Aller au contenu principal

Retraite des pompiers : guide complet 2026

Pompiers professionnels (CNRACL, catégorie active) et volontaires (régime général) n'ont pas les mêmes droits à la retraite. Prestation de fidélisation, bonification et SDIS : les spécificités à connaître.

CNRACL (professionnel) ou Régime général (volontaire)57 à 59 ans (professionnel, catégorie active) ou 62 à 64 ans (volontaire)7 min de lecture
Retraite des pompiers : guide complet 2026
Sur cette page

SPP, SPV, BSPP : trois statuts, trois retraites différentes

La retraite des pompiers en France repose sur une distinction fondamentale entre trois statuts qui ne partagent ni le même régime, ni les mêmes droits, ni le même âge de départ.

Les sapeurs-pompiers professionnels (SPP) sont des fonctionnaires territoriaux employés par les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). Ils relèvent de la CNRACL et bénéficient du classement en catégorie active insalubre, ce qui leur ouvre des droits spécifiques en matière d'âge de départ et de bonification.

Les sapeurs-pompiers volontaires (SPV), qui représentent environ 80 % des effectifs opérationnels en France, ne sont pas des salariés du SDIS. Ils exercent cette activité en complément de leur profession principale et perçoivent des vacations horaires. Leur retraite dépend exclusivement de leur régime professionnel de rattachement. Deux dispositifs successifs de fidélisation existent : la Prestation de Fidélisation et de Reconnaissance (PFR) historique pour les SPV ayant cessé leur engagement avant le 1er janvier 2016, et la Nouvelle Prestation de Fidélisation et de Reconnaissance (NPFR) pour les SPV encore actifs après cette date, instaurée par la loi n° 2016-1867 du 27 décembre 2016 et son décret d'application n° 2017-912 du 9 mai 2017. Ils compensent partiellement l'absence de droits retraite liés au volontariat.

Les sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et les marins-pompiers de Marseille (BMPM) sont des militaires et relèvent du régime militaire (Code des pensions civiles et militaires de retraite, géré par le SRE). Les règles de ce guide ne s'appliquent pas directement à ces deux corps, dont les conditions de départ et de calcul obéissent au CPCMR.

CNRACL, catégorie active et NBI feu : le régime des professionnels

Affiliation CNRACL et cotisations

Les SPP sont affiliés à la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales) pour leur retraite de base. Le taux de cotisation salariale est de 11,10 % du traitement indiciaire brut.

Ils cotisent également au RAFP (Retraite additionnelle de la fonction publique) pour les primes et indemnités non prises en compte dans le traitement indiciaire. L'assiette du RAFP est plafonnée à 20 % du traitement indiciaire.

L'indemnité de feu : une exception notable

L'indemnité de feu représente 25 % du traitement indiciaire brut depuis juillet 2020 (décret portant revalorisation de la prime de feu, loi de finances pour 2021). Auparavant, et depuis le 1er janvier 1991 en application de la loi n°90-1067 du 28 novembre 1990 (art. 17), elle était fixée à 19 % du traitement indiciaire brut. Cette prime est intégrée dans l'assiette de cotisation CNRACL, avec une retenue pour pension, ce qui la fait entrer dans le calcul de la pension de base. C'est une exception remarquable par rapport aux autres primes de la fonction publique, qui sont habituellement exclues du calcul de la pension de base et relèvent uniquement du RAFP.

Attention : la majoration de pension correspondante suppose d'avoir accompli au moins 17 ans de services effectifs en qualité de SPP. Par ailleurs, les SPP ayant effectué une partie de leur carrière avant juillet 2020 verront leur pension reflèter une moyenne pondérée entre les deux taux (19 % puis 25 %). Tout SPP doit vérifier que cette indemnité figure bien dans l'assiette de ses cotisations CNRACL depuis le premier jour de sa nomination, au bon taux selon la période.

La NBI feu et les indemnités complémentaires

La nouvelle bonification indiciaire (NBI) dite « feu » est attribuée aux SPP exerçant des fonctions opérationnelles comportant un engagement physique en situation de danger. Elle varie de 10 à 25 points d'indice selon le grade et les fonctions. La NBI ne s'intègre pas directement au traitement indiciaire servant au calcul de la pension de base CNRACL : elle génère un supplément de pension distinct (majoration NBI), proportionnel à la durée totale de perception pendant la carrière et au nombre de points NBI perçus. Ce calcul porte sur l'ensemble des périodes de perception, et non sur les seuls derniers mois d'activité.

