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Avez-vous déjà trouvé une erreur sur votre relevé de retraite ?
Introduction
Si vous cherchez les erreurs fréquentes sur un relevé de retraite ou comment repérer une anomalie sur votre RIS, commencez par cette checklist. Une erreur sur votre relevé de retraite peut vous coûter des milliers d'euros sur l'ensemble de votre retraite. Et ces erreurs sont loin d'être rares : selon la Cour des comptes (rapport de certification des comptes du régime général, mai 2026), environ 1 nouvelle pension sur 9 comporte au moins une erreur de portée financière. Pour les carrières longues ou multi-employeurs, le taux d'erreur grimpe encore plus.
Le problème est que ces anomalies sur le relevé de carrière passent souvent inaperçues. Un trimestre manquant ici, un montant sous-évalué là... Pris individuellement, chaque écart semble mineur. Mais cumulés sur 40 ans de carrière, ils peuvent représenter une décote significative de votre pension.
Dans cet article, nous passons en revue les erreurs les plus fréquentes que nous détectons lors de nos audits, et nous vous expliquons comment les repérer et les corriger. Que vous soyez à 5 ans ou à 20 ans de la retraite, ce guide vous aidera à protéger vos droits.
Vous voulez vérifier rapidement si votre RIS contient l'une de ces erreurs ? Analyser mon relevé ou apprendre à lire votre relevé de carrière.
Trimestres manquants
C'est l'anomalie la plus courante et potentiellement la plus coûteuse. Des trimestres manquants signifient une durée d'assurance réduite, ce qui peut entraîner une décote sur votre pension de base.
Pourquoi des trimestres disparaissent-ils ? Les causes sont multiples. La première est le seuil de validation : pour valider un trimestre, il faut avoir cotisé sur un revenu au moins égal à 150 fois le SMIC horaire (seuil en vigueur depuis 2014 ; il était de 200 fois le SMIC horaire avant cette date). Un emploi à temps très partiel ou un CDD court peut donc ne pas suffire à valider un trimestre, même si vous avez effectivement travaillé. Au-delà du seuil, l'employeur a pu omettre de déclarer vos cotisations, notamment pour les emplois saisonniers. Les périodes de travail à l'étranger ne sont parfois pas correctement intégrées. Les petits boulots étudiants sont fréquemment oubliés.
L'impact financier est considérable. Chaque trimestre manquant avant l'âge du taux plein entraîne une décote de 0,625 point sur votre taux de liquidation (régime général), soit environ 1,25 % de pension en moins. Il manque 8 trimestres ? Votre taux passe de 50 % à 45 %, soit 10 % de décote. Sur une pension de base de 1 500 euros par mois, cela représente 150 euros de moins chaque mois, soit 1 800 euros par an, soit potentiellement plus de 40 000 euros sur toute la durée de votre retraite. Et cela ne tient pas compte de l'impact sur votre retraite complémentaire (Agirc-Arrco), qui applique ses propres coefficients de minoration.
Comment les détecter : comparez votre relevé année par année avec votre mémoire professionnelle. Toute année où vous avez travaillé doit afficher au moins 1 trimestre. Un « trou » dans la chronologie est un signal d'alerte immédiat.
Pour un guide complet sur la régularisation, consultez notre article dédié aux trimestres manquants et leur régularisation.
Périodes non déclarées
Distinctes des trimestres manquants, les périodes non déclarées correspondent à des emplois entiers qui n'apparaissent tout simplement pas sur votre relevé de retraite. C'est comme si vous n'aviez jamais travaillé pendant cette période.
Les causes principales : un employeur qui n'a pas versé les cotisations sociales (ce qui est illégal mais arrive), une entreprise qui a fermé avant de finaliser les déclarations, un problème d'identifiant (erreur sur le numéro de sécurité sociale), ou un travail dans un secteur où les déclarations étaient moins rigoureuses (agriculture, bâtiment, emploi à domicile avant les chèques emploi-service).
Les cas les plus fréquents : les emplois d'été ou jobs étudiants des années 1980-1990, les missions d'intérim courtes, le travail au pair, les stages rémunérés, et les emplois dans de très petites entreprises qui ont depuis disparu.
Comment agir : si vous retrouvez des bulletins de paie pour la période concernée, c'est la preuve idéale. À défaut, un contrat de travail, une attestation de l'employeur, ou même un témoignage d'ancien collègue peuvent être acceptés. La CNAV dispose également d'archives des DADS (Déclarations Annuelles de Données Sociales) qui peuvent contenir les informations manquantes.
Plus la période est ancienne, plus la régularisation est complexe. C'est pourquoi nous recommandons de vérifier votre relevé dès maintenant, sans attendre l'approche de la retraite.
