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Legislation

Présidentielle 2027 et retraite : qui propose quoi

Âge légal, durée de cotisation, capitalisation : les positions déclarées des candidats et personnalités de la présidentielle 2027 sur les retraites, attribuées et datées. Page mise à jour.

11 min de lectureMis à jour le 12 juillet 2026

Sur cette page

Pourquoi l'élection de 2027 décide de votre âge de départ

Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), le calendrier de la réforme des retraites de 2023 est suspendu : le barème accéléré ne reprend aucun automatisme au 1er janvier 2028. Ce qui s'appliquera après cette date dépendra d'une éventuelle nouvelle loi, donc de la majorité issue de l'élection présidentielle du printemps 2027. L'âge de départ des générations qui liquideront leur retraite après 2028 n'est donc pas fixé : il se jouera dans les urnes, puis au Parlement.

Cette page recense, candidat par candidat et personnalité par personnalité, les positions publiquement exprimées sur les retraites : âge légal, durée de cotisation, capitalisation, pénibilité. Chaque position est attribuée à sa source et à sa date. Nous n'exprimons aucune opinion et ne formulons aucun pronostic : nous rapportons des déclarations. Page mise à jour le 12 juillet 2026. Elle sera actualisée à chaque nouvelle annonce.

Point de méthode : à la date de publication, certaines personnalités ont officiellement déclaré leur candidature, d'autres sont pressenties sans l'avoir formalisée. Nous le précisons à chaque fois, et lorsqu'une position n'a pas été détaillée, nous écrivons « position non déclarée à ce jour » plutôt que d'extrapoler.

Tableau comparatif des positions déclarées

Le tableau ci-dessous synthétise les positions exprimées. Il ne préjuge ni d'un programme définitif, ni du résultat de l'élection. Chaque nom renvoie à sa section détaillée, avec les citations et les sources datées.

CandidatÂge légalDurée de cotisationMesure phare
Jean-Luc Mélenchon (LFI, déclaré)Retour à 60 ans40 ansTaux plein à 60 ans
Parti socialiste (candidat non désigné)Retour à 62 ans43 ans, réductible si pénibilitéPrise en compte de la pénibilité
Raphaël Glucksmann (Place publique, pressenti)Pas un « totem », non chiffréPriorité durée et pénibilitéNon déclarée à ce jour
Gabriel Attal (Renaissance, déclaré)Suppression de la notion d'âge légalParamètre central, décote et surcoteChoix du moment de départ
Édouard Philippe (Horizons, déclaré)Maintien, relèvement non chiffré« Travailler un peu plus longtemps »15 % de capitalisation
Marine Le Pen (RN, déclarée)Retour à 62 ans (60 si carrière longue)Non précisée à ce jourDépart anticipé carrières longues
Jordan Bardella (RN, pressenti)« L'âge légal ne veut rien dire »Priorité à la duréeSystème jugé plus lisible
Bruno Retailleau (LR, déclaré)Relèvement à 65 ansNon précisée à ce jourNon déclarée à ce jour

Lecture : les positions vont, sur l'âge légal, d'un retour à 60 ans à un relèvement à 65 ans, soit un écart de cinq ans entre les propositions, relevé par Senioractu le 11 juin 2026. Plusieurs candidats déplacent le débat de l'âge vers la durée de cotisation.

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)

Candidat déclaré (déclaration rapportée le 3 mai 2026 par Senioractu), Jean-Luc Mélenchon défend, selon LCP le 19 juin 2026, « le retour au droit à la retraite à 60 ans pour 40 ans de cotisation ». C'est la position la plus basse sur l'âge légal parmi les personnalités recensées.

Concrètement, une telle mesure ramènerait l'âge légal de départ à 60 ans et la durée requise à 40 annuités (soit 160 trimestres), en deçà du barème actuellement en vigueur (voir notre tableau par génération). Sa mise en œuvre supposerait le vote d'une loi réécrivant les articles du Code de la Sécurité sociale qui fixent l'âge et la durée. Aucune date d'application n'a été précisée par les sources consultées.

Parti socialiste

Selon Boursorama le 10 juin 2026 et LCP le 19 juin 2026, le Parti socialiste propose de ramener l'âge légal à 62 ans, avec une durée de cotisation de 43 ans réductible selon la pénibilité. À la date de cette page, le parti n'a pas désigné de candidat : la position est donc attribuée au parti, et non à une personne.

