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Retraite infirmière 2026 : départ à 57 ans

Régime général ou fonction publique hospitalière, catégories actives, bonification du cinquième : tout ce que les infirmières et aides-soignantes doivent savoir pour préparer leur retraite.

Régime général (privé) ou FPH via la CNRACL (public)62 à 64 ans (sédentaire) ou 57 à 59 ans (catégorie active)7 min de lecture
Retraite infirmière 2026 : départ à 57 ans
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Soignantes en France : une retraite à deux vitesses

Les infirmières et aides-soignantes constituent l'un des piliers du système de santé français, mais leur retraite ne se construit pas du tout de la même manière selon qu'elles exercent en clinique privée, en CHU ou en EHPAD public. Le régime de rattachement, l'âge de départ, le mode de calcul de la pension et les avantages liés à la pénibilité varient considérablement d'un statut à l'autre.

La particularité centrale de ces métiers tient au double visage du secteur hospitalier. Dans le public, les aides-soignantes et infirmières titulaires bénéficient historiquement du classement en catégorie active, ce qui ouvre droit à un départ anticipé et à la bonification du cinquième. Dans le privé, ces mécanismes n'existent pas, et la retraite repose sur le régime général classique. Comprendre cette distinction est indispensable pour éviter de mauvaises surprises à l'approche de la fin de carrière.

Pour les professionnelles ayant exercé dans les deux secteurs au fil de leur parcours, la situation se complique encore : chaque période relève de règles propres, et les relevés de carrière reflètent rarement cette complexité sans erreur.

CNAV ou CNRACL : de quel régime dépend une infirmière ?

Secteur privé

Les infirmières et aides-soignantes salariées du secteur privé (cliniques, EHPAD privés, cabinets médicaux, associations, intérim hospitalier) relèvent du régime général de la Sécurité sociale pour leur retraite de base. La caisse compétente est la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse) ou la CARSAT en région.

Pour la retraite complémentaire, elles cotisent à l'Agirc-Arrco, le régime unifié des salariés du secteur privé. Les cotisations sont calculées sur le salaire brut, avec une tranche 1 jusqu'au plafond de la Sécurité sociale et une tranche 2 au-delà.

À noter : une aide-soignante en EHPAD privé associatif et une aide-soignante en EHPAD privé commercial relèvent du même régime. Seul le statut public/privé de l'employeur détermine le rattachement.

Secteur public hospitalier

Les infirmières et aides-soignantes titulaires de la fonction publique hospitalière relèvent de la CNRACL pour leur retraite de base et complémentaire. Ce régime fonctionne selon une logique de traitement indiciaire, très différente de celle du régime général : la pension se calcule sur les six derniers mois et non sur les 25 meilleures années.

Depuis 2005, les agents de la FPH cotisent également au RAFP (Régime additionnel de la fonction publique), un régime par points qui prend en compte les primes et indemnités (primes de service, NBI, indemnité de sujétion spéciale), dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut.

Les contractuelles de la FPH, en revanche, relèvent du régime général comme les salariées du privé, même si elles travaillent dans un hôpital public. C'est le statut de titulaire qui conditionne le rattachement à la CNRACL.

Partir avant 64 ans : catégorie active, bonification du 1/5e et pénibilité hospitalière

Secteur privé : les règles de droit commun

Les infirmières et aides-soignantes du privé suivent les règles générales du régime général. L'âge légal de départ à la retraite est progressivement relevé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969, conformément à la réforme de 2023 décalée d'une génération par la LFSS 2026. Le taux plein est atteint soit à l'âge légal avec le nombre de trimestres requis, soit automatiquement à 67 ans.

Un départ anticipé reste possible dans le cadre du dispositif carrières longues, pour les personnes ayant commencé à travailler avant 16, 18 ou 20 ans et justifiant d'une durée de cotisation suffisante. Par ailleurs, les soignantes du privé exposées à des facteurs de pénibilité (travail de nuit, travail en équipes alternantes) peuvent bénéficier du compte professionnel de prévention (C2P), qui permet de cumuler des points convertibles en trimestres supplémentaires.

Secteur public : le mécanisme de la catégorie active

Les aides-soignantes et les infirmières qui ont conservé leur classement en catégorie active dans la FPH peuvent partir à la retraite de manière anticipée. L'âge d'ouverture des droits est fixé à 57 ans (progressivement relevé à 59 ans selon la génération), à condition d'avoir accompli au moins 17 ans de services actifs.