Erreurs de montant
Même quand les trimestres sont bien comptabilisés, les revenus déclarés peuvent être erronés. Cette anomalie est plus insidieuse car elle n'affecte pas la durée d'assurance mais le montant de la pension.
Le mécanisme : votre pension de base est calculée sur la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus (salaire annuel moyen). Si certaines années affichent un revenu inférieur à la réalité, votre salaire annuel moyen sera tiré vers le bas, et votre pension avec.
Les causes fréquentes : erreurs de saisie lors de la déclaration par l'employeur, confusion entre brut et net, revenus plafonnés au plafond de la Sécurité sociale alors qu'ils ne devraient pas l'être, ou encore primes et heures supplémentaires non intégrées.
Comment vérifier : comparez les revenus annuels figurant sur votre relevé avec vos bulletins de paie. Le chiffre à retenir est le « salaire brut soumis à cotisations » figurant en bas de votre fiche de paie de décembre (cumul annuel). Si l'écart dépasse quelques euros, signalez-le.
Exemple concret : un salarié dont le revenu 2015 est déclaré à 28 000 euros au lieu de 35 000 euros réels. Si cette année fait partie de ses 25 meilleures, c'est 7 000 euros de moins dans la moyenne, soit environ 17 euros de pension mensuelle en moins. Multiplié par 25 ans de retraite, cela représente plus de 5 000 euros perdus pour une seule année mal déclarée.
Une erreur sur votre relevé peut vous coûter des milliers d'euros
Carriva détecte automatiquement les anomalies de carrière, estime leur impact sur votre retraite et vous aide à lancer la correction.
Points disparus
Les points de retraite complémentaire (Agirc-Arrco) représentent en moyenne 30 à 40 % de la pension totale d'un salarié du privé. Des points manquants ont donc un impact direct et significatif sur votre revenu de retraité.
Les causes de disparition : non-versement des cotisations par l'employeur (les cotisations de base et complémentaire sont gérées par des organismes différents), erreurs lors de la fusion Agirc-Arrco en 2019, mauvaise conversion des anciens points, ou tout simplement des périodes non reportées.
La fusion de 2019 en cause : quand l'Agirc (cadres) et l'Arrco (tous salariés) ont fusionné en un régime unique, les anciens points ont été convertis avec des coefficients spécifiques. Des erreurs de conversion ont été signalées, notamment pour les cadres qui avaient des points dans les deux régimes. Vérifiez que le nombre total de vos nouveaux points correspond bien à la conversion officielle.
Comment vérifier : connectez-vous sur votre espace Agirc-Arrco (agirc-arrco.fr) et comparez le relevé de points avec vos bulletins de salaire. Le montant de la cotisation Agirc-Arrco figure sur chaque fiche de paie. Des variations brutales d'une année sur l'autre (sans changement de salaire) signalent un problème.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur les points Agirc-Arrco et leur vérification.
Périodes assimilées oubliées
Les périodes assimilées sont des périodes pendant lesquelles vous n'avez pas cotisé mais qui comptent néanmoins pour votre retraite. Leur oubli est une anomalie fréquente sur les relevés de carrière.
Quelles sont ces périodes ?
- Chômage indemnisé : 1 trimestre par période de 50 jours d'indemnisation, dans la limite de 4 par an.
- Maladie : 1 trimestre par période de 60 jours d'indemnités journalières (consécutifs ou non), dans la limite de 4 trimestres par an.
- Maternité : depuis le 1er janvier 2014, 1 trimestre par période de 90 jours d'indemnités journalières maternité (au minimum 1 trimestre par congé) ; pour les accouchements antérieurs à 2014, c'est le trimestre civil de l'accouchement qui est assimilé. S'ajoutent les majorations pour enfants (8 trimestres par enfant au régime général : 4 au titre de la maternité, réservés à la mère, et 4 au titre de l'éducation, partageables entre les parents).
- Service militaire : 1 trimestre par période de 90 jours. Le service national d'un an donnait droit à 4 ou 5 trimestres selon les dates.
- Invalidité : trimestres accordés pendant toute la durée de la pension d'invalidité.
Pourquoi sont-elles oubliées ? La transmission d'information entre les organismes (France Travail, CPAM, armées) et les caisses de retraite n'est pas toujours fluide. Les périodes les plus anciennes (service militaire avant les années 2000, chômage avant l'informatisation) sont particulièrement à risque. Ces trimestres assimilés constituent d'ailleurs l'une des sources d'anomalies les plus fréquentes que nous détectons lors de nos audits : ils représentent des droits acquis que beaucoup d'assurés ignorent ou ne pensent pas à vérifier.