Les autres indemnités (indemnité de responsabilité, indemnité de logement, heures supplémentaires) alimentent exclusivement le RAFP. Elles ne rentrent pas dans la pension de base.

Régime des volontaires : dépendance au métier principal

Les SPV ne sont pas des salariés du SDIS. Leur retraite dépend intégralement de leur activité professionnelle principale : régime général (CNAV) s'ils sont salariés du privé, CNRACL s'ils sont fonctionnaires territoriaux, SSI s'ils sont indépendants. Les vacations de SPV ne génèrent aucun trimestre de retraite de base ni point de complémentaire.

Départ anticipé à 57 ans : conditions et classement en catégorie insalubre

Le classement en catégorie active

Les SPP sont classés en catégorie active, avec qualification de services insalubres, en reconnaissance de la dangerosité et de la pénibilité de leur métier. Cette qualification ouvre droit à la bonification du cinquième et constitue le classement le plus favorable de la fonction publique territoriale. L'âge d'ouverture des droits est fixé à 57 ans (progressivement relevé à 59 ans avec la réforme 2023), sous réserve de justifier d'au moins 17 ans de services actifs.

La limite d'âge est fixée à 62 ans (progressivement relevée à 64 ans). Le SPP atteint par la limite d'âge est radié des cadres d'office. En pratique, beaucoup de SPP partent dès l'ouverture des droits, entre 57 et 59 ans.

Pour que les services soient comptabilisés en catégorie active, l'agent doit occuper un emploi classé comme tel par décret. Les périodes de détachement, de mise à disposition auprès d'autres administrations, ou d'affectation à des fonctions purement administratives au sein du SDIS peuvent ne pas être retenues.

Pas de départ anticipé pour les volontaires

Les SPV suivent les règles de départ de leur régime professionnel. Pour les salariés du privé, l'âge légal est de 62 à 64 ans selon la génération. L'activité de SPV n'ouvre aucun droit à un départ anticipé, quelle que soit la durée de l'engagement.

La bonification du cinquième : jusqu'à 5 ans de trimestres gratuits

Les SPP classés en catégorie active bénéficient de la bonification du cinquième : un cinquième du temps passé en services actifs est ajouté à la durée de services pour le calcul de la pension, dans la limite de cinq années (soit 20 trimestres).

Concrètement, un SPP ayant accompli 25 ans de services actifs se voit créditer 5 ans de bonification, ce qui porte sa durée de services liquidable à 30 ans. Ce mécanisme est un levier majeur pour atteindre le taux plein plus rapidement ou réduire, voire annuler, la décote.

La bonification est calculée sur l'ensemble des services actifs, y compris ceux effectués dans un autre SDIS en cas de mutation interdépartementale. C'est précisément sur ce point que les erreurs de calcul sont fréquentes.

Prime de feu et bonification du cinquième : vérifiez votre relevé

Pour un sapeur-pompier professionnel, la bonification du cinquième et l'intégration de la prime de feu changent la date de départ et le montant. Carriva contrôle les deux.

Résultat en 30 secondesImpact pension estiméDémarches prêtes à envoyer
Lancer mon audit gratuit

Pension CNRACL, PFR et RAFP : comment se calcule la retraite d'un pompier

Formule de pension CNRACL (professionnels)

La pension des SPP est calculée selon la formule CNRACL :

Pension = (Traitement indiciaire + part soumise à retenue de l'indemnité de feu) x (Nombre de trimestres liquidés / Nombre de trimestres requis) x 75 %

L'intégration de la part soumise à retenue de l'indemnité de feu dans l'assiette est une spécificité propre aux SPP. Elle augmente la base de calcul (à hauteur de 25 % du traitement indiciaire depuis juillet 2020, contre 19 % auparavant), ce qui se répercute directement sur le montant de la pension. La NBI feu, elle, génère un supplément de pension distinct calculé sur la durée totale de perception et ne s'ajoute pas au traitement indiciaire dans cette formule.

