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Comment est calculée la pension de réversion en 2026 ?

Pension de réversion : calcul, taux de 54 % à 60 %, conditions de mariage, plafond de ressources et démarches CNAV / Agirc-Arrco.

9 min de lectureMis à jour le 24 novembre 2025

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Connaissiez-vous les conditions de la pension de réversion ?

Introduction

Si vous cherchez comment est calculée la pension de réversion, qui y a droit ou quel est le plafond de ressources, ce guide répond directement à ces questions. La pension de réversion est un droit fondamental du système de retraite français. Elle permet au conjoint survivant de percevoir une fraction de la retraite que le défunt percevait ou aurait perçue. En 2024, environ 4,4 millions de personnes percevaient une pension de réversion, pour un montant moyen d'environ 750 euros par mois, tous régimes confondus (au régime général seul, la réversion moyenne servie par la CNAV est plus proche de 350 euros par mois).

Ce dispositif, souvent méconnu dans ses détails, obéit à des règles précises qui varient selon les régimes (base et complémentaire). Les conditions d'accès, les taux, les plafonds de ressources et les modalités de calcul diffèrent sensiblement entre le régime général (CNAV) et le régime complémentaire (Agirc-Arrco).

Ce guide couvre principalement le régime général (CNAV/CARSAT) et le régime complémentaire Agirc-Arrco, qui concernent les salariés du secteur privé. Les régimes spéciaux (fonction publique, professions libérales, etc.) ont des règles différentes.

Ce guide détaille l'ensemble du dispositif pour vous permettre de comprendre vos droits et d'effectuer les démarches nécessaires.

Vous voulez vérifier si la pension du défunt a été correctement calculée avant de demander la réversion ? Analyser le relevé ou consulter notre guide sur les erreurs fréquentes du relevé.

Qu'est-ce que la pension de réversion

La pension de réversion est une prestation de retraite versée au conjoint survivant après le décès d'un assuré. Elle correspond à un pourcentage de la pension de retraite que le défunt percevait (s'il était déjà retraité) ou qu'il aurait perçue (s'il était encore en activité).

La réversion existe dans les deux principaux régimes de retraite des salariés du privé :

  • Le régime de base (CNAV/CARSAT) : régi par les articles L353-1 à L353-6 du Code de la Sécurité sociale. Le taux de réversion est de 54 % de la pension de base du défunt.
  • Le régime complémentaire (Agirc-Arrco) : régi par l'accord national interprofessionnel. Le taux de réversion est de 60 % de la pension complémentaire du défunt.

Ces deux réversions sont indépendantes : elles ont des conditions d'accès différentes et se cumulent. Un conjoint survivant peut percevoir la réversion du régime de base, la réversion Agirc-Arrco, ou les deux.

Conditions d'attribution

Condition de mariage

La première condition, commune aux deux régimes, est d'avoir été marié avec le défunt. Le PACS et le concubinage ne donnent aucun droit à la pension de réversion, quel que soit le régime.

Aucune durée minimale de mariage n'est exigée, ni au régime général (CNAV), ni à l'Agirc-Arrco. Même un mariage de courte durée ouvre droit à la réversion. La condition de durée de mariage existe uniquement dans les régimes de la fonction publique (au SRE et à la CNRACL, le droit est ouvert si l'une au moins de ces conditions est remplie : un enfant est issu du mariage, le mariage a duré au moins 4 ans, il a été célébré au moins 2 ans avant la cessation d'activité du fonctionnaire, ou il est antérieur à l'événement ayant entraîné sa mise à la retraite pour invalidité).

Condition d'âge

Régime de base (CNAV) : le conjoint survivant doit avoir au minimum 55 ans pour demander la pension de réversion. Ce seuil de 55 ans a été rétabli par la LFSS pour 2009 (loi du 17 décembre 2008) pour les décès survenus à compter du 1er janvier 2009 : la loi Fillon du 21 août 2003 avait engagé un abaissement progressif de la condition d'âge (52 ans en 2005, 51 ans à compter du 1er juillet 2007), trajectoire interrompue par cette LFSS. Le seuil de 51 ans subsiste pour les décès antérieurs au 1er janvier 2009 : il n'y a donc pas de seuil unique. En dessous de 55 ans, le conjoint peut relever de l'allocation de veuvage (conditions de ressources et de durée spécifiques, durée limitée à 2 ans).

