Retraite agent EDF 2026 : IEG et CNIEG
Les agents des Industries Électriques et Gazières (IEG) bénéficient d'un régime spécial géré par la CNIEG. Départ anticipé pour services actifs, régime en cours de fermeture : les règles à connaître.

Sur cette page
- Le statut IEG et ses conséquences sur la retraite
- Le régime spécial IEG et la CNIEG
- Départ anticipé : services actifs, sédentaires et insalubres dans la branche IEG
- Comment la CNIEG calcule votre pension
- Les erreurs de relevé propres aux agents EDF-GDF
- Date de paiement de la pension CNIEG
- Questions fréquentes
- Autres régimes spéciaux à comparer
- Faites contrôler votre relevé CNIEG
Le statut IEG et ses conséquences sur la retraite
Les agents statutaires d'EDF, Engie (ex-GDF Suez) et de leurs filiales relèvent d'un régime spécial de retraite propre aux Industries Électriques et Gazières (IEG). Ce régime, géré par la CNIEG (Caisse Nationale des Industries Électriques et Gazières), offre des conditions de départ et de calcul de pension distinctes du régime général.
Le statut national du personnel des IEG, créé en 1946 en même temps que la nationalisation de l'électricité et du gaz, est le socle de ce régime. Il définit non seulement les conditions de travail mais aussi les droits à pension, la grille des rémunérations (les NR, niveaux de rémunération, et les GF, groupes fonctionnels) et les classifications qui déterminent directement le montant de la retraite.
Ce régime est en profonde mutation. La réforme de 2008, puis celle de 2023, ont progressivement aligné certaines règles sur le droit commun. La loi n°2023-270 du 14 avril 2023 a fermé le régime spécial IEG aux nouveaux entrants à compter du 1er septembre 2023 (décret d'application n°2023-692 du 28 juillet 2023) : les agents embauchés à partir de cette date relèvent désormais du régime général (CNAV) pour la base et de l'Agirc-Arrco pour la complémentaire. Pour les agents en poste avant le 1er septembre 2023, les anciennes règles du régime spécial continuent de s'appliquer (clause du grand-père), avec des aménagements progressifs.
Le régime spécial IEG et la CNIEG
Un régime intégré base et complémentaire
Le régime spécial IEG couvre à la fois la retraite de base et la complémentaire dans un système intégré. Il n'y a pas de distinction base/complémentaire comme dans le régime général : la CNIEG gère l'ensemble des droits à pension des agents statutaires.
Ce régime est financé par les entreprises de la branche IEG et par les cotisations des agents. Le taux de cotisation salariale est d'environ 12,78 % du salaire soumis à retenue, ce qui est sensiblement plus élevé que dans le régime général. En contrepartie, le régime offre des garanties supérieures.
L'adossement financier de 2005 : un mécanisme propre aux IEG
Depuis 2005, le régime IEG est adossé financièrement au régime général et à l'Agirc-Arrco. Concrètement, la CNIEG verse à ces régimes les cotisations correspondant aux droits de base et complémentaire équivalents à ceux d'un salarié du privé. La part spécifique du régime spécial (les droits supplémentaires, comme les bonifications pour services actifs ou le calcul sur le dernier salaire) reste financée par la branche IEG via la Contribution Tarifaire d'Acheminement (CTA), prélevée sur les factures d'énergie des consommateurs.
Cette architecture financière est unique en France. Elle signifie que le relevé CNIEG comporte en réalité deux composantes : les droits "de base équivalents" et les droits "spécifiques IEG". Une erreur sur l'une ou l'autre composante a des conséquences différentes sur la pension.
Agents non statutaires et filiales
Les salariés non statutaires des entreprises de la branche IEG relèvent du régime général (CNAV + Agirc-Arrco), comme tout salarié du privé. Cette distinction est importante : au sein d'un même site (une centrale, un centre de distribution, un plateau de service client), des agents ayant des conditions de retraite très différentes coexistent. Le passage du statut IEG à un contrat de droit commun, notamment lors de transferts vers des filiales, est un point de vigilance majeur pour les droits à pension.
Départ anticipé : services actifs, sédentaires et insalubres dans la branche IEG
Services actifs : les métiers de terrain du réseau et des centrales
La grande particularité du régime IEG est la notion de services actifs. Les agents classés en services actifs (monteurs-électriciens, techniciens d'intervention sur les réseaux, agents de conduite et de maintenance en centrale nucléaire ou thermique, techniciens gaz) peuvent partir plus tôt que les agents sédentaires.
