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Pension de réversion 2026 : conditions, taux et montant

La pension de réversion permet au conjoint survivant de percevoir 50 % à 60 % de la retraite du défunt. Conditions, taux par régime, plafond de ressources et démarches expliqués clairement.

13 min de lectureMis à jour le 26 juillet 2026

Par · Fondateur et développeur de Carriva

Pension de réversion 2026 : conditions, taux et montant
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Connaissiez-vous les conditions de la pension de réversion ?

La pension de réversion est la part de la retraite d'une personne décédée qui peut être versée à son conjoint survivant. Elle représente, selon le régime, entre 50 % et 60 % de la retraite du défunt. En 2024, environ 4,4 millions de personnes percevaient une pension de réversion, pour un montant moyen d'environ 730 euros par mois, tous régimes confondus (au régime général seul, la réversion moyenne servie par la CNAV est plus proche de 350 euros par mois). Ce guide répond directement aux questions les plus fréquentes : qui y a droit, quel taux selon le régime, quel plafond de ressources, comment se calcule le montant et comment faire la demande.

Vous voulez vérifier si la retraite du défunt a été correctement calculée avant de demander la réversion ? Analyser le relevé de carrière ou consulter notre guide sur les erreurs fréquentes du relevé.

Qu'est-ce que la pension de réversion ?

La pension de réversion est une prestation de retraite versée au conjoint survivant après le décès d'un assuré. Elle correspond à un pourcentage de la pension de retraite que le défunt percevait, s'il était déjà retraité, ou qu'il aurait perçue, s'il était encore en activité.

La réversion existe dans les principaux régimes de retraite, mais avec des règles différentes :

  • Le régime de base (CNAV, Carsat, MSA), régi par les articles L353-1 à L353-6 du Code de la Sécurité sociale, verse une réversion de 54 % de la pension de base du défunt, sous conditions de ressources et à partir de 55 ans.
  • Le régime complémentaire Agirc-Arrco, régi par l'accord national interprofessionnel, verse une réversion de 60 % de la pension complémentaire, sans condition de ressources, à partir de 55 ans.
  • La fonction publique verse une réversion de 50 % de la pension du fonctionnaire, sans condition d'âge ni de ressources.

Ces réversions sont indépendantes et peuvent se cumuler. Un conjoint survivant d'un salarié du privé peut donc percevoir à la fois la réversion du régime de base et celle de l'Agirc-Arrco.

Qui a droit à la pension de réversion ?

Le droit à la réversion est réservé au conjoint survivant et, dans certains cas, aux ex-conjoints. Voici les conditions essentielles.

Le mariage est obligatoire

La condition commune à tous les régimes est d'avoir été marié avec le défunt. Le PACS et le concubinage ne donnent aucun droit à la pension de réversion, quel que soit le régime. C'est l'une des différences majeures entre le mariage et les autres formes d'union en droit de la retraite.

La durée de mariage

Aucune durée minimale de mariage n'est exigée au régime général (CNAV) ni à l'Agirc-Arrco. Même un mariage de courte durée ouvre droit à la réversion. En revanche, dans la fonction publique, une durée de mariage de 4 ans est généralement exigée. Plus précisément, au SRE et à la CNRACL, le droit est ouvert si l'une au moins de ces conditions est remplie : un enfant est issu du mariage, le mariage a duré au moins 4 ans, il a été célébré au moins 2 ans avant la cessation d'activité du fonctionnaire, ou il est antérieur à l'événement ayant entraîné sa mise à la retraite pour invalidité.

La condition d'âge

Au régime de base comme à l'Agirc-Arrco, le conjoint survivant doit avoir au minimum 55 ans. À l'Agirc-Arrco, cette condition d'âge peut être levée si le conjoint a au moins 2 enfants à charge au moment du décès ou s'il est en situation d'invalidité. En dessous de 55 ans, le conjoint peut relever de l'allocation de veuvage (conditions de ressources et de durée spécifiques, durée limitée à 2 ans). Dans la fonction publique, il n'y a aucune condition d'âge.