Pour le service militaire spécifiquement, consultez notre guide dédié au service militaire et à la retraite. Pour le chômage, notre article sur chômage et retraite détaille les règles.
Comment détecter ces erreurs
Détecter une erreur sur votre relevé de retraite demande de la méthode. Voici notre approche recommandée :
1. Reconstituez votre parcours : prenez une feuille et listez, année par année, tous vos emplois, périodes de chômage, congés maladie ou maternité, et service militaire. C'est votre référentiel.
2. Comparez avec le RIS : pour chaque année de votre liste, vérifiez qu'elle apparaît sur le relevé avec le bon nombre de trimestres et le bon régime.
3. Vérifiez les montants : pour les années où vous avez conservé vos bulletins de paie, comparez les revenus déclarés. Concentrez-vous sur les 25 meilleures années (celles avec les revenus les plus élevés), car ce sont elles qui comptent pour le calcul de la pension.
4. Contrôlez les points : pour l'Agirc-Arrco, vérifiez que le nombre de points est cohérent d'une année sur l'autre (il devrait suivre l'évolution de votre salaire).
5. Cherchez les trous : une année entièrement vide alors que vous étiez en activité est l'anomalie la plus facile à repérer. Ne la négligez pas.
Cette vérification manuelle peut prendre plusieurs heures pour une carrière de 30 ans. C'est pourquoi nous avons développé un outil d'audit automatisé qui effectue ces contrôles en quelques minutes.
Comment les corriger
Une fois l'anomalie identifiée sur votre relevé de retraite, la procédure de correction suit un parcours bien défini :
Étape 1 : Rassemblez les preuves. Bulletins de paie, attestations Pôle Emploi / France Travail, contrats de travail, livret militaire, relevés de la CAF pour les congés maternité... Plus vos preuves sont solides, plus la correction sera rapide.
Étape 2 : Contactez la caisse compétente. Chaque régime gère ses propres corrections :
- Pension de base (régime général) : adressez-vous à la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse) via le 3960, votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr, ou par courrier recommandé à votre CARSAT régionale.
- Retraite complémentaire : contactez l'Agirc-Arrco via votre espace personnel sur agirc-arrco.fr ou au 0 970 660 660.
- Fonction publique : adressez-vous à votre employeur ou au SRE (Service des Retraites de l'Etat).
Dans tous les cas, formulez votre demande par écrit (courrier recommandé ou formulaire en ligne) en joignant vos justificatifs.
Étape 3 : Suivez le dossier. Le délai de traitement va de quelques semaines (cas simple avec justificatifs clairs) à plusieurs mois (cas complexe, employeur disparu). Relancez régulièrement.
Étape 4 : En cas de refus. Saisissez la Commission de Recours Amiable (CRA) dans les 2 mois. Si le refus persiste, le Tribunal Judiciaire (pôle social) est compétent. Dans la pratique, les recours amiables aboutissent dans la majorité des cas.
Conseil : n'attendez pas. En matière de retraite, la prescription quinquennale (article 2224 du Code civil) s'applique : les arrérages de pension non réclamés se prescrivent par 5 ans. En revanche, les demandes de rectification du relevé de carrière (ajout de trimestres, correction de salaires) ne sont pas soumises à cette même prescription tant que vous n'êtes pas encore liquidataire. Mais les justificatifs deviennent de plus en plus difficiles à obtenir avec le temps, et les entreprises disparues ne répondent plus. Agir 10 ans avant la retraite est idéal.
Conclusion
Les erreurs sur un relevé de retraite sont fréquentes, coûteuses, et souvent évitables. Qu'il s'agisse de trimestres manquants, de périodes non déclarées, d'erreurs de montant, de points disparus ou de périodes assimilées oubliées, chaque anomalie a un impact direct sur votre future pension.
La bonne nouvelle : ces erreurs sont corrigibles. Plus vous les détectez tôt, plus la correction est simple. Ne considérez pas votre relevé de carrière comme un document figé : c'est un document vivant que vous devez vérifier régulièrement, idéalement tous les 5 ans, et systématiquement 10 ans avant votre date de départ prévue.
Pour aller plus loin : suivez notre guide complet de détection et de correction des erreurs du relevé (MDA enfants, périodes à l'étranger et procédure détaillée incluses), apprenez à lire votre RIS, découvrez comment régulariser vos trimestres manquants, ou comprenez le seuil CNAV de validation d'un trimestre.
Si vous voulez vérifier votre cas réel, déposez votre RIS dans Carriva pour détecter automatiquement les trimestres manquants, les points incohérents et les périodes oubliées.