En pratique, un âge légal de 62 ans reviendrait sur le relèvement porté par la réforme de 2023. La modulation de la durée « selon la pénibilité » évoquée par ces sources n'a pas été chiffrée dans le détail à ce jour.

Raphaël Glucksmann (Place publique)

Pressenti mais non officiellement déclaré à la date de cette page, Raphaël Glucksmann indique, selon LCP le 19 juin 2026, ne pas vouloir faire de l'âge légal un « totem absolu » et privilégier la durée de cotisation et la prise en compte de la pénibilité. La même source rapporte qu'il ne s'avance pas, à ce stade, sur une réforme détaillée.

Concrètement, aucune valeur d'âge légal ni de durée n'a été communiquée. Sa position précise sur l'âge de départ reste non déclarée à ce jour ; nous la compléterons si un chiffre est annoncé.

Gabriel Attal (Renaissance)

Candidat déclaré (déclaration rapportée le 22 mai 2026 par Senioractu), Gabriel Attal propose de supprimer la notion d'âge légal. Selon LCP le 19 juin 2026, il estime que « la question de l'âge légal ne sert plus à rien » ; selon Boursorama le 10 juin 2026, il met en avant la durée de cotisation, avec un système de décote et de surcote, présenté comme donnant « plus de liberté aux Français ».

Concrètement, la suppression de l'âge légal ferait de la durée cotisée le paramètre déterminant : le départ deviendrait possible dès la durée requise atteinte, avec une pension modulée avant ou après selon les mécanismes de décote et de surcote. Les paramètres précis (durée cible, barème de décote) n'ont pas été détaillés dans les sources consultées.

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Édouard Philippe (Horizons)

Candidat déclaré et en campagne depuis septembre 2024 selon Senioractu (11 juin 2026), Édouard Philippe se distingue sur deux points, rapportés par Boursorama le 10 juin 2026 et LCP le 19 juin 2026. D'une part, il conserve l'âge légal et considère que les Français devront « travailler un peu plus longtemps », sans avoir chiffré un âge cible dans ces sources. D'autre part, il propose d'introduire une part de capitalisation.

Selon une dépêche AEF Info et la reprise qu'en font ces sources, il évalue cette part de capitalisation collective (présentée comme inspirée du fonctionnement de l'Agirc-Arrco) à 15 % des pensions à horizon d'une quinzaine d'années, mesure qu'il qualifie d'indispensable. Concrètement, une dose de capitalisation viendrait compléter le système par répartition sans le remplacer ; le relèvement d'âge évoqué n'a pas été chiffré à ce jour.

Marine Le Pen (Rassemblement national)

Candidate déclarée, Marine Le Pen défend un retour à 62 ans, avec un départ possible dès 60 ans pour les carrières longues. Selon Public Sénat le 12 juin 2026, elle a affirmé sur RTL le 13 mai 2026 que cette mesure « reste pertinente », dans la continuité de ses programmes de 2022 et de 2024.

Concrètement, cette position ramènerait l'âge légal à 62 ans. La durée de cotisation associée n'a pas été précisée dans les sources consultées, et sa mise en œuvre supposerait, là encore, une loi.

Jordan Bardella (Rassemblement national) et la division interne du RN

Pressenti, Jordan Bardella exprime une position distincte de celle de Marine Le Pen. Selon Public Sénat le 12 juin 2026, il considère que « l'âge légal ne veut rien dire, ce qui compte c'est la durée de cotisation », et privilégie un système qu'il présente comme plus lisible et plus soutenable financièrement.

Public Sénat documente, le 12 juin 2026, une divergence interne au Rassemblement national : Marine Le Pen met l'accent sur l'abaissement de l'âge légal (62, voire 60 ans pour les carrières longues), tandis que Jordan Bardella veut faire de la durée de cotisation le paramètre central et relativise l'âge légal. La même source rapporte qu'un cadre du parti a critiqué la communication de Jordan Bardella sur ce sujet. À la date de cette page, ces deux approches coexistent au sein du même parti, sans arbitrage public définitif.

