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Âge légal retraite 64 ans : tableau par génération

Âge légal à 64 ans : calendrier par année de naissance après suspension LFSS 2026, exceptions carrière longue et handicap, impact sur votre décote.

9 min de lectureMis à jour le 5 octobre 2025

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À quel âge prévoyez-vous de partir à la retraite ?

L'âge légal de départ à la retraite est le premier paramètre qui détermine le moment où vous pouvez liquider votre pension. Depuis la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la Sécurité sociale, l'article L. 161-17-2 du Code de la Sécurité sociale a été modifié pour relever progressivement cet âge de 62 à 64 ans.

Ce relèvement ne concerne pas tout le monde de la même manière. Il s'applique par génération, à raison de 3 mois supplémentaires par cohorte de naissance, à compter des assurés nés à partir du 1er septembre 1961. Les assurés nés avant cette date conservent l'âge légal de 62 ans.

Mise à jour importante : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), complétée par les décrets n° 2026-344 et 2026-345 du 7 mai 2026, a décalé d'une génération le calendrier de la réforme 2023 pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Conséquence : l'âge cible de 64 ans n'est atteint qu'à partir de la génération 1969 (et non 1968 comme prévu initialement). L'horizon de 2028 évoqué lors des débats dépendra d'une éventuelle nouvelle loi d'ici là.

Le principe est simple : plus votre génération est récente, plus votre âge légal de départ est élevé, jusqu'à atteindre 64 ans pour les assurés nés en 1969 et après (calendrier post-LFSS 2026). Le décalage progressif vise à lisser la transition.

Il est essentiel de comprendre que l'âge légal est un plancher, pas un objectif. Atteindre l'âge légal ne signifie pas que vous partirez avec une pension optimale. Tout dépend du nombre de trimestres validés à cette date. C'est la distinction entre âge légal et taux plein que nous détaillerons plus loin.

Calendrier par génération

Le tableau ci-dessous synthétise les paramètres applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 (calendrier post-LFSS 2026) : l'âge légal de départ et la durée de cotisation requise pour le taux plein.

GénérationÂge légal de départTrimestres requis (taux plein)
Avant le 1er sept. 196162 ans168
Sept. 1961 -- Déc. 196162 ans et 3 mois169
196262 ans et 6 mois169
196362 ans et 9 mois170
196462 ans et 9 mois170
1965 (janv. -- mars)62 ans et 9 mois170
1965 (avril -- déc.)63 ans171
196663 ans et 3 mois172
196763 ans et 6 mois172
196863 ans et 9 mois172
1969 et après64 ans172

Lecture du tableau : si vous êtes né en 1966 et que votre pension prend effet à compter du 1er septembre 2026, votre âge légal est de 63 ans et 3 mois, et il vous faudra justifier de 172 trimestres pour bénéficier du taux plein. Si vous êtes né en 1969 ou après, l'âge légal est fixé à 64 ans avec 172 trimestres requis. Cas particulier de la génération 1965 : les assurés nés entre janvier et mars conservent 62 ans et 9 mois et 170 trimestres (alignés sur 1964), tandis que les assurés nés d'avril à décembre passent à 63 ans et 171 trimestres.

La durée de cotisation à 172 trimestres reprend l'objectif initial de la loi Touraine de 2014, que la réforme de 2023 avait accéléré. Avec la suspension LFSS 2026, la cible des 172 trimestres est désormais atteinte à partir de la génération 1966 (au lieu de 1965 dans le calendrier initial de la réforme 2023). Pour les pensions prenant effet avant le 1er septembre 2026, c'est le barème initial de la réforme 2023 qui reste applicable (1964 : 63 ans et 171 trimestres ; 1965 : 63 ans et 3 mois et 172 trimestres).

Les exceptions à 64 ans

L'âge légal de 64 ans n'est pas une règle absolue. Plusieurs dispositifs dérogatoires permettent un départ anticipé, sous conditions strictes.

Carrière longue

Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue a été refondu par la réforme de 2023. Il s'adresse aux assurés ayant commencé à travailler tôt et justifiant d'une durée d'assurance cotisée longue.

