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Retraite d'architecte : guide complet 2026

Les architectes libéraux relèvent de la CNAVPL pour la base et de la CIPAV pour la complémentaire. Depuis la réforme 2023, le régime complémentaire CIPAV est devenu entièrement proportionnel, un changement majeur pour les 19 professions réglementées maintenues à la caisse.

CNAVPL (base) + CIPAV (complémentaire)62 à 64 ans selon génération (67 ans pour le taux plein automatique)6 min de lecture
Retraite d'architecte : guide complet 2026
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Pourquoi la retraite des architectes libéraux est particulière

L'architecte libéral exerce une profession réglementée, inscrite à l'Ordre des architectes, et relève à ce titre du régime de retraite des professions libérales. Sa retraite de base est gérée par la CNAVPL, tandis que sa retraite complémentaire dépend de la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse).

Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (LFSS 2018, loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017, art. 15), la CIPAV a été recentrée sur 19 professions réglementées : architectes, architectes d'intérieur, économistes de la construction, maîtres d'œuvre, géomètres-experts, ostéopathes, psychologues, psychothérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens, chiropracteurs, psychomotriciens, moniteurs de ski, guides de montagne, experts en automobile, experts devant les tribunaux, mandataires judiciaires à la protection des majeurs, entre autres. Les micro-entrepreneurs et la majorité des professions libérales non réglementées (consultants, formateurs, informaticiens, coachs, graphistes) ont été transférés vers le régime général et le régime complémentaire des indépendants (RCI). Les architectes restent pleinement affiliés à la CIPAV et la caisse demeure opérationnelle avec plus de 230 000 retraités servis.

Ce double rattachement (CNAVPL pour la base, CIPAV pour la complémentaire) distingue les architectes de la plupart des salariés et de nombreux indépendants. Comprendre ce mécanisme est essentiel pour anticiper le montant réel de sa pension.

La CIPAV et la retraite complémentaire des architectes

Retraite de base : le régime par points de la CNAVPL

Comme pour tous les professionnels libéraux, la retraite de base de l'architecte est gérée par la CNAVPL. Le régime fonctionne par points depuis 2004. Les cotisations sont calculées en proportion des revenus professionnels, selon deux tranches : la tranche 1 jusqu'à 1 PASS (48 060 € en 2026) au taux de 8,73 %, et la tranche 2 de 0 à 5 PASS (240 300 € en 2026) au taux de 1,87 %. Le recouvrement des cotisations est assuré par l'URSSAF depuis le 1er janvier 2023.

Le nombre de points acquis chaque année dépend directement du montant des cotisations versées. La cotisation minimale garantit l'acquisition d'un nombre minimal de points, même en cas de revenus faibles en début d'activité ou en période difficile.

Le régime complémentaire CIPAV depuis la réforme 2023

Avant 2023, la CIPAV fonctionnait par huit classes de cotisations forfaitaires. Depuis le 1er janvier 2023, ce système a été supprimé au profit d'un régime complémentaire 100 % proportionnel aux revenus, structuré en deux tranches : T1 jusqu'à 1 PASS et T2 entre 1 et 3 PASS. La notion de classe n'existe plus et le surclassement volontaire sous sa forme historique a disparu. Chaque architecte cotise désormais au prorata de ses revenus professionnels, avec un plancher de cotisation en cas de revenus très faibles.

Ce passage au proportionnel a simplifié les règles, mais il a surtout modifié la logique d'acquisition de points : les revenus élevés génèrent davantage de droits, les revenus faibles en génèrent moins, sans qu'il soit possible de surcotiser volontairement au-delà de la T2. Les architectes à fort revenu en milieu ou fin de carrière acquièrent désormais mécaniquement plus de points qu'avant la réforme.

La CIPAV gère également un régime de prévoyance obligatoire couvrant l'invalidité et le décès. Ce régime verse une pension d'invalidité en cas d'incapacité permanente et un capital décès aux bénéficiaires désignés.

Périmètre CIPAV et pérennité pour les architectes

Depuis 2019, les professions libérales non réglementées créant leur activité sont affiliées au régime général et au régime complémentaire des indépendants au lieu de la CIPAV. Les architectes, en tant que profession réglementée, restent affiliés et la CIPAV conserve 19 professions réglementées dans son périmètre. La caisse demeure pleinement opérationnelle et sert des pensions à plus de 230 000 retraités.

Les droits acquis avant la réforme 2023 sont intégralement conservés : les points acquis sous le régime des huit classes continuent de valoir selon la valeur de service du point CIPAV. Pour les architectes en activité, le point de vigilance est de vérifier que chaque année de cotisation (ancienne et nouvelle règle) est bien reportée sur le relevé.