Ce classement en catégorie active reconnaît la pénibilité des fonctions hospitalières : travail de nuit, charge émotionnelle, manutention de patients, exposition aux risques infectieux. Les infirmières qui ont opté pour le passage en catégorie A (réforme de 2010) ont perdu le bénéfice de la catégorie active et suivent les règles de la catégorie sédentaire (départ à 62 ans, progressivement relevé à 64 ans). Ce choix, souvent fait pour obtenir une revalorisation salariale immédiate, a des conséquences lourdes sur l'âge de départ. Il est irréversible.

Les aides-soignantes, restées en catégorie C, n'ont pas été concernées par cette réforme et conservent dans la grande majorité des cas le bénéfice de la catégorie active.

Bonification du cinquième : jusqu'à cinq ans de trimestres en plus

Les agents classés en catégorie active bénéficient de la bonification du cinquième (ou bonification du 1/5e). Cette bonification ajoute un cinquième du temps passé en services actifs à la durée de services retenue pour le calcul de la pension, dans la limite de cinq années de bonification. Concrètement, pour 25 ans de services actifs, l'agent se voit créditer cinq années supplémentaires, soit 20 trimestres.

Cette bonification joue un double rôle : elle augmente le nombre de trimestres pris en compte pour le calcul de la pension et elle peut permettre d'atteindre le taux plein plus tôt. C'est l'un des avantages les plus significatifs du statut de soignante en FPH.

Catégorie active et majoration enfants : deux sources d'erreurs sur votre relevé

Vos années en catégorie active ouvrent un départ anticipé, et chaque enfant peut ajouter jusqu'à 8 trimestres. Ces droits sont régulièrement mal reportés sur le RIS.

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Combien touche une infirmière à la retraite : formules et exemples

Régime général (privé)

La pension de base est calculée selon la formule classique du régime général :

Pension = SAM x Taux x (Durée d'assurance / Durée de référence)

Le salaire annuel moyen (SAM) correspond à la moyenne des 25 meilleures années de salaire, revalorisées. Le taux plein est de 50 %. Une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique en cas de départ anticipé sans le nombre de trimestres requis.

La complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par points : la pension complémentaire correspond au nombre de points accumulés multiplié par la valeur du point (1,4159 euros en 2025).

Pour une infirmière du privé ayant un SAM de 28 000 euros et le taux plein, la pension de base représente environ 14 000 euros par an, soit 1 167 euros par mois. La complémentaire Agirc-Arrco vient s'ajouter, pour un montant total souvent compris entre 1 400 et 1 800 euros nets mensuels selon l'ancienneté et les primes.

CNRACL (public)

La pension CNRACL est calculée sur le traitement indiciaire brut des six derniers mois d'activité. Le taux maximum est de 75 % du traitement, atteint après le nombre de trimestres requis pour la génération concernée.

Pension = Traitement indiciaire x (Nombre de trimestres x 75 % / Nombre de trimestres requis)

À cela s'ajoute la bonification du cinquième pour les catégories actives, qui vient augmenter le nombre de trimestres pris en compte. La NBI (nouvelle bonification indiciaire) perçue au moins six mois avant le départ est intégrée au traitement de référence. Pour les soignantes en service de nuit ou en soins intensifs, la NBI peut représenter un complément non négligeable.

Le RAFP verse un supplément sous forme de capital (si peu de points) ou de rente mensuelle (si plus de 5 125 points). Les montants restent modestes, les primes hospitalières étant plafonnées dans l'assiette du RAFP. En pratique, pour une aide-soignante en fin de carrière, le RAFP représente rarement plus de 30 à 50 euros par mois de rente.

Les erreurs de relevé les plus courantes chez les soignantes

Les infirmières et aides-soignantes sont particulièrement exposées à certaines erreurs sur leur relevé de carrière, en raison de la complexité de leur parcours (alternance public/privé, temps partiels, formations, congés spécifiques) :

Confusion entre régimes après un changement de secteur. Les professionnelles ayant alterné entre le privé et le public trouvent souvent des périodes mal imputées. Un passage de quelques mois en intérim hospitalier peut être rattaché au mauvais régime ou tout simplement absent du relevé. Une infirmière passée du CHU à une clinique privée verra deux lignes dans deux régimes différents, et la jonction est rarement sans erreur.