Quatre bornes d'âge ont été instaurées :

  • Début d'activité avant 16 ans : départ possible dès 58 ans.
  • Début d'activité avant 18 ans : départ possible dès 60 ans.
  • Début d'activité avant 20 ans : départ possible dès 62 ans.
  • Début d'activité avant 21 ans : départ possible dès 63 ans.

Pour bénéficier de ces bornes, l'assuré doit justifier d'un certain nombre de trimestres cotisés (et non simplement validés). Les trimestres assimilés sont pris en compte au titre des trimestres réputés cotisés, avec un plafond de 4 trimestres par catégorie (chômage indemnisé, AT/MP, maladie/maternité/invalidité, AVPF), ces plafonds pouvant se cumuler. Le début d'activité est attesté par la validation d'au moins 4 ou 5 trimestres (selon les cas) avant la fin de l'année civile du 16e, 18e, 20e ou 21e anniversaire.

Handicap

Les travailleurs handicapés justifiant d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % pendant l'ensemble de leur durée d'assurance requise peuvent partir dès 55 ans, sous réserve de remplir les conditions de durée d'assurance cotisée et totale. Ce dispositif, prévu à l'article L351-1-3 du Code de la Sécurité sociale, n'a pas été modifié par la réforme de 2023.

Pénibilité (Compte professionnel de prévention -- C2P)

Le Compte professionnel de prévention (C2P) permet aux salariés exposés à certains facteurs de risques professionnels (travail de nuit, travail en équipes successives alternantes, bruit, températures extrêmes, travail répétitif, travail hyperbare) d'accumuler des points. Ces points peuvent être convertis en trimestres de majoration de durée d'assurance, permettant un départ anticipé jusqu'à 2 ans avant l'âge légal.

La réforme de 2023 a amélioré le C2P : les seuils d'acquisition des points ont été abaissés et le plafond global des 100 points a été supprimé pour faciliter l'usage des points en fin de carrière. La conversion reste de 10 points = 1 trimestre de majoration de durée d'assurance, dans la limite de 8 trimestres utilisables pour un départ anticipé.

Inaptitude et invalidité

Les assurés reconnus inaptes au travail (taux d'incapacité permanente d'au moins 50 %) ou les titulaires d'une pension d'invalidité peuvent partir à 62 ans, soit 2 ans avant l'âge légal de droit commun pour les générations 1969 et suivantes. Ils bénéficient en outre automatiquement du taux plein, quelle que soit leur durée d'assurance.

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Âge du taux plein automatique : 67 ans

L'âge du taux plein automatique est le paramètre le plus stable du système. Fixé à 67 ans depuis la réforme de 2010, il n'a pas été modifié par la loi de 2023.

Concrètement : tout assuré qui atteint 67 ans obtient le taux plein de 50 % (régime général) pour le calcul de sa pension, quel que soit le nombre de trimestres validés. C'est un filet de sécurité pour les assurés aux carrières incomplètes, heurtées ou tardives.

Ce mécanisme est particulièrement important pour les personnes qui ont commencé à travailler tard (études longues, arrivée tardive sur le marché du travail français, périodes d'inactivité non validées). Si vous atteignez 67 ans sans avoir les 172 trimestres requis, votre pension sera calculée au taux plein, mais le montant restera proportionnel à votre durée d'assurance (proratisation).

Attention : taux plein automatique à 67 ans ne signifie pas pension complète. Si vous n'avez que 140 trimestres sur 172 requis, votre pension sera calculée au taux plein (pas de décote), mais proratisée à 140/172e de la pension théorique complète.

Impact sur la décote

La décote est le mécanisme de pénalité qui s'applique lorsqu'un assuré part à la retraite avant d'avoir atteint le taux plein, c'est-à-dire avant de réunir le nombre de trimestres requis pour sa génération et avant 67 ans.

Le taux de décote : 1,25 % par trimestre manquant, soit 0,625 point de taux en moins par trimestre. Le taux plein de 50 % est réduit d'autant.

Le plafond : la décote est limitée à 20 trimestres manquants maximum, soit une pénalité maximale de 25 %. Un assuré avec 20 trimestres manquants (ou plus) verra son taux de liquidation ramené à 37,5 % au lieu de 50 %.