Agirc-Arrco : le conjoint survivant doit avoir au moins 55 ans. Toutefois, si le conjoint survivant a au moins 2 enfants à charge au moment du décès ou est en situation d'invalidité, il peut en bénéficier sans condition d'âge.

Condition de ressources (régime de base uniquement)

Au régime général, la réversion est soumise à un plafond de ressources. Les ressources personnelles du conjoint survivant ne doivent pas dépasser un certain seuil :

  • Personne seule : 25 001,60 euros/an (soit 2 083,47 euros/mois) en 2026.
  • En couple (remariage ou vie maritale) : 40 002,56 euros/an (soit 3 333,55 euros/mois) en 2026.

Le plafond de ressources n'est pas majoré pour enfant à charge. En revanche, c'est la réversion elle-même qui est majorée d'un forfait de 113,59 euros/mois par enfant à charge (valeur au 1er janvier 2026), sous réserve que le conjoint survivant n'ait pas atteint l'âge du taux plein et ne perçoive pas de retraite personnelle.

Les ressources prises en compte incluent les revenus d'activité, les pensions personnelles de retraite de base et complémentaire, les revenus du patrimoine, les revenus de remplacement (sauf certaines prestations sociales). En revanche, la réversion elle-même n'est pas comptée dans les ressources pour le calcul du plafond. La revalorisation du plafond suit l'évolution du SMIC (et non l'inflation).

Agirc-Arrco : la réversion complémentaire n'est soumise à aucune condition de ressources. C'est un point essentiel : même avec des revenus élevés, le conjoint survivant a droit à la réversion Agirc-Arrco (sous réserve des autres conditions).

Condition de non-remariage

Régime de base (CNAV) : depuis la réforme de 2004, il n'y a plus aucune condition de non-remariage au régime général. Le conjoint survivant conserve son droit à la réversion même en cas de remariage, de PACS ou de concubinage. Cependant, les revenus du nouveau conjoint ou partenaire sont pris en compte dans le plafond de ressources (plafond couple).

Agirc-Arrco : seul le remariage du conjoint survivant entraîne la suppression du droit à la réversion complémentaire. Le PACS et le concubinage n'ont aucun effet sur la réversion Agirc-Arrco, contrairement à une idée reçue très répandue. Si le nouveau mariage prend fin (divorce, décès du nouveau conjoint), le droit à la réversion Agirc-Arrco peut être rétabli sur demande.

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Plafond de ressources : détail du calcul

Le plafond de ressources du régime de base mérite un développement approfondi, car il est source de nombreuses incompréhensions.

Les ressources exclues du calcul

Certaines ressources ne sont pas prises en compte :

  • Les revenus d'activité du conjoint survivant bénéficient d'un abattement de 30 % après 55 ans.
  • Les avantages de réversion eux-mêmes (toutes réversions confondues) sont exclus.
  • L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).
  • Les prestations familiales.
  • Les revenus des biens mobiliers et immobiliers acquis par le conjoint survivant du fait du décès (héritage).

Le mécanisme de l'écrêtement

Si vos ressources dépassent le plafond, la réversion n'est pas systématiquement supprimée. Elle est écrêtée : le montant de la réversion est réduit pour que le total (ressources + réversion) ne dépasse pas le plafond.

Exemple : le plafond pour une personne seule est de 25 001,60 euros/an en 2026. Si vos ressources personnelles prises en compte sont de 21 000 euros et que la réversion théorique est de 5 000 euros, le total serait de 26 000 euros (dépassement de 998,40 euros). La réversion est donc écrêtée à 5 000 - 998,40 = 4 001,60 euros/an. Les revenus d'activité du conjoint survivant bénéficient par ailleurs d'un abattement de 30 % après 55 ans (voir section précédente), ce qui peut atténuer l'écrêtement.

Réévaluation périodique

La CNAV peut réévaluer votre droit à réversion si vos ressources évoluent (nouvelle pension, reprise d'activité, héritage). Il est important de signaler tout changement de situation pour éviter un trop-perçu.

