obligatoire.

Exemple : un assuré ayant fait 5 ans d'études supérieures (licence + master) sans avoir travaillé en parallèle peut racheter jusqu'à 12 trimestres correspondant à ces années d'études.

Les années incomplètes

Vous pouvez également racheter des trimestres pour des années civiles au cours desquelles votre revenu d'activité n'a pas permis de valider 4 trimestres. Pour valider un trimestre en 2026, il faut avoir cotisé sur un revenu d'au moins 1 803 euros (150 x 12,02 euros de SMIC horaire brut 2026, décret 2025-1228 du 17 décembre 2025).

Exemple : un assuré qui a travaillé à temps partiel en 2010 et n'a validé que 2 trimestres cette année-la peut racheter les 2 trimestres manquants.

Les stages en entreprise

Depuis la loi du 20 janvier 2014, les périodes de stage en entreprise (d'une durée d'au moins 2 mois) peuvent faire l'objet d'un rachat, dans la limite de 2 trimestres. Ce rachat doit être demandé dans les 2 ans suivant la fin du stage et bénéficie d'un tarif préférentiel.

Les deux options de rachat

Lors de la demande de rachat, l'assuré doit choisir entre deux options qui déterminent la portée des trimestres rachetés et, par conséquent, leur coût :

Option 1 : rachat au titre du taux seul

Les trimestres rachetés sont pris en compte uniquement pour le calcul du taux de liquidation de la pension (le fameux taux plein de 50 %). Ils permettent de réduire ou supprimer la décote, mais ne comptent pas dans la durée d'assurance servant au calcul du coefficient de proratisation.

En clair : cette option corrige le malus (décote) mais n'augmente pas le numérateur de la formule de calcul de la pension. Elle est moins coûteuse que l'option 2.

Option 2 : rachat au titre du taux et de la durée d'assurance

Les trimestres rachetés sont pris en compte à la fois pour le taux de liquidation et pour la durée d'assurance dans le calcul de la pension. Ils agissent donc doublement : suppression de la décote ET augmentation du coefficient de proratisation.

En clair : cette option a un impact plus fort sur le montant de la pension, mais elle coûte environ 30 à 40 % plus cher que l'option 1.

Comment choisir

  • Si vous êtes proche du taux plein et qu'il ne vous manque que quelques trimestres pour supprimer la décote, l'option 1 peut suffire.
  • Si vous êtes loin du taux plein et que chaque trimestre supplémentaire améliore significativement votre coefficient de proratisation, l'option 2 est plus avantageuse malgré son coût supérieur.

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Coût estimé par tranche d'âge

Le coût du rachat dépend de trois paramètres : l'âge de l'assuré au moment de la demande, ses revenus des 3 dernières années et l'option choisie (taux seul ou taux + durée). Plus l'assuré est âgé, plus le coût est élevé. Plus ses revenus sont hauts, plus le coût augmente également.

Le barème est publié chaque année par circulaire CNAV. Voici une estimation du coût par trimestre issue du barème 2026 (circulaire CNAV 2025-33 du 23 décembre 2025), pour un assuré dont les revenus d'activité sont supérieurs au PASS (revenu > 48 060 euros) :

Age au moment du rachatOption 1 (taux seul)Option 2 (taux + durée)
25 ansenviron 1 625 eurosenviron 2 408 euros
30 ansenviron 1 950 eurosenviron 2 900 euros
40 ansenviron 3 245 eurosenviron 4 815 euros
50 ansenviron 3 960 eurosenviron 5 870 euros
60 ansenviron 4 367 eurosenviron 6 472 euros
62 ansenviron 4 510 eurosenviron 6 684 euros

Ces montants sont indicatifs. Le coût réel dépend du barème en vigueur au moment de la demande et du revenu exact de l'assuré sur les trois dernières années. Pour un revenu compris entre 36 045 euros et 48 060 euros, le coût est environ 15 % inférieur. Pour un revenu inférieur à 36 045 euros, il est environ 25 % inférieur au barème ci-dessus.

