Cotisations retraite en France : la règle générale en 2026
En France, chaque salarié du privé verse environ 11 % de son salaire brut au titre des cotisations retraite (part salariale), tandis que son employeur verse environ 17 % (part patronale), soit un effort total d'environ 28 % du brut sur la tranche 1, variable selon la tranche de rémunération et le régime concerné. Ces prélèvements alimentent quatre familles de caisses, se transforment en trimestres pour le régime de base et en points pour la complémentaire, puis ouvrent droit à une pension calculée selon des règles fixées par le Code de la Sécurité sociale (article L. 241-3 et article D. 242-4 qui fixe par décret les taux). Cet article détaille les taux, les plafonds, le mécanisme de conversion et les vérifications à mener sur votre relevé.
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1. La règle générale : qui cotise et combien
La cotisation retraite n'est pas un impôt, c'est une assurance sociale obligatoire répartie entre le salarié et l'employeur. Elle finance deux étages distincts : le régime de base (CNAV pour le privé) et le régime complémentaire (AGIRC-ARRCO pour le privé).
- Part salariale : environ 11 % du salaire brut (régime général + complémentaire cumulés sur la tranche 1).
- Part patronale : environ 17 % du salaire brut sur la même assiette.
- Total cotisations retraite : environ 28 % du brut sur la tranche 1, variable selon la tranche, le statut (cadre ou non) et le régime.
Ces taux sont fixés par décret (article D. 242-4 du Code de la Sécurité sociale) et sont stables depuis 2019 pour les parts salariales. Ils sont prélevés à la source sur le bulletin de paie et reversés par l'employeur via la DSN (Déclaration Sociale Nominative) à l'URSSAF, qui répartit ensuite vers la CNAV et l'AGIRC-ARRCO. Pour un détail des barèmes, voir urssaf.fr/portail/home/taux-et-baremes/taux-de-cotisations.html et service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2347.
2. Les 4 caisses qui prélèvent vos cotisations retraite
Le système français n'est pas unique : il est segmenté par statut professionnel. Chaque caisse a ses propres taux, ses propres plafonds et son propre mode de calcul.
- CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse) : régime général de base pour les salariés du privé, gère la pension calculée sur les 25 meilleures années.
- AGIRC-ARRCO : régime complémentaire obligatoire des salariés du privé, fusionné depuis le 1er janvier 2019, fonctionne par points.
- CNRACL : Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales, pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers.
- Régimes spéciaux : RATP, ENIM (marins), EDF/IEG, Banque de France, Opéra de Paris, Comédie-Française, etc. Chacun a ses règles propres. La réforme du 14 avril 2023 a fermé aux nouveaux embauchés, à compter du 1er septembre 2023, cinq de ces régimes (RATP, IEG/EDF, Banque de France, clercs et employés de notaires, CESE) selon la clause du grand-père ; l'ENIM, l'Opéra de Paris et la Comédie-Française ont en revanche été maintenus.
Les indépendants, professions libérales et fonctionnaires d'État relèvent d'autres caisses (régime général, CNAVPL, Service des Retraites de l'État) non détaillées ici. Pour cartographier votre régime exact, voir notre annuaire des caisses de retraite.
| Caisse | Public visé | Taux salarial 2026 | Taux patronal 2026 | Plafond 2026 |
|---|---|---|---|---|
| CNAV (régime général) | Salariés privé | 6,90 % (T1) + 0,40 % (déplafonnée) | 8,55 % (T1) + 2,02 % (déplafonnée) | 48 060 euros (PASS) |
| AGIRC-ARRCO (T1) | Salariés privé | 3,15 % | 4,72 % | jusqu'à 48 060 euros |
| AGIRC-ARRCO (T2) | Salariés privé | 8,64 % | 12,95 % | de 48 060 à 384 480 euros |
| CNRACL | Fonctionnaires territoriaux/hospitaliers | 11,10 % | 37,65 % | Traitement indiciaire brut |
| Régimes spéciaux | RATP, EDF, ENIM, etc. | Variable (8 à 14 %) | Variable (15 à 30 %) | Selon régime |
3. Les taux et plafonds 2026 en détail
Le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) sert de référence à la quasi-totalité des plafonds de cotisations. Il est revalorisé chaque année par arrêté ministériel.