La bonification du cinquième augmente le nombre de trimestres pris en compte au numérateur. Le taux maximum de 75 % peut être dépassé grâce aux bonifications, dans la limite absolue de 80 %.

Décote et surcote

Une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique en cas de départ sans le nombre de trimestres requis. La décote est plafonnée à 20 trimestres (soit 25 % de réduction). À l'inverse, chaque trimestre cotisé au-delà de la durée requise, et au-delà de l'âge légal, génère une surcote de 1,25 %.

Pour un SPP partant à 57 ans avec la bonification du cinquième, la décote est souvent faible ou nulle. C'est l'un des principaux avantages du classement en catégorie insalubre combiné à la bonification.

PFR et NPFR : les prestations des volontaires

Deux dispositifs successifs coexistent pour les SPV. La Prestation de Fidélisation et de Reconnaissance (PFR) historique, instaurée en 2005, s'applique aux SPV ayant cessé leur engagement avant le 1er janvier 2016. La Nouvelle Prestation de Fidélisation et de Reconnaissance (NPFR), instaurée par la loi n° 2016-1867 du 27 décembre 2016 et son décret d'application n° 2017-912 du 9 mai 2017, s'applique aux SPV encore en engagement à partir de cette date. Les deux dispositifs sont financés conjointement par les SDIS et les cotisations annuelles des volontaires.

La prestation est versée au SPV lorsqu'il cesse définitivement son activité de volontaire, sous réserve d'avoir accompli au moins 15 ans de services pour la NPFR (le dispositif applicable à la quasi-totalité des SPV actuels, dont le seuil a été abaissé de 20 à 15 ans par le décret n° 2022-620 du 22 avril 2022, voire 10 ans en cas d'inaptitude opérationnelle médicalement reconnue et imputable au service). Le montant dépend de la durée d'engagement. À titre indicatif, depuis la revalorisation par l'arrêté du 21 septembre 2022 (effective au 1er janvier 2023), la rente annuelle s'élève à environ 1 025 euros pour 20 à 24 ans de services et atteint environ 3 075 euros par an pour 35 ans et plus (barèmes indicatifs, régulièrement revalorisés).

La prestation est versée sous forme de rente viagère. Elle constitue un complément de revenu à la retraite, distinct de la pension de retraite proprement dite. Un SPV qui omet de réclamer sa PFR ou NPFR dans les délais peut perdre définitivement ce droit.

Pension RAFP

Le RAFP des SPP prend en compte les primes non intégrées à la pension de base : indemnité de responsabilité, prime de performance, heures supplémentaires. L'indemnité de feu, déjà intégrée à la pension CNRACL, n'est pas comptabilisée au RAFP pour éviter un double compte.

Si le nombre de points RAFP accumulés est inférieur à 5 125, la prestation est versée en capital unique lors du départ en retraite. Au-delà, elle est versée sous forme de rente mensuelle.

Les erreurs qui coûtent le plus cher sur un relevé de pompier

Les relevés de carrière des sapeurs-pompiers présentent des erreurs spécifiques, souvent coûteuses, à vérifier ligne par ligne :

Indemnité de feu absente de l'assiette CNRACL. L'intégration de l'indemnité de feu dans la base de cotisation CNRACL doit être effective depuis la date de nomination. Des erreurs persistent, notamment pour les SPP nommés avant la généralisation de cette mesure, pour ceux ayant changé de SDIS en cours de carrière, ou lors de passages entre grades. Un oubli sur 10 ans de carrière peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de pension cumulée en moins.

Services actifs non reconnus après mutation ou détachement. Des périodes de mise à disposition, de détachement ou d'affectation à des postes administratifs au sein du SDIS peuvent ne pas être comptabilisées comme services actifs. Chaque affectation doit être vérifiée individuellement. Un SPP muté d'un SDIS à un autre doit s'assurer que le nouveau SDIS a bien repris l'historique de ses services actifs.

Bonification du cinquième tronquée. La bonification doit être calculée sur l'ensemble des services actifs, y compris ceux effectués dans un autre SDIS. Les transferts entre départements sont une source fréquente d'oubli. Un SPP ayant servi dans trois SDIS différents au cours de sa carrière doit vérifier que la totalité de ses services actifs est prise en compte.

