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Retraite de kinésithérapeute : guide complet 2026

Les kinésithérapeutes libéraux cotisent à la CNAVPL et à la CARPIMKO, une caisse complémentaire spécifique aux auxiliaires médicaux. Cotisations élevées, régime par points et invalidité-décès à connaître.

CNAVPL (base) + CARPIMKO (complémentaire)62 à 64 ans selon génération (67 ans pour le taux plein automatique)6 min de lecture
Retraite de kinésithérapeute : guide complet 2026
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CNAVPL et CARPIMKO : le double régime des kinésithérapeutes libéraux

Le kinésithérapeute libéral dépend d'un régime de retraite propre aux professions libérales de santé, articulé autour de deux caisses distinctes. La retraite de base est gérée par la CNAVPL (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales), commune à l'ensemble des professions libérales réglementées. La retraite complémentaire relève de la CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-Podologues, Orthophonistes et Orthoptistes), une caisse spécifique aux auxiliaires médicaux libéraux.

Ce système à deux étages, fondé sur un régime par points, impose des cotisations parmi les plus élevées des professions libérales. En contrepartie, la CARPIMKO offre des garanties complémentaires en matière d'invalidité et de décès qui méritent d'être bien comprises. Pour les kinésithérapeutes remplaçants, l'affiliation à la CARPIMKO est obligatoire dès le premier acte en libéral, ce qui constitue un piège fréquent lors de l'entrée dans la profession.

Comment fonctionne la retraite de base CNAVPL pour un MK ?

Tous les kinésithérapeutes libéraux sont affiliés à la CNAVPL pour la retraite de base. Ce régime fonctionne par points depuis la réforme de 2004. Les cotisations sont proportionnelles aux revenus d'activité, avec deux tranches : une tranche 1 jusqu'à 1 PASS (48 060 € en 2026) et une tranche 2 de 0 à 5 PASS (240 300 € en 2026).

En 2026, la cotisation de la tranche 1 représente 8,73 % des revenus et celle de la tranche 2 représente 1,87 %. Ces cotisations ouvrent droit à des points de retraite de base, dont la valeur de service est revalorisée chaque année.

Pour les kinésithérapeutes ayant exercé une partie de leur carrière en tant que salariés (en centre de rééducation fonctionnelle, en EHPAD ou en milieu hospitalier), les trimestres salariés sont validés par le régime général (CNAV ou IRCANTEC pour le public). Ces trimestres comptent pour le calcul de la durée d'assurance, mais pas pour l'attribution de points CNAVPL.

Retraite complémentaire CARPIMKO, ASV et prévoyance

Le régime complémentaire : passage au 100 % proportionnel en 2026

La CARPIMKO gère trois régimes complémentaires pour les kinésithérapeutes libéraux. Le régime complémentaire proprement dit a été profondément réformé : jusqu'à fin 2025, il combinait une part forfaitaire (2 312 € en 2025) et une part proportionnelle (3 % au-delà d'environ 25 000 € de revenus). Depuis le 1er janvier 2026, la part forfaitaire est supprimée et le régime bascule en 100 % proportionnel au taux de 8,70 % sur les revenus compris entre 0,5 PASS (24 030 €) et 3 PASS (144 180 €).

Ce changement structurel simplifie les règles mais redistribue les droits : les kinésithérapeutes à revenus modestes cotisent désormais moins pour un nombre de points ajusté, tandis que les praticiens à revenus élevés voient leur cotisation proportionnelle croître mécaniquement. Les remplaçants cotisent eux aussi selon le même barème proportionnel, en fonction de leurs seuls revenus libéraux déclarés.

L'avantage social vieillesse (ASV) des conventionnés

Le régime des praticiens conventionnés (ASV), financé en partie par l'Assurance maladie, constitue un troisième étage de retraite. Les deux tiers de la cotisation ASV sont pris en charge par les caisses d'assurance maladie, ce qui en fait un avantage significatif pour les kinésithérapeutes conventionnés en secteur 1. Les kinésithérapeutes non conventionnés ou exerçant en secteur 2 ne bénéficient pas de cette prise en charge et doivent financer l'intégralité de leur cotisation ASV eux-mêmes, ce qui réduit fortement le rendement de ce régime.

La prévoyance invalidité-décès

La CARPIMKO gère un régime de prévoyance obligatoire couvrant l'invalidité et le décès. Ce régime verse des indemnités journalières en cas d'incapacité temporaire (après un délai de carence de 90 jours), une pension en cas d'invalidité permanente et un capital décès aux ayants droit. Pour les kinésithérapeutes dont l'activité repose sur le geste technique, la couverture invalidité professionnelle est un enjeu majeur, puisqu'une incapacité des membres supérieurs peut mettre fin à l'exercice du métier.