Taux de réversion

Régime de base : 54 %

La pension de réversion du régime général correspond à 54 % de la pension de base que le défunt percevait ou aurait perçue au taux plein. Ce taux est fixé par l'article L353-1 du CSS.

Montant minimum : la réversion au régime de base ne peut pas être inférieure à 334,92 euros par mois (soit 4 019,13 euros/an au 1er janvier 2026, circulaire CNAV 2025-29). Ce minimum est applicable si le défunt justifiait d'au moins 60 trimestres de cotisation au régime général.

Montant maximum : la réversion au régime de base ne peut pas dépasser 1 081,35 euros par mois en 2026, soit 54 % du maximum de la pension CNAV (lui-même plafonné à 50 % du PASS).

Régime complémentaire Agirc-Arrco : 60 %

La réversion Agirc-Arrco correspond à 60 % des points accumulés par le défunt. Le montant annuel se calcule ainsi :

Réversion Agirc-Arrco = 60 % x Nombre total de points du défunt x Valeur du point

Exemple : si le défunt avait accumulé 10 000 points Agirc-Arrco, la réversion est de 60 % x 10 000 x 1,4386 = 8 631,60 euros/an, soit environ 719 euros/mois.

Il n'y a pas de plafond de ressources pour la réversion Agirc-Arrco, mais une condition de non-remariage s'applique.

Calcul de la pension de réversion

Formule de calcul au régime de base

La pension de réversion est calculée sur la base de la pension à laquelle le défunt avait droit (ou aurait eu droit) :

Réversion = 54 % x Pension de base du défunt

La pension de base du défunt est elle-même calculée selon la formule classique :

Pension de base = SAM x Taux x (Durée d'assurance / Durée de référence)

Si le défunt avait le taux plein et la durée complète, la réversion est simplement 54 % de sa pension de base. Si le défunt n'avait pas le taux plein, la réversion est calculée sur la pension minorée (avec décote et proratisation).

Majoration pour enfants

Si le conjoint survivant a eu ou élevé au moins 3 enfants, la réversion de base est majorée de 10 % (majoration pour enfants, article L353-1 CSS). Cette majoration s'applique dans les mêmes conditions que pour la pension personnelle.

Majoration pour âge

À 67 ans (âge du taux plein automatique pour les générations 1955 et suivantes), la réversion est majorée de 11,1 % sous trois conditions cumulatives : avoir 67 ans révolus, avoir liquidé toutes ses retraites personnelles, et ne pas dépasser 3 020,07 euros de pension par trimestre en 2026 (toutes pensions confondues). La majoration forfaitaire à 65 ans concerne historiquement les générations antérieures à 1951.

Cumul avec sa propre retraite

Le conjoint survivant peut cumuler sa pension personnelle de retraite (base et complémentaire) avec la pension de réversion. Cependant, les règles de cumul diffèrent selon les régimes.

Au régime de base

Le cumul de la pension personnelle et de la réversion est possible, sous réserve du plafond de ressources. La réversion peut être écrêtée si le total des ressources (y compris la pension personnelle) dépasse le plafond. Toutefois, une fois la réversion liquidée, elle ne peut plus être réduite du fait de la revalorisation de la pension personnelle.

A l'Agirc-Arrco

Le cumul est possible sans condition de ressources. La réversion Agirc-Arrco (60 % des points du défunt) se cumule intégralement avec la retraite personnelle du conjoint survivant : elle n'est jamais réduite en fonction de la pension personnelle. Seuls le remariage et, pour les ex-conjoints divorcés, la proratisation de la part, réduisent le droit.

Démarches

La pension de réversion n'est jamais versée automatiquement. Le conjoint survivant doit en faire la demande expressément.

Quand faire la demande

La demande peut être faite à tout moment après le décès, dès lors que la condition d'âge est remplie. La réversion prend effet au premier jour du mois suivant la date de la demande (et non la date du décès). Il est donc important de ne pas tarder.

Point de départ : si la demande est faite dans les 12 mois suivant le décès, l'effet peut être rétroactif au premier jour du mois suivant le décès. Au-delà de 12 mois, la réversion prend effet au premier jour du mois suivant la demande. La rétroactivité est donc limitée à 12 mois maximum : ne tardez pas à faire votre demande, chaque mois de retard au-delà d'un an est un mois de pension perdu.