Ce seuil de 55 ans a été rétabli par la LFSS pour 2009 (loi du 17 décembre 2008) pour les décès survenus à compter du 1er janvier 2009 : la loi Fillon du 21 août 2003 avait engagé un abaissement progressif de la condition d'âge (52 ans en 2005, 51 ans à compter du 1er juillet 2007), trajectoire interrompue par cette LFSS. Le seuil de 51 ans subsiste pour les décès antérieurs au 1er janvier 2009 : il n'y a donc pas de seuil unique.

Les ex-conjoints divorcés

Un ex-conjoint divorcé conserve un droit à la réversion, à condition de ne pas s'être remarié dans certains régimes. Lorsque le défunt a été marié plusieurs fois, la réversion est partagée entre les ex-conjoints et le conjoint survivant, au prorata de la durée de chaque mariage. Ce cas est détaillé dans notre guide sur la réversion après divorce ou remariage.

Quel taux selon le régime ?

Le taux de réversion dépend du régime auquel cotisait le défunt. Voici les principaux taux applicables.

RégimeTaux de réversionCondition de ressourcesCondition d'âge
Régime de base (CNAV, Carsat, MSA)54 %Oui55 ans
Complémentaire Agirc-Arrco60 %Non55 ans
Fonction publique (SRE, CNRACL)50 %NonAucune
Indépendants artisans et commerçants (base)54 %Oui55 ans
Complémentaire des indépendants (RCI)60 %Oui55 ans
Professions libérales (base CNAVPL)54 %Oui55 ans
Professions libérales (complémentaire)60 % le plus souventSelon la section50 à 65 ans selon la section

Pour un salarié du privé, les deux réversions (54 % du régime de base et 60 % de l'Agirc-Arrco) se cumulent. Les artisans et commerçants relèvent depuis 2020 du régime général pour leur retraite de base, donc d'une réversion de 54 %, à laquelle s'ajoute la réversion de leur régime complémentaire des indépendants (RCI), égale à 60 % de la retraite complémentaire du défunt, attribuée à partir de 55 ans et sous condition de ressources (source : lassuranceretraite.fr).

Le cas des professions libérales

Les professionnels libéraux relèvent pour leur retraite de base de la CNAVPL (gérée par leur section). La réversion du régime de base est de 54 % de la pension du défunt, attribuée au conjoint survivant à partir de 55 ans et sous condition de ressources, sans condition de durée de mariage. À cette réversion de base s'ajoute, le cas échéant, celle du régime complémentaire propre à chaque section, le plus souvent égale à 60 % de la retraite complémentaire. C'est par exemple le taux retenu par la CARMF (médecins) et par la CIPAV pour leur régime complémentaire. La CARMF prévoit en outre une réversion de 50 % au titre de son régime ASV. Les conditions d'âge et de ressources de la part complémentaire varient selon la section (par exemple 62 ans et sans condition de ressources à la CIPAV).

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Conditions de ressources

Au régime de base, la réversion est soumise à un plafond de ressources. Les ressources personnelles du conjoint survivant ne doivent pas dépasser un certain seuil :

  • Personne seule : 25 001,60 euros par an (soit 2 083,47 euros par mois) en 2026.
  • En couple (remariage ou vie maritale) : 40 002,56 euros par an (soit 3 333,55 euros par mois) en 2026.

Ce plafond est fixe : il n'est pas majoré en fonction du nombre d'enfants à charge. En revanche, la pension de réversion elle-même est majorée de 113,59 euros par mois par enfant à charge (bénéficiaire de moins de 67 ans ne percevant pas de retraite personnelle). Les ressources prises en compte incluent les revenus d'activité, les pensions personnelles de retraite, les revenus du patrimoine et les revenus de remplacement. La revalorisation du plafond suit l'évolution du SMIC (et non l'inflation).