Calcul du nombre de trimestres manquants : on retient le plus petit des deux écarts suivants :

  1. Le nombre de trimestres entre votre âge de départ et 67 ans (âge du taux plein automatique).
  2. Le nombre de trimestres entre vos trimestres validés et le nombre de trimestres requis pour votre génération.

Exemple concret : un assuré né en 1969 part à 64 ans avec 160 trimestres validés (172 requis). Écart avec le taux plein par durée : 172 - 160 = 12 trimestres. Écart avec 67 ans : (67 - 64) x 4 = 12 trimestres. Le plus petit écart est 12. La décote est de 12 × 1,25 % = 15 %. Le taux de liquidation passe de 50 % à 42,5 %.

L'impact financier est durable : la décote s'applique de manière définitive sur votre pension. Elle n'est pas recalculée après quelques années. Partir avec une décote de 15 % signifie percevoir 15 % de moins chaque mois, pendant toute la durée de votre retraite. Sur 20 ou 25 ans de retraite, le manque à gagner cumulé est considérable.

Impact sur la surcote

À l'inverse de la décote, la surcote récompense les assurés qui continuent à travailler au-delà de l'âge légal et au-delà du nombre de trimestres requis pour le taux plein.

Le taux de surcote : 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé au-delà du taux plein. Il n'y a pas de plafond : chaque trimestre supplémentaire ajoute 1,25 % au taux de liquidation.

Conditions : pour que les trimestres supplémentaires génèrent une surcote, il faut que l'assuré ait atteint l'âge légal de départ et réunisse le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Les trimestres cotisés avant l'âge légal ou avant l'obtention du taux plein ne génèrent pas de surcote.

Exemple : un assuré né en 1969 a 172 trimestres à 64 ans (taux plein atteint). Il décide de travailler jusqu'à 66 ans, soit 8 trimestres supplémentaires. Sa surcote est de 8 × 1,25 % = 10 %. Son taux de liquidation passe de 50 % à 55 %.

La surcote parentale

La réforme du 14 avril 2023 (article L. 351-1-2-1 du Code de la Sécurité sociale), complétée par son décret d'application, a introduit une surcote parentale spécifique pour les parents, applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2023. Les assurés ayant bénéficié d'une majoration de durée d'assurance pour enfant (ou d'une majoration pour congé parental ou proche aidant) et réunissant les conditions du taux plein à 63 ans bénéficient d'une surcote de 1,25 % par trimestre cotisé entre 63 ans et leur âge légal de départ, dans la limite de 4 trimestres (soit 5 % maximum). Ce mécanisme vise à compenser le relèvement de l'âge légal pour les parents qui, avant la réforme, auraient pu partir à 62 ans avec le taux plein.

Cette surcote parentale se cumule avec la surcote classique. Un parent qui continue de travailler au-delà de son âge légal peut donc bénéficier des deux majorations.

C'est l'une des confusions les plus fréquentes en matière de retraite, et l'une des plus coûteuses.

L'âge légal est le moment où vous avez le droit de partir. Le taux plein est la condition pour partir sans pénalité. Ces deux notions sont indépendantes.

Trois scénarios illustrent cette distinction :

  1. Vous avez l'âge légal mais pas le taux plein. Vous pouvez partir, mais avec une décote. Votre pension sera définitivement réduite. C'est le cas le plus fréquent et le plus pénalisant.

  2. Vous avez le taux plein mais pas l'âge légal. En principe, vous ne pouvez pas partir (sauf si vous relevez d'un dispositif dérogatoire comme la carrière longue). Avoir cotisé suffisamment ne suffit pas : il faut aussi avoir l'âge.

  3. Vous avez les deux. C'est la situation optimale : vous pouvez partir avec une pension calculée au taux plein. Si vous continuez au-delà, vous accumulez de la surcote.

En pratique : la génération 1969 doit réunir 172 trimestres et avoir 64 ans (calendrier post-LFSS 2026). Un assuré né en 1969 qui a 172 trimestres à 63 ans ne peut pas partir : il lui manque l'âge légal. À l'inverse, un assuré né en 1969 qui atteint 64 ans avec seulement 160 trimestres peut partir, mais avec une décote de 15 %.