À quel âge un kinésithérapeute peut-il partir à la retraite ?

L'âge légal de départ à la retraite des kinésithérapeutes libéraux suit le calendrier de la réforme 2023 réaménagé par la LFSS 2026 : 62 ans et 6 mois pour la génération 1962, 62 ans et 9 mois pour les générations 1963 et 1964, 63 ans et 6 mois pour 1967, 63 ans et 9 mois pour 1968, et 64 ans à compter de la génération 1969. Le taux plein automatique (sans condition de durée d'assurance) est atteint à 67 ans.

Le départ anticipé est possible dans le cadre du dispositif de carrière longue, si le kinésithérapeute a commencé à travailler avant 16, 18 ou 20 ans et justifie de la durée d'assurance requise. Ce cas concerne surtout les MK ayant exercé comme aide-soignant ou en tant que salarié dans un autre secteur avant de passer le diplôme d'État. Le départ pour inaptitude permet quant à lui une liquidation à l'âge légal de la génération (62 à 64 ans) avec taux plein automatique, indépendamment du nombre de trimestres.

Pour les kinésithérapeutes proches de la retraite, la possibilité de cumul emploi-retraite a été assouplie. Depuis le 1er septembre 2023, la reprise d'activité après liquidation permet d'acquérir de nouveaux droits à retraite, à condition d'avoir liquidé sa pension au taux plein ; sinon, les plafonds classiques de cumul s'appliquent. Dans la pratique, beaucoup de MK libéraux continuent d'exercer à temps partiel au-delà de l'âge légal, notamment en cabinet de groupe où la réduction progressive de l'activité est plus simple à organiser.

La décote s'applique à raison de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. À l'inverse, la surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire au-delà des conditions requises reste un levier efficace pour améliorer sa pension.

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Estimation de la pension d'un kinésithérapeute libéral

Pension de base CNAVPL

La pension annuelle de base est calculée en multipliant le nombre total de points accumulés au cours de la carrière par la valeur de service du point. En 2026, la valeur du point CNAVPL est de 0,6599 €. Un kinésithérapeute ayant cotisé pendant 40 ans avec des revenus réguliers aura accumulé entre 8 000 et 12 000 points de base, soit une pension de base comprise entre 5 300 et 7 900 € par an.

Pension complémentaire CARPIMKO

La pension complémentaire résulte de l'addition des points acquis dans les différents régimes gérés par la CARPIMKO. Depuis la réforme 2026, le régime complémentaire attribue les points proportionnellement aux revenus (8,70 % sur 0,5 à 3 PASS), à compléter par les points acquis avant 2026 sous l'ancien système forfaitaire + proportionnel. Le régime ASV attribue des points supplémentaires, dont la valeur est distincte.

Au total, un kinésithérapeute libéral ayant fait l'intégralité de sa carrière en libéral conventionné peut espérer une pension globale (base + complémentaire + ASV) de l'ordre de 1 500 à 2 500 € mensuels bruts. Ce montant reste modeste au regard des cotisations versées, ce qui explique pourquoi beaucoup de kinésithérapeutes souscrivent des contrats d'épargne retraite complémentaire (PER).

Le cas des carrières mixtes libéral-salarié

Les kinésithérapeutes ayant exercé à la fois en libéral et en salariat (centre de rééducation, hôpital, établissement thermal) relèvent de plusieurs caisses de retraite. Leur pension finale est la somme des droits acquis dans chaque régime. La liquidation doit être demandée auprès de chaque caisse séparément, et les dates de départ peuvent différer selon les régimes. Un oubli de liquidation dans l'un des régimes est fréquent et entraîne une perte de revenus dès les premiers mois de retraite.

Cotisations : un poids élevé pour les auxiliaires médicaux

Les cotisations retraite totales d'un kinésithérapeute libéral représentent entre 15 % et 20 % de ses revenus professionnels, auxquelles s'ajoutent les cotisations de prévoyance. Pour un revenu de 70 000 € annuels, le total des cotisations retraite et prévoyance CARPIMKO et CNAVPL dépasse 12 000 € par an. C'est l'un des taux les plus élevés parmi les professions libérales de santé, en partie parce que la CARPIMKO mutualise la couverture invalidité-décès avec les cotisations retraite.

Les erreurs courantes sur le relevé de carrière d'un MK

Début de carrière en tant que remplaçant. Les premières années d'exercice en remplacement libéral sont souvent mal reportées. Si le kinésithérapeute n'était pas encore inscrit à la CARPIMKO lors de ses premiers remplacements, des trimestres peuvent manquer. Ce problème est particulièrement fréquent chez les MK diplômés après 2010, période où les délais d'installation se sont allongés et où le remplacement est devenu un passage quasi systématique.