Partir à la retraite après le bac + 6 : l'impact des études longues

L'âge légal de départ à la retraite pour un architecte libéral suit le calendrier de la réforme 2023 tel que réaménagé par la LFSS 2026 : 62 ans et 6 mois pour la génération 1962, 62 ans et 9 mois pour la génération 1963, 63 ans pour 1964, 63 ans et 3 mois pour 1965, 63 ans et 6 mois pour 1966, 63 ans et 9 mois pour 1967, et 64 ans à compter de la génération 1968. Le taux plein automatique est acquis à 67 ans, quelle que soit la durée d'assurance.

Le départ anticipé pour carrière longue est possible si l'architecte a commencé à travailler avant 16, 18 ou 20 ans et justifie de la durée d'assurance requise. En pratique, ce dispositif concerne très peu d'architectes. Avec cinq années d'études en école d'architecture (bac + 5) puis l'année de HMONP (Habilitation à la Maîtrise d'Oeuvre en son Nom Propre), la plupart des architectes ne commencent à cotiser qu'à 24 ou 25 ans. Cela signifie concrètement qu'il est difficile de réunir tous les trimestres nécessaires avant l'âge légal sans rachat.

La surcote constitue un levier particulièrement adapté aux architectes : chaque trimestre travaillé au-delà de l'âge légal et de la durée d'assurance requise majore la pension de 1,25 %. L'architecture étant une profession intellectuelle exercée souvent en indépendant, de nombreux praticiens poursuivent naturellement leur activité au-delà de l'âge légal, ce qui rend la surcote d'autant plus pertinente.

Années d'agence puis CIPAV : vérifiez que rien ne manque

Le passage du salariat en agence à l'exercice libéral CIPAV laisse souvent des trimestres en route, et les points CIPAV eux-mêmes méritent un contrôle.

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Pension de base CNAVPL

La pension annuelle de base résulte du nombre total de points accumulés multiplié par la valeur de service du point (0,6599 € en 2026). Un architecte ayant cotisé régulièrement pendant 35 à 40 ans accumule généralement entre 8 000 et 14 000 points de base, selon le niveau de ses revenus. Cela représente une pension de base comprise entre 5 300 et 9 200 € par an, soit 440 à 770 € par mois.

Pension complémentaire CIPAV

La pension complémentaire est également calculée en points. La valeur de service du point CIPAV s'établit à 2,89 € en 2026 (revalorisation effective au 1er octobre). Avec le régime proportionnel en vigueur depuis 2023, le nombre de points acquis chaque année dépend directement du revenu professionnel : un architecte à revenu moyen acquiert typiquement entre 30 et 70 points complémentaires par an, un architecte à haut revenu davantage. Sur une carrière complète, le cumul peut atteindre 1 500 à 2 500 points complémentaires, soit une pension complémentaire de l'ordre de 4 300 à 7 200 € par an.

En additionnant base et complémentaire, un architecte libéral peut donc espérer une pension totale de l'ordre de 9 600 à 16 400 € par an, soit 800 à 1 360 € par mois. Ces montants restent modestes par rapport aux revenus d'activité, ce qui explique l'importance d'une épargne retraite complémentaire (PER, assurance vie) pour les architectes.

Ce que coûtent les cotisations retraite d'un architecte

Depuis la réforme 2023, le système de cotisations de l'architecte libéral est intégralement proportionnel aux revenus, à la fois pour la base (CNAVPL) et pour la complémentaire (CIPAV). En 2026, un architecte avec un bénéfice net de 60 000 € paie de l'ordre de 5 500 € de cotisations CNAVPL (tranches 1 et 2) et entre 5 000 et 6 500 € de cotisations CIPAV complémentaires sur l'année.

Les deux premières années d'installation bénéficient d'une cotisation réduite, calculée sur une assiette forfaitaire. Cette réduction, bienvenue pour la trésorerie, implique cependant l'acquisition d'un nombre de points réduit pour ces années. Un architecte qui s'installe à 26 ans avec des cotisations réduites jusqu'à 28 ans perd potentiellement deux années pleines de points, ce qui se répercute directement sur la pension finale.

Les cinq erreurs les plus courantes sur le relevé d'un architecte

Stages de HMONP et trimestres manquants. Les années de formation (y compris la HMONP) ne génèrent généralement pas de droits à la retraite. Toutefois, les stages rémunérés effectués dans le cadre de la formation peuvent ouvrir droit à des trimestres s'ils ont donné lieu à des cotisations. Ces trimestres sont souvent absents du relevé. La mise en situation professionnelle de la HMONP, qui dure au minimum six mois en agence, doit en principe apparaître si elle a donné lieu à un contrat de travail et à des cotisations.