NBI feu mal tracée sur toute la carrière. La NBI feu donne lieu à un supplément de pension calculé sur la durée totale de perception. Chaque période de perception doit apparaître sur le relevé avec la durée et le nombre de points. Un SPP qui a perçu la NBI pendant plusieurs années en intervention avant un reclassement médical ou administratif doit vérifier que toutes ces périodes figurent bien sur son compte CNRACL, au bon nombre de points.

Périodes de formation initiale manquantes. Les périodes de formation initiale à l'École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP) ou dans les écoles départementales doivent être comptabilisées comme services effectifs. Leur absence du relevé est un problème récurrent.

Double statut SPP-SPV mal articulé. Certains SPP sont également SPV dans un autre département. Les périodes de volontariat ne génèrent pas de droits CNRACL supplémentaires, mais la confusion entre les deux statuts peut entraîner des erreurs de comptabilisation ou des doublons fictifs.

PFR ou NPFR non réclamée par les volontaires. Les SPV qui cessent leur activité oublient parfois de réclamer la prestation de fidélisation (PFR pour les engagements cessés avant 2016, NPFR pour les engagements postérieurs), ou dépassent les délais de dépôt du dossier. La vérification des droits doit être anticipée au moins un an avant la cessation.

Questions fréquentes sur la retraite des pompiers

Un sapeur-pompier volontaire peut-il cumuler la PFR ou la NPFR avec sa pension de retraite ?

Oui. La PFR et sa version actuelle la NPFR sont des prestations distinctes de la pension de retraite. Elles sont versées sous forme de rente viagère et se cumulent intégralement avec la pension de retraite issue du régime professionnel du SPV (régime général, CNRACL, SSI ou autre). Il n'y a aucun plafonnement ni condition de ressources. Le seul prérequis est d'avoir accompli au moins 15 ans de services de SPV (seuil de la NPFR abaissé de 20 à 15 ans par le décret n° 2022-620 du 22 avril 2022) et d'en faire la demande auprès du SDIS dans les délais.

La bonification du cinquième permet-elle de partir avant 57 ans ?

Non. La bonification du cinquième n'avance pas l'âge d'ouverture des droits. Elle augmente uniquement la durée de services prise en compte pour le calcul de la pension. Un SPP ne peut pas partir avant l'âge légal de la catégorie active (57 ans, progressivement 59 ans), même si sa durée de services bonifiée dépasse la durée requise pour le taux plein. En revanche, la bonification permet d'atteindre le taux plein dès l'âge d'ouverture, sans décote, ce qui constitue son principal intérêt financier.

Que se passe-t-il si un SPP est reclassé sur un poste administratif en fin de carrière ?

Le reclassement sur un poste administratif (non classé en catégorie active) n'efface pas les services actifs déjà accomplis. Le SPP conserve le bénéfice de ses années de catégorie active et de la bonification du cinquième correspondante, à condition de totaliser au moins 17 ans de services actifs. En revanche, les années passées sur le poste administratif ne comptent pas comme services actifs et ne génèrent pas de bonification supplémentaire. Le reclassement peut aussi faire perdre la NBI feu si le poste n'y ouvre pas droit, ce qui réduit la durée totale de perception prise en compte dans le calcul du supplément de pension NBI.

Indemnité de feu, bonification, PFR : chaque détail compte

La retraite d'un sapeur-pompier se joue sur des mécanismes techniques qui, pris isolément, semblent mineurs, mais dont l'effet cumulé représente des milliers d'euros par an de pension. Une indemnité de feu mal intégrée, une bonification du cinquième calculée sur 22 ans au lieu de 25, une NBI feu perdue pour un mois de carence : ces erreurs sont silencieuses et ne se révèlent qu'au moment de la liquidation.

Utilisez l'outil d'analyse de carriva.fr/audit pour passer votre relevé au crible. L'algorithme repère les incohérences propres aux carrières de SPP et de SPV, et signale les corrections à demander avant qu'elles ne deviennent définitives.

Et vous ?

Avez-vous déjà vérifié votre relevé de carrière ?

Votre relevé contient peut-être des anomalies

Déposez votre relevé inter-régimes et obtenez une analyse complète en quelques secondes : anomalies, projections de pension et lettres de réclamation. 100% gratuit, sans inscription.