- PASS 2026 : 48 060 euros annuels (4 005 euros mensuels), revalorisé par l'arrêté du 22 décembre 2025 sur la base de l'évolution du SMAS (Salaire Moyen par Assuré Social).
- Tranche 1 (T1) : de 0 à 1 PASS, soit 0 à 48 060 euros.
- Tranche 2 (T2) : de 1 à 8 PASS, soit 48 060 à 384 480 euros, uniquement pour la complémentaire AGIRC-ARRCO.
Le régime général CNAV cotise sur deux assiettes parallèles :
- Cotisation plafonnée : appliquée uniquement sur la part du salaire brut inférieure ou égale au PASS (48 060 euros). Taux 2026 : 6,90 % salarial + 8,55 % patronal.
- Cotisation déplafonnée : appliquée sur la totalité du salaire brut sans limite. Taux 2026 : 0,40 % salarial + 2,02 % patronal.
L'AGIRC-ARRCO cotise sur deux tranches :
| Tranche | Assiette 2026 | Taux salarial | Taux patronal | Total |
|---|---|---|---|---|
| T1 | 0 à 48 060 euros | 3,15 % | 4,72 % | 7,87 % |
| T2 | 48 060 à 384 480 euros | 8,64 % | 12,95 % | 21,59 % |
Une CEG (Contribution d'Équilibre Général) de 2,15 % T1 / 2,70 % T2 et une CET (Contribution d'Équilibre Technique) de 0,35 % au-delà du PASS s'ajoutent. Sources officielles : agirc-arrco.fr/entreprises/cotisations et urssaf.fr. Pour suivre l'évolution du point AGIRC-ARRCO, consultez notre page valeur du point AGIRC-ARRCO.
4. Comment vos cotisations deviennent des trimestres et des points
Les cotisations versées ne sont pas capitalisées : elles financent par répartition les pensions des retraités actuels et ouvrent en parallèle des droits futurs. Ces droits prennent deux formes selon le régime.
Étape 1 : déclaration via la DSN. Votre employeur déclare chaque mois votre rémunération brute et vos cotisations à l'URSSAF, qui transmet à la CNAV et à l'AGIRC-ARRCO.
Étape 2 : conversion en trimestres CNAV. Le régime général n'attribue pas un trimestre par mois travaillé, mais un trimestre par tranche de cotisations équivalente à 150 fois le SMIC horaire brut. En 2026, avec un SMIC horaire brut de 12,02 euros (au 1er janvier 2026), il faut donc avoir cotisé sur une assiette d'au moins 1 803 euros dans l'année pour valider 1 trimestre. Maximum 4 trimestres par an, quel que soit le revenu.
Étape 3 : conversion en points AGIRC-ARRCO. La cotisation effective (taux d'appel de 127 %, soit la cotisation contractuelle multipliée par 1,27, dont 27 % de solidarité non générateurs de droits) est divisée par le prix d'achat du point (20,1877 euros au 1er novembre 2025). Le résultat donne le nombre de points crédités sur votre compte AGIRC-ARRCO chaque année. Détails dans notre guide points AGIRC-ARRCO.
Étape 4 : capitalisation des droits sur le RIS. Trimestres et points s'accumulent dans votre Relevé Individuel de Situation, consultable sur info-retraite.fr (portail du GIP Union Retraite). C'est ce relevé qui sert de base au calcul de votre pension future.
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5. Les cas particuliers : périodes assimilées et MDA
Toutes les périodes de la vie active ne se traduisent pas par un versement de cotisations directes, mais peuvent ouvrir des droits dits assimilés au titre de la solidarité nationale.
- Chômage indemnisé : 1 trimestre validé par tranche de 50 jours d'indemnisation, dans la limite de 4 trimestres par an (article R. 351-12 du Code de la Sécurité sociale).
- Chômage non indemnisé : 1ère période validée jusqu'à 1 an et demi, puis dans des conditions restrictives.
- Maladie longue, accident du travail : 1 trimestre par tranche de 60 jours d'arrêt indemnisé.