Paiement échelonné : le rachat peut être réglé en une seule fois ou étalé selon le nombre de trimestres rachetés :

  • 2 à 8 trimestres : échelonnement sur 1 à 3 ans
  • 9 trimestres et plus : échelonnement sur 1, 3 ou 5 ans

En cas de paiement échelonné, le coût total est légèrement majoré car le barème est recalculé chaque année.

Avantage fiscal

Le principal avantage financier du rachat de trimestres, au-delà de l'augmentation de la pension, est sa déductibilité fiscale. Les sommes versées au titre du rachat sont intégralement déductibles du revenu imposable de l'année de versement.

Comment fonctionne la déduction

Le montant du rachat est déduit de votre revenu net imposable, dans la catégorie des charges déductibles du revenu global (article 163 quatervicies du Code général des impôts pour les PERP, mais le rachat de trimestres relève de l'article 83 2° du CGI).

Exemple concret : un assuré dans la tranche marginale d'imposition à 30 % rachète 4 trimestres pour un coût total de 22 000 euros. La déduction fiscale représente 22 000 x 30 % = 6 600 euros d'économie d'impôt. Le coût net du rachat est donc de 15 400 euros.

Optimisation fiscale

  • Tranche marginale élevée : plus votre taux marginal d'imposition est élevé (41 % ou 45 %), plus l'avantage fiscal est important. Un rachat à 45 % de TMI réduit le coût net de presque moitié.
  • Etalement : si vous étalez le paiement sur plusieurs années, la déduction est répartie sur chaque année de versement. Cela peut être utile si vous êtes à la limite d'une tranche d'imposition.
  • Année de revenus élevés : il peut être stratégique de racheter une année où vos revenus sont exceptionnellement élevés (prime, plus-value) pour maximiser l'avantage fiscal.

Attention : la déduction du rachat de trimestres ne se cumule pas avec le plafond de déduction des versements sur les produits d'épargne retraite (PER). Ce sont deux mécanismes distincts.

Démarches

La procédure de rachat de trimestres se déroule en plusieurs étapes :

1. Demande d'évaluation

Connectez-vous sur lassuranceretraite.fr (votre espace personnel CNAV) et accédez au service « Demander une évaluation de rachat ». Vous pouvez également envoyer le formulaire cerfa n° 14136*03 (demande d'évaluation de versement pour la retraite) à votre caisse régionale (CARSAT).

2. Réception du devis

La CNAV vous adresse une évaluation chiffrée indiquant le coût par trimestre pour chaque option. Ce devis est valide pendant 3 mois. Il précise le nombre de trimestres rachetables et le montant pour chaque option.

3. Acceptation et paiement

Si vous acceptez, vous retournez l'accord de rachat signé avec le choix de l'option et des modalités de paiement (comptant ou échelonné). Le paiement doit intervenir dans le délai indiqué sur le devis.

4. Mise à jour du relevé de carrière

Après encaissement, la CNAV met à jour votre relevé de carrière en ajoutant les trimestres rachetés. Ce délai peut aller de quelques semaines à plusieurs mois. Vérifiez que les trimestres apparaissent correctement sur votre relevé.

Documents nécessaires

  • Pièce d'identité
  • Relevé de carrière actualisé
  • Diplômes (pour le rachat d'années d'études)
  • Avis d'imposition des 3 dernières années
  • Bulletins de salaire (pour les années incomplètes)

Est-ce rentable : analyse du retour sur investissement

La question de la rentabilité du rachat de trimestres est centrale. Le rachat représente un investissement important dont le rendement dépend de plusieurs facteurs.

La formule de base

Le retour sur investissement se calcule simplement :

Durée d'amortissement = Coût net du rachat / Gain annuel de pension

Le gain annuel de pension dépend de l'impact des trimestres rachetés sur le montant de la pension (suppression de la décote, amélioration du coefficient de proratisation, ou les deux).

Exemple chiffré

Prenons le cas d'un assuré né en 1965, ayant 60 ans, un salaire annuel moyen (SAM) de 30 000 euros, et auquel il manque 4 trimestres pour atteindre le taux plein (172 trimestres requis pour sa génération).

