L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) est une prestation non contributive versée aux retraités dont les ressources sont inférieures à un seuil fixé par décret (art. L815-1 CSS). Elle a remplacé l'ensemble des composantes de l'ancien "minimum vieillesse" depuis le 1er janvier 2006, dans un souci de simplification.
L'ASPA est une allocation différentielle : son montant correspond à la différence entre le plafond de ressources et les ressources personnelles du bénéficiaire. En 2025, le montant maximal de l'ASPA est d'environ 1 034,28 euros par mois pour une personne seule et 1 605,73 euros pour un couple. Ces montants sont revalorisés chaque année, généralement au 1er janvier.
Pour bénéficier de l'ASPA, il faut remplir plusieurs conditions. L'âge minimum est fixé à 65 ans (ou l'âge légal de la retraite en cas d'inaptitude au travail). L'assuré doit résider en France de manière stable et régulière (au moins six mois par an). Les ressources du bénéficiaire (ou du couple) ne doivent pas dépasser un plafond annuel. L'ensemble des revenus est pris en compte : pensions de retraite, revenus d'activité, revenus du patrimoine (avec une évaluation forfaitaire pour les biens immobiliers autres que la résidence principale).
L'ASPA est distincte du minimum contributif (MiCo). Le MiCo est un plancher de pension lié à la carrière de l'assuré et conditionné à l'obtention du taux plein. L'ASPA est une prestation de solidarité nationale, sans lien avec la durée de cotisation. Un retraité peut cumuler le MiCo et l'ASPA si ses ressources totales restent inférieures au plafond.
Exemple chiffré. Un retraité seul percevant 750 euros de pension par mois et sans autre ressource peut prétendre à l'ASPA pour compléter ses revenus jusqu'au plafond d'environ 1 012 euros, soit un complément de 262 euros par mois. Sur l'année, cela représente plus de 3 100 euros de soutien. Il faut toutefois mettre en balance la récupération sur succession au-delà d'environ 105 300 euros d'actif net, qui peut réduire l'intérêt du dispositif pour les héritiers.
L'ASPA est récupérable sur succession : les sommes versées sont récupérées sur l'actif net successoral au-delà d'un seuil (environ 107 616,60 euros en 2025 pour les décès en métropole). Cette caractéristique dissuade certains bénéficiaires potentiels de demander l'allocation, au détriment de leur niveau de vie. La demande d'ASPA se fait auprès de la caisse de retraite principale (CNAV, MSA, etc.) et n'est pas automatique.