- Maternité : 1 trimestre par tranche de 90 jours d'indemnités journalières maternité perçues, depuis le décret n° 2014-566 du 30 mai 2014 (accouchements à compter de 2014, le premier trimestre étant acquis même si le congé dure moins de 90 jours) ; pour les accouchements antérieurs à 2014, c'est le trimestre civil de l'accouchement qui est validé.
- Service militaire : 1 trimestre par période de 90 jours.
- MDA enfants (Majoration de Durée d'Assurance) : 4 trimestres par enfant au titre de la maternité (mère uniquement) + 4 trimestres supplémentaires au titre de l'éducation (père ou mère, à répartir avant les 4 ans de l'enfant). Soit jusqu'à 8 trimestres par enfant pour la mère.
- AVPF (Assurance Vieillesse des Parents au Foyer) : trimestres gratuits pour parents au foyer percevant certaines prestations CAF.
Ces périodes assimilées comptent pour la durée d'assurance mais sont valorisées différemment dans le calcul du salaire annuel moyen. Source : lassuranceretraite.fr/portail-info/les-conditions-pour-partir/le-decompte-des-trimestres et info-retraite.fr/portail-info/home/connaitre.html.
6. Vérifier que vos cotisations sont bien reportées sur votre RIS
Le système français repose sur la déclaration de votre employeur, et c'est précisément là que se logent la plupart des erreurs. Selon le rapport de certification de la Cour des comptes de mai 2026 (exercice 2025), environ 1 pension nouvellement liquidée sur 9 (11,1 %) comporte une erreur de portée financière, et plus de la moitié de ces erreurs proviennent de données de carrière absentes ou erronées : trimestres manquants, salaires sous-déclarés, périodes étrangères non rapatriées, fusion AGIRC-ARRCO mal reportée. Ce sont exactement les anomalies qu'un contrôle du RIS permet de détecter avant la liquidation.
Les causes les plus fréquentes :
- Changement d'employeur non transmis correctement entre deux DSN.
- Périodes à l'étranger (UE, conventions bilatérales) qui n'ont pas été rapatriées par les caisses.
- Intérim, CDD courts, petits employeurs qui ont oublié ou tardé à déclarer.
- Apprentissage avant 2014 : règle de validation différente, fréquemment mal reportée.
- Service militaire : preuves à réclamer manuellement au Service Historique de la Défense.
- Fusion ARRCO-AGIRC du 1er janvier 2019 : coefficient de conversion 0,347798289 mal appliqué pour les anciens cadres.
Pour lire correctement votre relevé, consultez notre guide pas à pas comment lire son relevé de carrière et notre annuaire des caisses pour identifier le bon interlocuteur en cas de correction.
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7. Questions fréquentes
Quel est le taux total de cotisation retraite en France en 2026 ?
Pour un salarié non cadre du privé en 2026, le total des cotisations retraite (CNAV + AGIRC-ARRCO, parts salariale et patronale cumulées) représente environ 28 % du salaire brut sur la tranche 1 (jusqu'à 48 060 euros). Pour un cadre dont le salaire dépasse le PASS, le taux global reste du même ordre sur la tranche 2, en raison des cotisations AGIRC-ARRCO plus élevées mais réparties sur une assiette différente. Source : urssaf.fr.
Pourquoi mes cotisations ne se transforment pas en pension de la même valeur ?
Le système français fonctionne par répartition, pas par capitalisation. Vos cotisations financent les pensions des retraités actuels, et vos droits futurs sont calculés selon une formule qui dépend du salaire annuel moyen sur les 25 meilleures années (CNAV) et du nombre de points acquis (AGIRC-ARRCO). Une partie des cotisations (taux d'appel à 127 % en complémentaire, dont 27 % non générateurs de droits) finance la solidarité du régime. Le rendement du système est donc structurellement inférieur à un placement individuel.
Comment vérifier mes cotisations retraite ?
Connectez-vous à votre espace personnel sur info-retraite.fr (via FranceConnect) pour consulter votre Relevé Individuel de Situation (RIS). Vous y trouvez l'ensemble des trimestres validés depuis le début de votre carrière, par employeur et par année, ainsi que les points AGIRC-ARRCO. Comparez avec vos bulletins de salaire et vos contrats de travail. Pour un audit complet et automatisé, Carriva compare votre RIS aux référentiels juridiques en moins de 30 secondes.