Passage du salariat au libéral. De nombreux kinésithérapeutes commencent leur carrière en tant que salariés (en centre de rééducation fonctionnelle, en hôpital ou en clinique) avant de s'installer en libéral. La transition génère fréquemment des lacunes dans le relevé, avec des trimestres non comptabilisés dans l'un ou l'autre régime. Certains MK exercent simultanément en libéral et en salariat (par exemple un mi-temps hospitalier et un cabinet), ce qui multiplie les risques d'erreur de rattachement.

Points ASV manquants. Les points du régime ASV dépendent du conventionnement. Tout changement de secteur, toute période de déconventionnement ou toute erreur administrative de la CPAM peut entraîner une perte de points ASV. Les kinésithérapeutes ayant exercé dans plusieurs départements au cours de leur carrière sont davantage exposés, car chaque CPAM gère le conventionnement de manière indépendante.

Cotisations forfaitaires des premières années d'installation. Les premières années d'installation bénéficient de cotisations réduites (assiette forfaitaire). Ces années à cotisations réduites génèrent moins de points, ce qui est normal. Mais il arrive que même ces points réduits ne soient pas correctement enregistrés, notamment lorsque le kinésithérapeute a changé de mode d'exercice (passage de remplaçant à titulaire) dans les premières années.

Périodes de maladie, de maternité ou d'accident du travail. L'incapacité temporaire d'exercice n'ouvre pas toujours droit à des points de retraite complémentaire. Les trimestres de maladie longue peuvent être validés pour la retraite de base sans l'être pour la CARPIMKO. Les kinésithérapeutes victimes de troubles musculo-squelettiques liés à l'exercice professionnel sont particulièrement concernés par ces périodes d'arrêt prolongé.

Questions fréquentes sur la retraite des kinésithérapeutes

Un kinésithérapeute remplaçant cotise-t-il à la CARPIMKO ?

Oui. Tout kinésithérapeute exerçant à titre libéral, y compris en remplacement, est tenu de s'affilier à la CARPIMKO et de cotiser dès le premier acte. Le contrat de remplacement libéral ne crée pas de lien de subordination : le remplaçant est un professionnel indépendant. Les cotisations des deux premières années sont calculées sur une assiette forfaitaire réduite, mais elles ouvrent bien des droits à points. Les remplaçants qui tardent à s'affilier risquent un rappel de cotisations avec majorations de retard.

Comment est calculée la retraite d'un MK qui a exercé à la fois en libéral et en salariat ?

La pension totale est la somme des droits acquis dans chaque régime. Les années salariées génèrent des droits auprès du régime général (CNAV) et de l'AGIRC-ARRCO. Les années libérales génèrent des droits auprès de la CNAVPL et de la CARPIMKO. Les trimestres de chaque régime sont additionnés pour vérifier la condition de durée d'assurance requise pour le taux plein. La liquidation doit être demandée séparément auprès de chaque caisse. Dans les faits, un kinésithérapeute ayant commencé en salariat puis exercé 25 ans en libéral touchera une retraite composite, souvent inférieure à celle d'un MK ayant exercé exclusivement en libéral pendant 40 ans.

La cotisation ASV vaut-elle le coup pour un kinésithérapeute non conventionné ?

L'ASV est obligatoire pour tous les kinésithérapeutes libéraux affiliés à la CARPIMKO, conventionnés ou non. La différence est financière : les conventionnés en secteur 1 bénéficient d'une prise en charge des deux tiers de la cotisation par l'Assurance maladie. Un non-conventionné paie l'intégralité de la cotisation sur ses fonds propres tout en acquérant le même nombre de points. Le rendement net de l'ASV est donc nettement moins favorable pour les non-conventionnés, mais le versement reste obligatoire et ne peut pas être évité par un choix de non-affiliation.

Carrière mixte, remplacements, ASV : faites le point sur vos droits

Entre les trois étages de cotisation CARPIMKO, les spécificités de l'ASV, les périodes de remplacement en début de carrière et les éventuelles années de salariat hospitalier, le relevé de carrière d'un kinésithérapeute libéral est l'un des plus complexes à vérifier parmi les professions de santé. Un seul oubli de liquidation ou une erreur sur vos points ASV peut représenter plusieurs centaines d'euros de pension en moins chaque mois. Rendez-vous sur carriva.fr/audit pour obtenir une analyse détaillée de votre relevé et vous assurer que chaque trimestre, chaque point et chaque cotisation sont correctement pris en compte.

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