Cotisations réduites des premières années mal enregistrées. Les premières années d'installation, avec des cotisations sur base forfaitaire, génèrent des points en nombre réduit. Il arrive que ces points ne soient pas correctement enregistrés, ou que les revenus déclarés aient été mal transmis entre l'URSSAF et la CIPAV. Une vérification année par année est indispensable.

Passage du salariat en agence à l'exercice libéral. Beaucoup d'architectes exercent quelques années en tant que salariés d'une agence avant de s'installer en libéral. Le passage du régime général (Agirc-Arrco) à la CNAVPL/CIPAV doit être correctement retracé dans le relevé. Les trimestres acquis au régime général doivent figurer sur le relevé inter-régimes. Ce parcours mixte est la norme dans la profession, pas l'exception.

Points des anciennes classes CIPAV mal convertis. Pour les architectes ayant cotisé avant 2023 sous le régime des 8 classes, il est essentiel de vérifier que les points acquis historiquement apparaissent correctement sur le relevé, au côté des points acquis depuis 2023 en proportionnel. Les anciennes classes attribuées d'office sur le revenu N-2 étaient parfois mal renseignées, ce qui peut se traduire aujourd'hui par un manque à gagner cumulé sur plusieurs années.

Rachats de trimestres d'études supérieures non comptabilisés. Les architectes peuvent racheter jusqu'à 12 trimestres au titre de leurs années d'études supérieures. Compte tenu de la durée de la formation (bac + 5 à bac + 6), ce rachat peut concerner 4 à 6 trimestres d'école d'architecture. Ces trimestres rachetés doivent apparaître sur le relevé de carrière. Leur absence est une anomalie fréquente.

Questions fréquentes sur la retraite des architectes

Un architecte salarié en agence et un architecte libéral cotisent-ils au même régime ?

Non. L'architecte salarié cotise au régime général de la Sécurité sociale (CNAV) pour la base et à l'Agirc-Arrco pour la complémentaire, comme tout salarié du secteur privé. L'architecte libéral, lui, cotise à la CNAVPL pour la base et à la CIPAV pour la complémentaire. En cas de carrière mixte (salariat puis libéral), les droits acquis dans chaque régime sont conservés et la pension finale est la somme des pensions versées par chaque caisse. C'est le relevé inter-régimes qui permet de vérifier l'ensemble.

Le rachat de trimestres d'études vaut-il le coup pour un architecte ?

Avec six années d'études supérieures (cinq ans d'école + un an de HMONP), les architectes sont parmi les professions libérales qui ont le plus à gagner avec le rachat de trimestres. Le coût du rachat dépend de l'âge au moment de la demande et des revenus. Plus le rachat est effectué tôt dans la carrière, moins il coûte cher. Un architecte de 30 ans qui rachète quatre trimestres paiera sensiblement moins qu'à 50 ans pour le même nombre de trimestres. Le rachat est fiscalement déductible du bénéfice. Il est particulièrement pertinent pour les architectes qui ne souhaitent pas travailler au-delà de 64 ans et qui risquent de partir avec une décote.

La CIPAV reste-t-elle opérationnelle pour les architectes ?

Oui. La CIPAV continue de servir la retraite complémentaire des 19 professions réglementées qu'elle couvre, dont les architectes, et compte plus de 230 000 retraités. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (LFSS 2018, loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017, art. 15) a uniquement recentré son périmètre sur les professions réglementées, sans fermeture programmée. Les droits acquis, qu'ils proviennent de l'ancien système de classes ou du régime proportionnel en vigueur depuis 2023, sont garantis par la loi. Il reste néanmoins important de conserver tous les relevés annuels de la CIPAV et de vérifier que le nombre de points affiché correspond bien aux cotisations effectivement versées, en particulier au moment de la bascule 2023.

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Entre les années d'études non prises en compte, les premières cotisations forfaitaires sous-évaluées et la transition salariat-libéral mal retranscrite, le relevé de carrière d'un architecte est rarement exempt d'erreurs. Chaque point CIPAV oublié ou chaque trimestre de salariat en agence non reporté a un impact direct sur le montant de votre pension. Carriva analyse votre relevé ligne par ligne et identifie les anomalies propres aux parcours d'architectes. Lancez votre audit sur carriva.fr/audit.

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