Les indépendants paient combien de cotisations retraite ?
Les travailleurs indépendants relèvent du régime général depuis la dissolution de la Sécurité sociale des indépendants (SSI) en 2020. Depuis la réforme de l'assiette unique (assiette abattue de 26 %), le taux de cotisation retraite de base est de 17,87 % sur les revenus jusqu'au PASS (48 060 euros) et 0,72 % au-delà. La cotisation complémentaire (RCI) est de 8,1 % jusqu'au PASS et 9,1 % de 1 à 4 PASS (192 240 euros en 2026). Les professions libérales relèvent de la CNAVPL avec ses 10 sections (CARMF, CIPAV, CARPIMKO, etc.).
Que devient l'argent de mes cotisations ?
Les cotisations versées sont immédiatement reversées aux retraités actuels via le mécanisme de la répartition. Elles ne sont pas placées sur un compte individuel à votre nom. La CNAV et l'AGIRC-ARRCO disposent toutefois de réserves financières (environ 85,6 milliards d'euros pour l'AGIRC-ARRCO fin 2024) destinées à amortir les chocs démographiques. Le reste finance également la solidarité : minimum contributif, périodes assimilées, MDA, AVPF.
Peut-on récupérer ses cotisations retraite si on quitte la France ?
Non, les cotisations versées ne sont jamais remboursées. En revanche, les droits acquis (trimestres CNAV et points AGIRC-ARRCO) restent inscrits définitivement sur votre relevé et donneront lieu à une pension le moment venu, où que vous résidiez. Pour les ressortissants de l'UE/EEE/Suisse, les règlements (CE) n° 883/2004 et 987/2009 organisent la totalisation des périodes entre régimes nationaux. Hors UE, les conventions bilatérales (40 pays) jouent le même rôle.
Les fonctionnaires cotisent-ils plus ou moins que le privé ?
Le taux salarial fonctionnaire est plus élevé : 11,10 % sur le traitement indiciaire brut (CNRACL pour territoriaux/hospitaliers, Service des Retraites de l'État pour fonctionnaires d'État). Mais l'employeur public verse une contribution patronale très supérieure : 37,65 % CNRACL et jusqu'à 74,28 % pour l'État. La pension est calculée sur les 6 derniers mois de traitement indiciaire (hors primes), contre les 25 meilleures années dans le privé.
À partir de quel âge les cotisations s'arrêtent ?
Les cotisations retraite s'arrêtent au moment du départ effectif à la retraite, qui peut intervenir à partir de 62 ans et 9 mois (âge légal après la suspension de la réforme 2023 pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, décrets n° 2026-344 et 2026-345 du 7 mai 2026 : l'âge remonte de 3 mois par génération et n'atteint 64 ans qu'à partir de la génération 1969) ou plus tôt en cas de carrière longue, handicap ou pénibilité. Si vous travaillez après la liquidation de votre pension dans le cadre du cumul emploi-retraite intégral, vous continuez à cotiser depuis le 1er septembre 2023, et ces nouvelles cotisations génèrent une seconde pension liquidée lors de la cessation définitive d'activité.
En résumé
Les cotisations retraite en France en 2026 représentent environ 28 % du salaire brut sur la tranche 1, réparties entre 11 % salarial et 17 % patronal environ. Elles alimentent 4 grandes familles de caisses (CNAV, AGIRC-ARRCO, CNRACL, régimes spéciaux), se transforment en trimestres (1 trimestre par tranche de 1 803 euros cotisés en 2026) et en points AGIRC-ARRCO (prix d'achat 20,1877 euros). Le PASS 2026 de 48 060 euros sert de pivot à toutes les tranches.
Mais cotiser ne suffit pas : environ 1 pension liquidée sur 9 comporte une erreur de calcul selon la Cour des comptes (mai 2026), le plus souvent à cause de données de carrière erronées. Vérifier régulièrement son RIS est donc la seule garantie que vos cotisations se transforment bien en droits. Auditez votre RIS gratuitement avec Carriva ou approfondissez avec nos guides : comment lire son relevé de carrière, points AGIRC-ARRCO, valeur du point AGIRC-ARRCO et annuaire des caisses.
