Retraite auto-entrepreneur 2026 : guide
Les auto-entrepreneurs cotisent au régime général via le SSI, avec des cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires. Attention aux trimestres non validés si le CA est trop faible.

Sur cette page
- La simplicité du statut, le piège de la retraite
- Micro-entreprise et cotisations retraite : comment ça marche
- 64 ans, départ anticipé, pénibilité : ce qui s'applique aux auto-entrepreneurs
- Seuils de CA, abattements et montant de la pension en micro-entreprise
- Les erreurs qui plombent le relevé de carrière des micro-entrepreneurs
- Questions fréquentes
- Auto-entrepreneurs : les trimestres perdus ne se récupèrent pas seuls
La simplicité du statut, le piège de la retraite
Le régime de la micro-entreprise (auto-entrepreneur) séduit par sa simplicité : un pourcentage du chiffre d'affaires prélevé chaque mois ou chaque trimestre, et l'ensemble des cotisations sociales est payé en une seule fois. Mais cette simplicité a un prix en matière de retraite. Les auto-entrepreneurs construisent souvent des droits à la retraite très inférieurs à ce qu'ils imaginent, en raison de seuils de validation de trimestres spécifiques et de cotisations proportionnelles parfois insuffisantes.
Depuis la suppression du RSI en 2020, les auto-entrepreneurs relèvent du régime général de la Sécurité sociale, au sein de la branche SSI (Sécurité Sociale des Indépendants). Comprendre les règles qui s'appliquent à votre situation est essentiel pour éviter de mauvaises surprises au moment de la liquidation.
Le statut de micro-entrepreneur est par nature transitoire pour beaucoup de travailleurs : activité complémentaire à un emploi salarié, phase de lancement avant un passage en société, ou activité à temps partiel. Cette diversité de situations rend la question retraite encore plus complexe, car les droits accumulés dépendent entièrement du chiffre d'affaires déclaré, sans filet de sécurité.
Micro-entreprise et cotisations retraite : comment ça marche
Régime de base : la CNAV via le SSI
Les auto-entrepreneurs sont rattachés à la CNAV par l'intermédiaire du SSI. Leurs cotisations retraite sont incluses dans le prélèvement forfaitaire unique appliqué sur le chiffre d'affaires. Les taux 2026 varient selon la nature de l'activité :
- Vente de marchandises (BIC) : 12,3 % du CA
- Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : 21,2 % du CA
- Professions libérales BNC hors CIPAV : 25,6 % du CA (relevé progressivement depuis juillet 2024 par la LFSS 2024, contre 21,1 % auparavant, pour réaligner les cotisations retraite sur le droit commun)
- Professions libérales BNC CIPAV : 23,2 % du CA
Sur ce prélèvement global, seule une fraction est affectée à la retraite de base et à la complémentaire. Le reste couvre la maladie, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la formation professionnelle. La répartition exacte n'est pas communiquée précisément par l'URSSAF, mais la fraction retraite des micro-BNC est précisément ce que la LFSS 2024 a relevé, afin d'aligner les droits retraite des libéraux micro sur ceux des indépendants au réel.
Régime complémentaire : RCI ou CIPAV selon votre profil
Les auto-entrepreneurs relevant du SSI cotisent à la RCI (Retraite Complémentaire des Indépendants) pour la complémentaire. Ceux relevant de la CIPAV (certaines professions libérales inscrites avant 2019) cotisent au régime complémentaire de la CIPAV.
Le système est par points. Le nombre de points acquis chaque année dépend directement du chiffre d'affaires déclaré. Un CA faible signifie peu de points, et donc une pension complémentaire très réduite. À titre indicatif, un auto-entrepreneur en prestations de services BIC déclarant 25 000 euros de CA annuel acquiert en moyenne entre 15 et 25 points RCI par an, soit une pension complémentaire de quelques dizaines d'euros par mois après 20 ans d'activité.
64 ans, départ anticipé, pénibilité : ce qui s'applique aux auto-entrepreneurs
Âge légal
L'âge légal de départ est identique à celui du régime général. Avec la LFSS 2026 qui a décalé d'une génération le calendrier de la réforme 2023, l'âge de 64 ans ne concerne désormais que les personnes nées à partir de 1969 (pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026). La génération 1968 part à 63 ans et 9 mois. Les générations antérieures bénéficient d'un gain de 3 mois par rapport au calendrier initial.
Pas d'accès au C2P
Les auto-entrepreneurs n'ont pas accès au Compte Professionnel de Prévention (C2P), réservé aux salariés. Même si votre activité est physiquement pénible (artisan, livreur, photographe de terrain), le statut de micro-entrepreneur ne permet pas d'accumuler des droits au titre de la pénibilité. C'est un angle mort du statut que beaucoup découvrent trop tard.