Comment faire la demande

Pour le régime de base (CNAV) :

  • En ligne sur lassuranceretraite.fr (service « Demander ma réversion »).
  • Par courrier en envoyant le formulaire cerfa n° 13364 (demande unique de retraite de réversion) à la CARSAT de votre lieu de résidence.
  • La demande unique couvre tous les régimes de base (CNAV, MSA, etc.) grâce au dispositif de demande unique inter-régimes.

Pour l'Agirc-Arrco :

  • En ligne sur agirc-arrco.fr (espace personnel du conjoint survivant).
  • Par courrier au centre de gestion Agirc-Arrco dont dépendait le défunt.
  • La demande est distincte de celle du régime de base. Il faut faire deux demandes séparées.

Documents nécessaires

  • Acte de décès
  • Acte de mariage (livret de famille)
  • Pièce d'identité du conjoint survivant
  • Avis d'imposition du conjoint survivant (pour le plafond de ressources au régime de base)
  • Relevé d'identité bancaire
  • Jugement de divorce le cas échéant (si le défunt avait été marié plusieurs fois)

Délais de traitement

Comptez en moyenne 3 à 6 mois entre la demande et le premier versement, parfois plus si le dossier est complexe (multiple ex-conjoints, carrière incomplète du défunt). La CNAV verse ensuite la réversion mensuellement, avec les éventuels rappels correspondant aux mois écoulés depuis le point de départ.

Cas particuliers

Remariage du conjoint survivant

Au régime de base, le remariage ne supprime pas le droit à la réversion (depuis 2004). Cependant, les revenus du nouveau conjoint sont pris en compte dans le plafond de ressources (plafond couple).

À l'Agirc-Arrco, seul le remariage entraîne la suppression de la réversion complémentaire. Le PACS et le concubinage n'ont aucun effet. Si le nouveau mariage prend fin (divorce, décès du nouveau conjoint), le droit peut être rétabli sur demande.

Divorce et partage de la réversion

Lorsque le défunt a été marié plusieurs fois, la réversion du régime de base est partagée entre les ex-conjoints et le conjoint survivant, au prorata de la durée de chaque mariage.

Exemple : le défunt a été marié 15 ans avec un premier conjoint et 10 ans avec un second conjoint. La réversion est partagée : 60 % pour le premier (15/25) et 40 % pour le second (10/25).

A l'Agirc-Arrco, le partage obéit aux mêmes règles de prorata. Si l'un des bénéficiaires perd son droit (par remariage), sa part n'est pas redistribuée aux autres.

PACS et concubinage

Ni le PACS ni le concubinage ne donnent droit à la pension de réversion, dans aucun régime. C'est l'une des différences majeures entre le mariage et les autres formes d'union en droit de la retraite.

Décès avant la retraite

Si le défunt n'avait pas encore liquidé sa retraite, la CNAV calcule une pension fictive en appliquant d'office le taux plein de 50 % à son salaire annuel moyen, au prorata des trimestres validés à la date du décès : Pension fictive = SAM x 50 % x (trimestres validés au décès / durée de référence). Ce taux de 50 % s'applique sans décote, quel que soit l'âge du défunt ou le nombre de trimestres manquants. La réversion (54 % au régime de base) porte ensuite sur cette pension fictive à taux plein.

Conclusion

La pension de réversion est un droit essentiel mais complexe. Les différences entre régime de base (54 %, sous conditions de ressources) et régime complémentaire (60 %, sans condition de ressources mais avec condition de non-remariage) sont souvent source de confusion. Le conjoint survivant doit impérativement faire une demande active, auprès de chaque régime séparément, et dans les meilleurs délais.

Les montants en jeu sont significatifs : pour un couple de retraités, la réversion peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois et constitue un filet de sécurité financier indispensable pour le conjoint survivant.

Pour anticiper le montant de la réversion et vérifier que le relevé de carrière du défunt est complet (ce qui impacte directement le montant de la réversion), utilisez l'outil d'audit gratuit de Carriva. Notre analyse identifie les trimestres manquants et les erreurs qui pourraient réduire la pension, et donc la réversion.

Avant de déposer votre demande, vérifiez le relevé de carrière dans Carriva pour repérer les années manquantes ou les pensions sous-évaluées qui diminueraient la réversion.

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