Cette distinction rend l'analyse individuelle indispensable. Seule une vérification précise de votre relevé de carrière permet de déterminer votre situation réelle.

Que vérifier sur votre relevé de carrière

Votre relevé de carrière est le document central pour évaluer votre situation au regard de ces règles. Voici les points à contrôler en priorité.

Nombre de trimestres validés

Comparez le nombre total de trimestres figurant sur votre relevé avec le nombre requis pour votre génération (voir le tableau ci-dessus). Si vous êtes né en 1969 et que votre relevé affiche 155 trimestres validés, il vous manque 17 trimestres pour le taux plein. À 64 ans, cela représente une décote de 15 % (le calcul retient le plus petit écart entre les trimestres manquants et la distance à 67 ans, soit ici 12 trimestres, d'où 15 % et non 21,25 %).

Trimestres cotisés vs trimestres validés

Tous les trimestres ne se valent pas. Les trimestres cotisés (issus d'une activité professionnelle avec versement de cotisations) et les trimestres assimilés (chômage, maladie, maternité, service militaire) sont tous « validés » pour le taux plein. Mais seuls les trimestres cotisés comptent pour la carrière longue et pour la surcote. Vérifiez cette répartition sur votre relevé.

Cohérence des périodes déclarées

Les erreurs sur le relevé de carrière sont plus fréquentes qu'on ne le pense. Périodes d'emploi manquantes, trimestres de service militaire non reportés, périodes de chômage mal comptabilisées : chaque trimestre manquant ou erroné a un impact direct sur le calcul de la décote ou sur l'éligibilité à un départ anticipé.

Projection à l'âge légal

Votre relevé affiche votre situation à ce jour. Mais ce qui compte, c'est votre situation projetée à votre âge légal de départ. Si vous avez 58 ans et 148 trimestres, vous devez estimer combien de trimestres vous aurez à 64 ans. Cette projection dépend de votre situation professionnelle future : maintien en emploi, temps partiel, chômage, cessation d'activité. Un audit permet de simuler ces différents scénarios et d'identifier la stratégie optimale.

Droits multi-régimes

Si vous avez cotisé auprès de plusieurs régimes (régime général, MSA, régime des indépendants, Agirc-Arrco, fonction publique), vérifiez que tous vos trimestres apparaissent sur le relevé inter-régimes. Les oublis entre régimes sont une source fréquente d'erreurs.

Multi-régimes : la durée d'assurance tous régimes confondus

Un point souvent méconnu : la durée d'assurance requise pour le taux plein s'apprécie tous régimes confondus (article L351-1 du Code de la Sécurité sociale). Si vous avez cotisé auprès de plusieurs régimes -- régime général, MSA, régime des indépendants, fonction publique -- vos trimestres se cumulent pour atteindre le seuil requis.

Concrètement : un assuré né en 1969 qui a cotisé 100 trimestres au régime général et 72 trimestres à la MSA totalise 172 trimestres tous régimes. Il remplit la condition du taux plein, même s'il n'a pas 172 trimestres dans un seul régime. Chaque régime liquide ensuite sa part de pension en fonction des droits acquis auprès de lui.

Ce qu'il faut vérifier : assurez-vous que votre relevé inter-régimes (disponible sur info-retraite.fr) comptabilise correctement l'ensemble de vos trimestres. Les oublis entre régimes sont fréquents, notamment lors de changements de statut (passage de salarié à indépendant, détachement à l'étranger, périodes de fonctionnaire). Un trimestre oublié dans un régime peut faire basculer votre situation du côté de la décote.

Faites vérifier votre situation

L'âge légal de 64 ans est désormais programmé pour les générations 1969 et suivantes (calendrier post-LFSS 2026). Mais ce chiffre, aussi médiatisé soit-il, n'est qu'un des paramètres de votre départ. Le nombre de trimestres, l'éligibilité aux dispositifs dérogatoires, le risque de décote ou l'opportunité de surcote dépendent entièrement de votre parcours individuel.

Un relevé de carrière peut contenir des erreurs. Une projection peut révéler des opportunités de rachat de trimestres ou de régularisation qui changent radicalement la date et le montant de votre départ.

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