La classification en services actifs est définie par une liste d'emplois annexée au statut IEG. Elle ne dépend pas uniquement du lieu de travail mais de la nature précise des fonctions exercées. Un agent affecté sur un site de production mais occupant un poste administratif n'est pas classé en services actifs.
Historiquement, les agents en services actifs pouvaient partir dès 55 ans. La réforme de 2008 avait déjà amorcé un relèvement progressif. La réforme de 2023 prolonge ce relèvement : l'âge d'ouverture des droits en services actifs reste à 55 ans pour les générations les plus anciennes, puis est porté progressivement à 57 ans pour les générations de transition, et à 59 ans pour les agents nés à partir de 1975. Des dispositions transitoires s'appliquent aux générations intermédiaires, avec un relèvement de quelques mois par trimestre de naissance.
Services sédentaires : fonctions supports et encadrement
Les agents en services sédentaires (fonctions administratives, informatiques, gestion, encadrement hors terrain, commerce) voient leur âge de départ aligné progressivement sur l'âge légal du régime général, soit 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969 (calendrier post-LFSS 2026).
En pratique, de nombreux agents IEG ont exercé les deux types de services au cours de leur carrière : par exemple, un technicien réseau promu à un poste d'encadrement. La durée minimale de services actifs pour bénéficier du départ anticipé est relevée progressivement de 15 à 17 ans. Les agents qui n'atteignent pas ce seuil partent aux conditions des sédentaires, même s'ils ont passé plusieurs années en services actifs.
Services insalubres : une catégorie en voie de disparition
Une catégorie spécifique existe pour les services insalubres (exposition à l'amiante dans les anciennes centrales, manipulation de PCB dans les transformateurs, travaux en atmosphère confinée). L'âge de départ y est inférieur de quelques années supplémentaires. Ces situations sont devenues rares avec l'amélioration des conditions de travail et le renouvellement du parc industriel, mais des agents en fin de carrière peuvent encore en bénéficier.
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Comment la CNIEG calcule votre pension
La formule IEG : dernier salaire et annuités
Le calcul de la pension IEG diffère sensiblement du régime général :
Pension = Dernier salaire d'activité x Taux x (Annuités liquidables / Annuités requises)
Contrairement au régime général qui retient les 25 meilleures années, le régime IEG se base sur le dernier salaire d'activité (les six derniers mois). Le "salaire d'activité" au sens de la CNIEG correspond au salaire national de base (SNB) multiplié par le coefficient NR de l'agent, augmenté éventuellement de la majoration résidentielle. Les primes (astreinte, risques, travaux spéciaux) ne sont pas intégrées dans le salaire servant de base au calcul de la pension principale.
Le taux maximum est de 75 % du dernier salaire pour une carrière complète. Chaque annuité (année de service) rapporte environ 2 % de pension. La durée de référence est progressivement alignée sur celle du régime général (172 trimestres pour la génération 1965, par exemple).
Cette règle du dernier salaire est très avantageuse pour les agents qui ont eu une progression de carrière régulière, notamment ceux qui obtiennent un changement de NR ou de GF en fin de parcours. Inversement, elle peut être défavorable pour un agent dont la carrière a plafonné tôt.
Bonifications pour services actifs
Les agents en services actifs bénéficient de bonifications : certaines années comptent pour plus qu'une annuité. Par exemple, une année en services actifs peut valoir 1 an et 3 mois d'annuités (bonification d'un quart). Pour les services insalubres, la bonification peut atteindre un tiers. Ces bonifications permettent d'atteindre le taux maximum de 75 % plus rapidement et compensent en partie le départ anticipé.
Attention : les bonifications ne sont pas automatiques. Elles dépendent de la durée effective de services actifs validée par la CNIEG. Un agent qui a exercé 20 ans en services actifs peut prétendre à 25 annuités grâce aux bonifications, ce qui a un impact direct sur le taux de liquidation.
Pension de réversion : des conditions propres au régime IEG
Le taux de réversion dans le régime IEG est de 50 % de la pension du défunt, sans condition de ressources ni condition d'âge minimum. C'est plus favorable que le régime général (54 % sous condition de ressources et à partir de 55 ans). En cas de remariage, de PACS ou de concubinage notoire du conjoint survivant, le droit à réversion est en principe suspendu, comme dans la plupart des régimes spéciaux alignés sur la fonction publique.