Périodes de stage IFSI ou IFAS non comptabilisées. Les années de formation en IFSI (institut de formation en soins infirmiers) ou en IFAS (institut de formation aides-soignantes) ne sont pas toujours correctement enregistrées, notamment lorsque le stage était rémunéré par l'établissement. Les stages de la formation initiale antérieurs à 2000 sont particulièrement concernés.

Erreur de classement catégorie active / sédentaire après la réforme de 2010. Depuis la réforme de 2010, la frontière entre catégories actives et sédentaires est devenue floue pour les infirmières. Les relevés ne reflètent pas toujours correctement le choix effectué par l'agent (maintien en B actif ou passage en A sédentaire). Cette erreur a un impact direct sur l'âge de départ et la bonification du 1/5e.

Temps partiels mal déclarés. Le travail à temps partiel, très courant dans ces professions, doit être déclaré avec précision. Un temps partiel à 80 % valide quatre trimestres par an mais ne génère pas la même assiette de cotisation. Les erreurs de déclaration de la quotité de temps partiel sont fréquentes, notamment lors de passages répétés entre 50 %, 80 % et temps plein.

Bonification du cinquième absente ou sous-estimée. Certains relevés CNRACL ne mentionnent pas la bonification du cinquième ou la calculent sur une base incomplète, omettant des périodes de services actifs effectués dans un autre établissement public. Une aide-soignante ayant travaillé dix ans dans un hôpital et quinze ans dans un autre peut voir sa bonification calculée sur un seul poste.

Congés maladie longue durée et congés maternité non validés. Les congés maladie de longue durée et les congés maternité doivent être validés comme périodes de services effectifs. Des lacunes apparaissent régulièrement sur ces périodes, notamment pour les arrêts antérieurs à la numérisation des dossiers. Pour les soignantes, les arrêts liés à des troubles musculo-squelettiques (TMS) ou à l'épuisement professionnel sont particulièrement fréquents et souvent mal tracés.

Questions fréquentes

Une infirmière passée du public au privé perd-elle ses trimestres CNRACL ?

Non. Les trimestres cotisés à la CNRACL restent acquis et sont pris en compte dans le calcul de la retraite, même après un départ vers le secteur privé. Toutefois, la pension sera versée par deux caisses distinctes (CNRACL pour la partie publique, CNAV + Agirc-Arrco pour la partie privée), et le calcul de chaque fraction obéit à ses propres règles. Le risque n'est pas la perte de trimestres, mais l'erreur de report : il faut vérifier que chaque période apparaît dans le bon régime, avec la bonne durée.

La bonification du 1/5e s'applique-t-elle aux aides-soignantes en EHPAD public ?

Oui, à condition que l'aide-soignante soit titulaire de la fonction publique hospitalière et classée en catégorie active. Les EHPAD publics rattachés à un centre hospitalier ou autonomes relèvent bien de la FPH. En revanche, les aides-soignantes contractuelles en EHPAD public ne bénéficient pas de la bonification du cinquième, car elles relèvent du régime général. Le statut de titulaire est la condition déterminante.

Le travail de nuit à l'hôpital donne-t-il des trimestres supplémentaires ?

Dans le secteur public, le travail de nuit est pris en compte via le classement en catégorie active, qui ouvre droit à la bonification du 1/5e et au départ anticipé. Il n'existe pas de bonification spécifique "travail de nuit" en plus de la catégorie active. Dans le secteur privé, le travail de nuit est un facteur de pénibilité reconnu par le C2P (compte professionnel de prévention). Les points accumulés peuvent être convertis en trimestres de majoration, à raison de 10 points pour un trimestre, dans la limite de huit trimestres.

Métiers proches dans la fonction publique hospitalière

Pour le volet public de votre carrière relevant de la CNRACL, ces métiers partagent la même logique de catégorie active et de bonification du cinquième :

Infirmières et aides-soignantes : faites contrôler votre relevé

Après des années de gardes, de nuits et de services exigeants, votre retraite ne devrait pas être amputée par une erreur administrative. Pourtant, les parcours de soignantes cumulent les facteurs de risque : passages entre public et privé, classement en catégorie active mal reporté, bonification du 1/5e oubliée, temps partiels successifs. Chaque anomalie peut représenter plusieurs centaines d'euros de pension par mois, sur 20 à 30 ans de retraite.

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