Départ anticipé pour carrière longue
Si vous avez commencé à travailler tôt et que vous avez cotisé un nombre suffisant de trimestres (tous régimes confondus), le départ anticipé pour carrière longue est possible. Les trimestres validés en tant qu'auto-entrepreneur comptent dans le total, à condition qu'ils soient effectivement validés (voir les seuils ci-dessous). Attention : les années où votre CA est resté sous les seuils de validation ne génèrent aucun trimestre et créent des trous dans votre historique, ce qui peut compromettre l'éligibilité au départ anticipé.
Votre chiffre d'affaires a-t-il vraiment validé vos trimestres ?
Sous les seuils de CA, un trimestre n'est pas validé, et les années mixtes salariat + micro-entreprise sont mal consolidées. L'audit gratuit fait le point en 30 secondes.
Seuils de CA, abattements et montant de la pension en micro-entreprise
Validation des trimestres : les seuils critiques
C'est le point central de la retraite des auto-entrepreneurs. Pour valider des trimestres, il faut atteindre un chiffre d'affaires minimum. Ces seuils sont fixés chaque année et varient selon l'activité.
Pour 2026, les seuils de validation d'un trimestre sont :
- Vente de marchandises (BIC) : 6 217 € de CA pour 1 trimestre (24 868 € pour 4 trimestres)
- Prestations de services BIC : 3 606 € de CA pour 1 trimestre (14 424 € pour 4 trimestres)
- Professions libérales BNC hors CIPAV : 2 732 € de CA pour 1 trimestre (10 928 € pour 4 trimestres)
- Professions libérales BNC CIPAV : 2 792 € de CA pour 1 trimestre (11 168 € pour 4 trimestres)
Pour valider 4 trimestres (le maximum annuel), il faut multiplier ces seuils par quatre. Cela signifie qu'un auto-entrepreneur en prestation de services BIC doit déclarer au minimum 14 424 € de CA par an en 2026 pour valider ses 4 trimestres, et environ 10 928 € en BNC hors CIPAV.
En dessous de ces seuils, des trimestres ne sont tout simplement pas validés. C'est la première cause de lacunes sur le relevé de carrière des auto-entrepreneurs.
Pension de base : l'effet de l'abattement forfaitaire
La pension de base se calcule selon la formule du régime général :
Pension annuelle = Revenu annuel moyen x Taux x (Durée d'assurance / Durée de référence)
Pour les auto-entrepreneurs, le revenu pris en compte est le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC). Ce revenu abattu est intégré dans le calcul des 25 meilleures années.
En pratique, les revenus retenus sont souvent très faibles, ce qui tire le SAM (salaire annuel moyen) vers le bas. Un auto-entrepreneur en prestation de services BNC déclarant 30 000 euros de CA annuel ne verra retenu qu'environ 19 800 euros comme revenu de référence. À titre de comparaison, un salarié au même niveau de revenus nets verrait un montant nettement supérieur intégré dans ses 25 meilleures années.
Pension complémentaire RCI : des montants souvent dérisoires
Pension RCI annuelle = Nombre de points x Valeur du point
Le nombre de points acquis est directement proportionnel au CA. Avec un CA modeste, le cumul de points sur une carrière complète peut rester très faible. Il n'est pas rare qu'un auto-entrepreneur ayant exercé 15 ans à temps partiel ne perçoive que 30 à 50 euros par mois de complémentaire RCI.
Les erreurs qui plombent le relevé de carrière des micro-entrepreneurs
Trimestres non validés sans que l'assuré le sache
La première anomalie, et la plus courante, n'est pas une erreur de la caisse mais une méconnaissance du mécanisme. Beaucoup d'auto-entrepreneurs découvrent au moment de la liquidation qu'ils n'ont validé que 1 ou 2 trimestres certaines années, voire aucun. Le relevé est techniquement correct, mais l'assuré n'avait pas conscience des seuils. Un freelance en graphisme déclarant 8 000 euros de CA en BNC valide 2 trimestres, pas 4 : cumulé sur 10 ans, cela représente 20 trimestres manquants.
Périodes de cumul salarié / auto-entrepreneur
Quand un auto-entrepreneur exerce simultanément une activité salariée, les trimestres validés au titre de chaque activité ne se cumulent pas : on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an, tous régimes confondus. En revanche, les cotisations génèrent des points dans chaque régime complémentaire. Vérifiez que les deux régimes enregistrent bien vos périodes respectives. Cette situation est particulièrement fréquente chez les salariés qui lancent une micro-entreprise en parallèle.