À l'inverse, la réversion Agirc-Arrco n'est soumise à aucune condition de ressources. Même avec des revenus élevés, le conjoint survivant a droit à la réversion complémentaire, sous réserve des autres conditions. La fonction publique n'applique pas non plus de condition de ressources.

Les ressources exclues du calcul

Certaines ressources ne sont pas prises en compte :

  • Les revenus d'activité du conjoint survivant bénéficient d'un abattement de 30 % après 55 ans.
  • Les avantages de réversion eux-mêmes (toutes réversions confondues) sont exclus.
  • L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).
  • Les prestations familiales.
  • Les revenus des biens mobiliers et immobiliers acquis par le conjoint survivant du fait du décès (héritage).

Le mécanisme de l'écrêtement

Si vos ressources dépassent le plafond, la réversion n'est pas systématiquement supprimée : elle est écrêtée, c'est-à-dire réduite pour que le total (ressources et réversion) ne dépasse pas le plafond.

Exemple : le plafond pour une personne seule est de 25 001,60 euros/an en 2026. Si vos ressources personnelles prises en compte sont de 21 000 euros et que la réversion théorique est de 5 000 euros, le total serait de 26 000 euros (dépassement de 998,40 euros). La réversion est donc écrêtée à 5 000 - 998,40 = 4 001,60 euros/an. L'abattement de 30 % sur les revenus d'activité après 55 ans (voir ci-dessus) peut atténuer cet écrêtement.

Réévaluation périodique

La CNAV peut réévaluer votre droit à réversion si vos ressources évoluent (nouvelle pension, reprise d'activité, héritage). Il est important de signaler tout changement de situation pour éviter un trop-perçu.

Comment calculer le montant

La réversion du régime de base se calcule simplement : 54 % de la pension de base du défunt. Si le défunt avait le taux plein et la durée complète, la réversion est donc égale à 54 % de sa pension de base. Une majoration de 10 % s'applique si le conjoint survivant a eu ou élevé au moins 3 enfants.

La pension de base du défunt est elle-même calculée selon la formule classique :

Pension de base = SAM x Taux x (Durée d'assurance / Durée de référence)

Si le défunt n'avait pas le taux plein, la réversion est calculée sur la pension minorée (avec décote et proratisation).

Le montant du régime de base est encadré :

  • Montant minimum : 334,92 euros par mois (soit 4 019,13 euros par an) en 2026, si le défunt justifiait d'au moins 60 trimestres au régime général.
  • Montant maximum : 1 081,35 euros par mois en 2026.

La réversion Agirc-Arrco se calcule à partir des points du défunt :

Réversion Agirc-Arrco = 60 % x nombre de points du défunt x valeur du point

En 2026, la valeur de service du point Agirc-Arrco est de 1,4386 euro.

Exemple chiffré : si le défunt avait accumulé 10 000 points Agirc-Arrco, la réversion complémentaire est de 60 % x 10 000 x 1,4386 = 8 631,60 euros par an, soit environ 719 euros par mois. Cette réversion s'ajoute, le cas échéant, aux 54 % du régime de base.

Majoration pour âge

À 67 ans (âge du taux plein automatique pour les générations 1955 et suivantes), la réversion est majorée de 11,1 % sous trois conditions cumulatives : avoir 67 ans révolus, avoir liquidé toutes ses retraites personnelles, et ne pas dépasser 3 020,07 euros de pension par trimestre en 2026 (toutes pensions confondues). La majoration forfaitaire à 65 ans concerne historiquement les générations antérieures à 1951.

Les démarches pour demander la réversion

La pension de réversion n'est jamais versée automatiquement. Le conjoint survivant doit en faire la demande expressément, auprès de chaque régime.