Bruno Retailleau (Les Républicains)

Candidat déclaré selon Senioractu (11 juin 2026), Bruno Retailleau propose, selon LCP le 19 juin 2026, de relever l'âge légal à 65 ans. C'est la position la plus haute sur l'âge parmi les personnalités recensées.

Concrètement, un âge légal à 65 ans irait au-delà de la cible de 64 ans de la réforme de 2023. La durée de cotisation associée n'a pas été précisée dans les sources consultées.

Ce que ça change selon votre année de naissance

Les générations déjà à l'âge de la retraite ou proches de l'atteindre sont peu exposées à ces débats : le barème qui s'applique à elles est celui en vigueur au moment où leur pension prend effet. Ce sont les générations qui liquideront après le 1er janvier 2028, à commencer par les personnes nées entre 1964 et 1968, dont l'âge de départ dépend le plus directement du résultat de 2027.

Si vous êtes né entre 1964 et 1968, nous avons détaillé chaque scénario, tableau par année de naissance, dans un article dédié : Nés entre 1964 et 1968 : votre retraite se joue en 2027. Pour le barème actuellement applicable, génération par génération, voir qui est concerné par la suspension.

Méthode, sources et neutralité

Cette page suit trois principes.

  • Attribution systématique. Chaque position est reliée à une source identifiée et à une date. Nous ne présentons aucune position comme un fait acquis : nous rapportons des déclarations, susceptibles d'évoluer.
  • Neutralité. Nous n'employons aucun qualificatif valorisant ou dévalorisant et ne prenons parti pour aucune proposition. Les propositions sont présentées dans un ordre qui ne traduit aucune préférence.
  • Mise à jour. Le paysage des candidatures et des programmes évolue. Nous datons chaque version de la page (« Page mise à jour le 12 juillet 2026 ») et distinguons candidats déclarés et personnalités pressenties. Lorsqu'une position n'a pas été rendue publique, nous écrivons « position non déclarée à ce jour ».

Rappel de cadre juridique : la suspension résulte de l'article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026), qui a réécrit les articles du Code de la Sécurité sociale fixant l'âge et la durée, sans clause de retour automatique. Nous détaillons ce point dans Retraite 2028 : ce que dit vraiment la loi.

Questions fréquentes

Quel candidat veut le retour à 62 ans ?

Selon les sources consultées (Boursorama le 10 juin 2026, Public Sénat le 12 juin 2026), un retour à 62 ans est porté par le Parti socialiste (62 ans, 43 ans de cotisation réductible selon la pénibilité) et par Marine Le Pen (62 ans, avec un départ possible dès 60 ans pour les carrières longues). Jean-Luc Mélenchon va plus loin en défendant un retour à 60 ans pour 40 ans de cotisation, selon LCP le 19 juin 2026. Ces positions peuvent évoluer d'ici l'élection.

La réforme des 64 ans va-t-elle s'appliquer ?

La cible de 64 ans issue de la réforme de 2023 est aujourd'hui suspendue : elle n'est atteinte qu'à partir de la génération 1969 dans le barème en vigueur, et sans automatisme de reprise. Qu'elle s'applique de nouveau, soit maintenue en l'état, soit remplacée, dépendra d'une éventuelle loi votée après l'élection de 2027. Le détail figure dans Retraite 2028 : ce que dit vraiment la loi et Âge légal retraite 64 ans : tableau par génération.

Qu'arrive-t-il le 1er janvier 2028 ?

Rien d'automatique. Le texte voté ne contient ni date de fin, ni clause de retour au calendrier de 2023. Le 1er janvier 2028 est une échéance politique (mise en avant lors des débats de l'automne 2025), pas une échéance légale : à défaut de nouvelle loi, le barème actuellement en vigueur continue de s'appliquer. Nous l'expliquons en détail dans Retraite 2028 : ce que dit vraiment la loi.

Ce qui ne dépend d'aucun scénario : votre relevé de carrière

Quelle que soit l'issue de 2027, une donnée reste stable dans tous les scénarios : vos droits acquis, c'est-à-dire vos trimestres cotisés, vos salaires portés au compte et vos points de complémentaire. Les anomalies qui les affectent (périodes manquantes, salaires mal reportés) produisent le même effet, que l'âge légal soit fixé à 62 ou à 65 ans. Fiabiliser votre relevé dès maintenant est la seule action utile indépendamment du calendrier politique.

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