Affiliation CIPAV vs CNAV : une bascule à vérifier
Depuis le 1er janvier 2018, les nouveaux auto-entrepreneurs en profession libérale non réglementée sont affiliés au régime général (CNAV + RCI), et plus à la CIPAV. Les micro-entrepreneurs déjà affiliés à la CIPAV au 31 décembre 2017 ont bénéficié d'un droit d'option, clos définitivement le 31 décembre 2023, pour basculer au régime général. Au-delà, le choix est figé. Cette bascule a pu générer des pertes de droits si la procédure n'a pas été correctement suivie. Vérifiez que vos points CIPAV antérieurs sont bien conservés et que le transfert a été enregistré dans les deux régimes.
Années à CA nul : l'activité en sommeil qui coûte cher
Si vous n'avez déclaré aucun chiffre d'affaires pendant une ou plusieurs années (activité en sommeil), aucun trimestre n'est validé et aucun point n'est acquis. Ces années apparaissent comme des trous complets sur le relevé. Beaucoup d'auto-entrepreneurs gardent leur statut actif "au cas où" sans réaliser que chaque année sans CA est une année blanche pour la retraite.
Erreur d'affectation des cotisations
Le prélèvement forfaitaire unique est réparti entre plusieurs branches (maladie, retraite, allocations familiales). Des erreurs d'affectation ont été signalées, notamment lors des premières années du régime et lors de la transition RSI vers SSI en 2020. Vérifiez que le montant affecté à la retraite sur votre relevé est cohérent avec votre CA déclaré et les taux en vigueur l'année concernée.
Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur peut-il racheter des trimestres manquants ?
Oui, le rachat de trimestres est possible sous le régime général pour les auto-entrepreneurs, dans la limite de 12 trimestres. Deux options existent : le rachat au titre du taux seul, ou au titre du taux et de la durée d'assurance. Le coût varie selon votre âge au moment du rachat, vos revenus et l'option choisie. Pour un auto-entrepreneur de 55 ans avec des revenus modestes, le rachat d'un trimestre peut coûter entre 1 000 et 4 000 euros. Il est pertinent de faire le calcul avant 60 ans, car le coût augmente avec l'âge. Faites analyser votre relevé pour savoir si le rachat est rentable dans votre cas précis.
Que se passe-t-il si je passe de micro-entreprise à EURL ou SASU en cours de carrière ?
Le changement de statut juridique n'efface pas vos droits acquis en micro-entreprise. Les trimestres validés et les points accumulés restent inscrits à votre compte. Si vous passez en SASU, vous basculez vers le régime général des salariés (avec des cotisations plus élevées mais une meilleure couverture retraite). En EURL à l'IS, vous restez au SSI mais avec un calcul de cotisations différent, basé sur la rémunération du gérant et non sur le CA. L'essentiel est de vérifier que la transition est bien enregistrée et que vos droits antérieurs en micro-entreprise n'ont pas été perdus lors du changement.
Mon CA est faible certaines années : vaut-il mieux déclarer plus ou fermer la micro-entreprise ?
Ne gonflez jamais vos déclarations, c'est illégal. Mais la question est légitime : si votre CA ne permet pas de valider au moins un trimestre, cette année est blanche pour la retraite. Deux pistes légales existent. D'abord, regrouper vos facturations : si vous facturez en fin d'année, reporter une facture au début de l'année suivante (si le client l'accepte) peut aider à équilibrer les seuils. Ensuite, si votre activité est durablement sous les seuils, il peut être plus avantageux de fermer la micro-entreprise et de cotiser via un autre statut (salariat, portage salarial) qui garantit la validation des trimestres.
Auto-entrepreneurs : les trimestres perdus ne se récupèrent pas seuls
Le régime de la micro-entreprise est simple à gérer au quotidien, mais la pension qu'il génère est souvent très en dessous des attentes. Entre les seuils de CA non atteints, les années en sommeil et les erreurs de bascule CIPAV/CNAV, les auto-entrepreneurs sont parmi les profils qui présentent le plus d'anomalies sur leur relevé de carrière. Chaque année sans vérification est une année où un écart peut passer inaperçu. Faites analyser votre relevé sur carriva.fr/audit pour repérer les trimestres manquants, évaluer l'intérêt d'un rachat et anticiper le montant réel de votre future pension. Et pour resituer la micro-entreprise dans une trajectoire d'indépendant plus large (bascules de statut, cumul, dernières années), lisez notre guide retraite des dirigeants TNS.
Avant de liquider vos droits
Votre relevé de carrière d'auto-entrepreneur contient peut-être des erreurs
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- Trimestres non validés sous les seuils de chiffre d'affaires
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