Sans rachat : pension avec décote de 4 trimestres = 30 000 x (50 % - 4 x 1,25 %) x (168/172) = 30 000 x 45 % x 97,67 % = 13 186 euros/an.

Avec rachat (option 2) : pension au taux plein = 30 000 x 50 % x (172/172) = 15 000 euros/an.

Gain annuel : 15 000 - 13 186 = 1 814 euros/an.

Coût du rachat : à 60 ans, option 2, pour un SAM de 30 000 euros (tranche de revenu inférieure à 36 045 euros), le barème CNAV 2026 est d'environ 4 854 euros par trimestre. Soit 4 trimestres x 4 854 euros = 19 416 euros brut. Avec un TMI de 30 %, le coût net est de 19 416 x 70 % = 13 591 euros.

Durée d'amortissement : 13 591 / 1 814 = environ 7,5 ans. L'investissement est rentabilisé autour de 67-68 ans.

Quand le rachat est clairement rentable

  • Vous êtes dans une tranche d'imposition élevée (30 %, 41 % ou 45 %), ce qui réduit fortement le coût net.
  • Il ne vous manque que quelques trimestres (1 à 4) pour atteindre le taux plein.
  • Vous avez une espérance de vie élevée (bonne santé, antécédents familiaux favorables).
  • Vous rachetez relativement jeune (avant 45 ans), quand le coût par trimestre est encore modéré.

Quand le rachat est moins intéressant

  • Vous êtes déjà proche du taux plein automatique (67 ans), auquel cas la décote disparaît naturellement.
  • Votre SAM est faible : le gain en euros sur la pension sera modeste, allongeant la durée d'amortissement.
  • Vous avez un TMI faible (0 % ou 11 %), ce qui réduit l'avantage fiscal.
  • Vous rachetez tard (après 55 ans) à un coût élevé, avec un horizon d'amortissement court.

Le facteur souvent oublié : la retraite complémentaire

Le rachat de trimestres n'a d'effet que sur le régime de base. Or, pour les salariés du privé, la retraite complémentaire Agirc-Arrco représente 30 à 40 % de la pension totale. Le rachat n'améliore pas les points Agirc-Arrco. Le gain réel est donc inférieur à ce que l'on pourrait penser en ne regardant que le régime de base.

À noter : le coefficient de solidarité Agirc-Arrco (malus de 10 % pendant 3 ans sur la complémentaire en cas de départ dès le taux plein) a été définitivement supprimé par les partenaires sociaux dans l'accord ANI du 5 octobre 2023, avec effet au 1er décembre 2023 pour les nouvelles liquidations (et au 1er avril 2024 pour les assurés déjà pénalisés à cette date). Le rachat de trimestres ne joue donc plus sur ce levier.

Conclusion

Le rachat de trimestres est un outil puissant de planification retraite, mais il nécessite une analyse rigoureuse de rentabilité. Chaque situation est unique : votre âge, vos revenus, votre tranche d'imposition, le nombre de trimestres manquants et votre espérance de vie sont autant de paramètres qui déterminent si l'opération est financièrement avantageuse.

Avant de vous engager, effectuez une simulation sur lassuranceretraite.fr (rubrique "Racheter des trimestres") pour obtenir une estimation personnalisée du coût et de l'impact sur votre pension. Intégrez ensuite le coût net (après avantage fiscal), le gain réel sur la pension (base et complémentaire) et la durée d'amortissement. Comparez également avec d'autres stratégies : prolonger l'activité, cotiser sur un PER, ou simplement attendre le taux plein automatique à 67 ans.

Pour évaluer précisément l'impact d'un rachat de trimestres sur votre situation personnelle, utilisez l'outil d'audit gratuit de Carriva. Notre analyse détaille votre relevé de carrière, identifie les trimestres manquants et calcule le retour sur investissement d'un éventuel rachat.

Avant de payer un rachat, déposez votre RIS dans Carriva pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'abord de trimestres oubliés ou mal reportés.

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