Les erreurs de relevé propres aux agents EDF-GDF
Mauvaise classification services actifs/sédentaires dans le système CNIEG
L'erreur la plus courante et la plus lourde de conséquences concerne la classification des périodes en services actifs ou sédentaires. Un agent ayant occupé un poste de terrain pendant plusieurs années puis un poste administratif doit vérifier que chaque période est correctement classée dans le système de la CNIEG. Une erreur de classification peut retarder l'âge de départ de plusieurs années et supprimer les bonifications associées.
Ce problème est particulièrement fréquent lors des réorganisations internes d'EDF ou d'Engie : fusions de directions, changements de périmètre, reclassifications d'emplois. Un poste peut avoir été reclassé de "actif" à "sédentaire" dans la nomenclature sans que l'agent en soit informé.
Périodes de détachement dans les filiales du groupe
Les agents détachés dans des filiales (Enedis, GRDF, Dalkia, Storengy, RTE) ou mis à disposition d'autres organismes doivent vérifier que ces périodes sont bien prises en compte dans leur relevé CNIEG. Les détachements à l'étranger sont particulièrement à risque. La question centrale est de savoir si le détachement maintient l'affiliation au régime spécial ou entraîne un basculement vers le régime général : la réponse dépend des conventions de détachement signées entre l'entreprise d'origine et la filiale.
Temps partiel et annuités au prorata
Les périodes de temps partiel sont prises en compte au prorata, ce qui réduit le nombre d'annuités. Si vous avez travaillé à 80 % pendant 5 ans, vous n'avez acquis que 4 annuités. Vérifiez que le prorata est correctement appliqué sur votre relevé. Depuis 2004, il est possible de surcotiser pour neutraliser l'effet du temps partiel sur les annuités, mais cette option est souvent méconnue des agents IEG.
Bonifications manquantes ou sous-évaluées
Les bonifications pour services actifs doivent apparaître explicitement sur le relevé. Des erreurs de saisie peuvent conduire à des annuités manquantes. Un agent ayant passé 20 ans en services actifs devrait avoir significativement plus de 20 annuités sur son relevé. Comparez le nombre d'annuités affichées au nombre d'années réelles de services actifs multiplié par 1,25 (ou 1,33 pour les services insalubres) : l'écart doit correspondre aux bonifications.
Droits acquis avant l'adossement de 2005
Les droits acquis avant l'adossement financier de 2005 relèvent de règles de calcul antérieures. La conversion de ces droits historiques en droits "adossés" a été réalisée en masse par la CNIEG. Des erreurs de conversion sont possibles, notamment pour les agents ayant connu des changements de classification ou des interruptions de carrière avant 2005.
Date de paiement de la pension CNIEG
La CNIEG verse la pension de retraite des agents des IEG mensuellement. Contrairement au régime général qui paie le 9 du mois à terme échu, la CNIEG paie d'avance : la pension est versée le premier jour ouvré de chaque mois, par virement sur le compte bancaire ou postal du pensionné (source : cnieg.fr). La date émise par la caisse correspond à l'ordre de virement ; comptez un délai bancaire de 1 à 3 jours ouvrés avant le crédit effectif sur votre compte.
La CNIEG publie chaque année son calendrier détaillé des 12 versements sur cnieg.fr. Pour situer le rythme de paiement IEG par rapport aux autres régimes, consultez notre calendrier de paiement de la retraite 2026.
Questions fréquentes
Le régime spécial IEG est-il supprimé par la réforme des retraites ?
Non, le régime spécial des IEG n'est pas supprimé pour les agents déjà en poste : il est fermé aux nouveaux entrants. La loi n°2023-270 du 14 avril 2023 a fermé le régime aux personnes embauchées à compter du 1er septembre 2023 (décret d'application n°2023-692 du 28 juillet 2023), qui relèvent désormais du régime général (CNAV) et de l'Agirc-Arrco. Pour les agents recrutés avant cette date, les règles du régime spécial continuent de s'appliquer au titre de la clause dite du grand-père, avec des aménagements progressifs hérités des réformes de 2008 et de 2023. Concrètement, un agent statutaire entré avant le 1er septembre 2023 conserve le calcul sur le dernier salaire d'activité, les bonifications pour services actifs et les conditions de départ propres aux IEG, tout en voyant ses bornes d'âge relevées progressivement.