Quand faire la demande

La demande peut être faite dès que la condition d'âge est remplie. Si elle est déposée dans les 12 mois suivant le décès, l'effet peut être rétroactif au premier jour du mois suivant le décès. Au-delà de 12 mois, la réversion ne prend effet qu'au premier jour du mois suivant la demande. La rétroactivité est donc limitée à 12 mois : chaque mois de retard au-delà d'un an est un mois de pension perdu.

Où faire la demande

  • En ligne (recommandé) : le service « Demander ma réversion » (accessible sur info-retraite.fr, lassuranceretraite.fr ou agirc-arrco.fr) permet, depuis 2020, de déposer une seule demande transmise automatiquement à tous les régimes concernés, de base comme complémentaires (CNAV, MSA, Agirc-Arrco, Ircantec, etc.). Une seule démarche suffit.
  • Par courrier : la voie papier est plus fractionnée. Le formulaire cerfa n° 13364 (remplacé depuis 2024 par le S5136) adressé à la Carsat ne couvre que les régimes de base ; il faut alors adresser une demande distincte à l'Agirc-Arrco pour la réversion complémentaire.

Comptez en moyenne 3 à 6 mois de traitement, avec rappel des mois écoulés depuis le point de départ. Préparez l'acte de décès, l'acte de mariage, votre pièce d'identité, votre avis d'imposition, un relevé d'identité bancaire et, le cas échéant, le jugement de divorce si le défunt avait été marié plusieurs fois.

Cas particuliers

Plusieurs situations relèvent de règles spécifiques, développées dans nos guides dédiés :

Décès avant la retraite

Si le défunt n'avait pas encore liquidé sa retraite, la CNAV calcule une pension fictive en appliquant d'office le taux plein de 50 % à son salaire annuel moyen, au prorata des trimestres validés à la date du décès : Pension fictive = SAM x 50 % x (trimestres validés au décès / durée de référence). Ce taux de 50 % s'applique sans décote, quel que soit l'âge du défunt ou le nombre de trimestres manquants. La réversion (54 % au régime de base) porte ensuite sur cette pension fictive à taux plein.

Questions fréquentes

La réversion est-elle supprimée en cas de remariage ?

Cela dépend du régime. Au régime de base, le remariage ne supprime pas le droit depuis 2004, mais les revenus du nouveau conjoint entrent dans le plafond de ressources. À l'Agirc-Arrco, seul le remariage supprime la réversion complémentaire ; le PACS et le concubinage n'ont aucun effet. Si le nouveau mariage prend fin (divorce, décès du nouveau conjoint), le droit à la réversion Agirc-Arrco peut être rétabli sur demande.

Quel est le délai pour toucher la réversion après le décès ?

Comptez en moyenne 3 à 6 mois entre la demande et le premier versement. Pour bénéficier d'un effet rétroactif au mois suivant le décès, déposez votre demande dans les 12 mois.

La pension de réversion est-elle imposable ?

Oui. La pension de réversion est imposable au titre de l'impôt sur le revenu, au même titre qu'une pension de retraite, et supporte les prélèvements sociaux selon votre situation.

Peut-on cumuler la réversion avec sa propre retraite ?

Oui. Le conjoint survivant peut cumuler sa retraite personnelle avec la réversion. Au régime de base, ce cumul reste soumis au plafond de ressources et peut entraîner un écrêtement ; toutefois, une fois la réversion liquidée, elle ne peut plus être réduite du fait de la revalorisation de la pension personnelle. À l'Agirc-Arrco, le cumul est possible sans condition de ressources : la réversion n'est jamais réduite en fonction de la pension personnelle du conjoint survivant.

Vérifier les droits avant de demander

Le montant de la réversion dépend directement de la retraite du défunt. Si son relevé de carrière comportait des trimestres manquants, des points Agirc-Arrco absents ou des périodes mal reportées, la réversion sera calculée sur une base sous-évaluée.

Avant de déposer votre demande, auditez le relevé de carrière du défunt avec Carriva. Notre analyse identifie les trimestres manquants et les anomalies qui pourraient réduire la pension, et donc la réversion versée au conjoint survivant.

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