La catégorie active des IEG disparaît-elle avec la réforme des régimes spéciaux ?
La notion de services actifs reste en vigueur pour les agents en poste avant le 1er septembre 2023, mais l'âge d'ouverture des droits qui lui est associé est relevé. L'âge de départ en services actifs, historiquement fixé à 55 ans, est porté progressivement à 57 ans pour les générations de transition, puis à 59 ans pour les agents nés à partir de 1975, avec des dispositions transitoires pour les générations intermédiaires. La durée minimale de services actifs pour ouvrir le droit au départ anticipé demeure, portée progressivement de 15 à 17 ans entre 2017 et 2022, de même que les bonifications attachées à ces périodes. Pour les agents recrutés après le 1er septembre 2023, la catégorie active des IEG ne s'applique plus, ces agents relevant des règles de droit commun du régime général. La vérification que chaque période de votre carrière est correctement classée en actif ou sédentaire dans le système CNIEG reste donc essentielle, car elle conditionne à la fois votre âge de départ et vos bonifications.
Je suis agent EDF détaché chez Enedis depuis dix ans. Est-ce que je relève toujours de la CNIEG ?
Cela dépend des conditions de votre détachement. Si vous êtes détaché avec maintien du statut IEG, vous restez affilié à la CNIEG et vos annuités continuent de s'accumuler dans le régime spécial. En revanche, si vous avez été transféré avec un contrat de droit commun (ce qui est rare pour les agents statutaires, mais possible lors de cessions d'activité), vous basculez vers le régime général. La distinction est inscrite dans votre avenant de détachement. Vérifiez votre relevé CNIEG : si les annuités cessent d'apparaître à partir de la date de détachement, il y a un problème.
J'ai passé 12 ans en services actifs puis 18 ans en sédentaire. Ai-je droit au départ anticipé ?
Non. Le départ anticipé au titre des services actifs exige une durée minimale de 17 ans de services actifs (seuil porté progressivement de 15 à 17 ans entre 2017 et 2022). Avec 12 ans, vous ne remplissez pas cette condition et vous partirez aux conditions des services sédentaires. Vos 12 années en services actifs vous donneront tout de même droit aux bonifications (environ 3 annuités supplémentaires), ce qui améliorera le montant de votre pension. Vérifiez bien que ces 12 années sont classées en "actif" sur votre relevé CNIEG, car même sans départ anticipé, les bonifications restent acquises.
Comment est calculée ma pension si j'ai changé de NR (niveau de rémunération) six mois avant mon départ ?
Le calcul porte sur le dernier salaire d'activité des six derniers mois. Si votre changement de NR est intervenu exactement six mois avant le départ, l'intégralité de la période de référence est calculée sur le nouveau NR. Si le changement est intervenu trois mois avant le départ, le calcul prend en compte trois mois à l'ancien NR et trois mois au nouveau. Un changement de NR en toute fin de carrière a donc un impact proportionnel à sa durée dans les six derniers mois. Il n'existe pas de mécanisme de "lissage" comme dans certains régimes : c'est le salaire réellement perçu qui est retenu.
Autres régimes spéciaux à comparer
Le régime IEG fait partie des régimes spéciaux, chacun géré par sa propre caisse avec ses règles de services actifs et de départ anticipé :
- Retraite des marins : régime spécial de l'ENIM, avec un salaire forfaitaire par catégorie de navigation.
- Retraite des cheminots SNCF : régime spécial de la CPRPSNCF, fermé aux nouveaux entrants depuis 2020.
- Retraite des conducteurs de bus RATP : régime spécial de la CRP-RATP, fermé aux nouveaux entrants depuis le 1er septembre 2023.
Faites contrôler votre relevé CNIEG
Le régime IEG est l'un des plus techniques du système de retraite français. Entre la classification actif/sédentaire qui conditionne l'âge de départ, les bonifications qui dépendent de la nomenclature exacte des emplois occupés, et l'adossement de 2005 qui a modifié l'architecture des droits, les sources d'erreur sont nombreuses et propres à ce régime. Les agents EDF, Engie et de leurs filiales ayant connu des détachements, des changements de classification ou des périodes de temps partiel sont les plus exposés. Rendez-vous sur carriva.fr/audit pour faire analyser votre relevé CNIEG par des spécialistes. L'outil identifie les écarts entre votre parcours réel et les données enregistrées par la caisse. Pour préparer votre départ, consultez également les dates de paiement de la pension en 2026.
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