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Retraite expert-comptable 2026 : guide

Les experts-comptables libéraux relèvent de la CNAVPL pour la base et de la CAVEC pour la complémentaire. Régime par points, cotisations élevées, rachat et cumul emploi-retraite : les règles à connaître.

CNAVPL (base) + CAVEC (complémentaire)64 ans (nés à partir de 1969, calendrier LFSS 2026)6 min de lecture
Retraite expert-comptable 2026 : guide
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Pourquoi la retraite des experts-comptables est un cas particulier

L'expert-comptable exerce une profession libérale réglementée, inscrite au Tableau de l'Ordre des experts-comptables. En matière de retraite, cette profession se distingue par un système à deux étages propre aux professions libérales : le régime de base de la CNAVPL (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales) et le régime complémentaire de la CAVEC (Caisse d'Assurance Vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes).

Plusieurs éléments rendent ce dossier singulier. Le système de classes de cotisation CAVEC (passé de 8 à 9 classes au 1er janvier 2026 avec la création de la classe I pour les revenus supérieurs à 181 208 €) offre une marge d'optimisation que l'on ne retrouve pas dans les régimes de salariés. Les cotisations peuvent dépasser 20 000 euros par an en classe la plus élevée, mais elles ouvrent des droits complémentaires substantiels. Par ailleurs, la profession combine fréquemment deux statuts : beaucoup d'experts-comptables ont débuté comme salariés en cabinet avant de s'installer en libéral, ce qui crée un parcours multi-régimes. Enfin, les commissaires aux comptes relèvent de la même caisse, ce qui ajoute une complexité supplémentaire pour ceux qui exercent les deux mandats.

La CAVEC et le double régime des experts-comptables

Régime de base : la CNAVPL, socle commun des libéraux

La CNAVPL gère le régime de base de toutes les professions libérales réglementées. Le régime fonctionne par points. Chaque année, les cotisations versées sont converties en points de retraite.

La cotisation de base est proportionnelle aux revenus professionnels, avec deux tranches :

  • Tranche 1 : 8,73 % sur les revenus jusqu'à 48 060 euros (PASS 2026)
  • Tranche 2 : 1,87 % sur les revenus entre 0 et 5 fois le PASS

Un minimum de cotisation est exigé, même en l'absence de revenus. Ce minimum permet de valider des trimestres de retraite.

Régime complémentaire : la CAVEC et ses classes de cotisation

La CAVEC est la section professionnelle des experts-comptables et des commissaires aux comptes. Elle gère le régime complémentaire obligatoire, également par points.

La cotisation CAVEC est organisée en neuf classes depuis le 1er janvier 2026 (A à I, contre 8 classes A à H jusqu'en 2025). La classe I, créée en 2026 pour les revenus supérieurs à 181 208 €, s'inscrit dans la réforme de l'assiette sociale des indépendants. La classe est déterminée par le revenu professionnel, mais l'expert-comptable peut opter pour une classe supérieure à celle correspondant à son revenu, afin d'acquérir davantage de points. Ce mécanisme d'option volontaire est un levier d'optimisation majeur propre à cette caisse.

Les cotisations CAVEC sont significativement plus élevées que dans d'autres sections de la CNAVPL. En classe la plus élevée, la cotisation annuelle dépasse 20 000 euros, mais elle génère un nombre de points proportionnel. Le choix de classe doit être évalué chaque année en fonction de l'évolution des revenus du cabinet et de la stratégie patrimoniale globale.

PER individuel : troisième pilier facultatif

Les contrats Madelin historiques sont fermés à la souscription depuis le 1er octobre 2020 (loi Pacte du 22 mai 2019, articles L. 224-1 et suivants du Code monétaire et financier). Les experts-comptables qui souhaitent compléter leur retraite souscrivent désormais un PER individuel (PERI), qui a remplacé le Madelin pour les travailleurs non salariés. Les versements restent déductibles du revenu professionnel dans certaines limites fiscales. Les anciens contrats Madelin continuent toutefois à produire leurs effets pour ceux qui les avaient ouverts avant la date de fermeture. La CAVEC propose par ailleurs des options de classe supérieure permettant d'acquérir davantage de points complémentaires sans quitter le régime obligatoire.

Cas du double statut salarié et libéral

Un nombre important d'experts-comptables exercent simultanément comme salariés (directeur technique en cabinet, enseignant vacataire) et comme libéraux. Dans ce cas, ils cotisent à la fois au régime général (Agirc-Arrco) et au régime libéral (CNAVPL + CAVEC). La pension finale est la somme des droits acquis dans chaque régime, mais la coordination entre caisses est une source fréquente d'erreurs, notamment sur le décompte des trimestres.

Âge de départ et cumul emploi-retraite pour les experts-comptables

Âge légal et taux plein

L'âge légal de départ monte progressivement à 64 ans à la suite de la réforme 2023. La LFSS 2026, promulguée le 30 décembre 2025, a décalé d'une génération ce calendrier : les 64 ans ne concernent désormais que les personnes nées à partir de 1969 (pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026). La génération 1968 part à 63 ans et 9 mois, et les générations 1964 à 1968 gagnent 3 mois par rapport au calendrier initial de 2023. Les professions libérales sont soumises aux mêmes règles que les autres assurés.

Le taux plein est obtenu soit à l'âge légal avec le nombre de trimestres requis (entre 169 et 172 selon la génération), soit automatiquement à 67 ans. Pour la CNAVPL, la notion de taux plein est liée au nombre de trimestres tous régimes confondus, ce qui avantage les experts-comptables ayant une carrière mixte salariat/libéral.

Décote et surcote : impact sur la CAVEC

Une décote s'applique si vous partez avant d'avoir le taux plein. Pour le régime de base CNAVPL, la décote est de 1,25 % par trimestre manquant. Pour la CAVEC, la décote est calculée selon ses propres règles statutaires, avec un coefficient de minoration spécifique.

À l'inverse, la surcote du régime de base CNAVPL est de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé au-delà du taux plein, alignée sur le régime général. La CAVEC prévoit également une surcote statutaire pour la retraite complémentaire, alignée sur le régime de base depuis la réforme 2023 : 1,25 % par trimestre entier travaillé au-delà de l'âge du taux plein complémentaire (65 ans, majoration à partir de 65 ans et 3 mois), dans la limite de 25 % de la pension CAVEC. Ce taux, de 0,75 % jusqu'au 30 septembre 2025, est passé à 1,25 % depuis le 1er octobre 2025.

Poursuivre l'activité après la liquidation

Le cumul emploi-retraite est particulièrement adapté à la profession d'expert-comptable. Depuis le 1er janvier 2009 (loi de financement de la sécurité sociale pour 2009), le cumul intégral (sans plafond de revenus) est possible dès lors que la retraite a été liquidée au taux plein. Les cotisations versées pendant le cumul génèrent désormais de nouveaux droits à retraite (seconde liquidation), ce qui n'était pas le cas avant 2023. Cette règle s'applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2023.

De nombreux experts-comptables poursuivent leur activité à temps partiel après la liquidation, conservant quelques clients, assurant des missions de conseil ou de commissariat aux comptes. Ce schéma est fréquent dans la profession, où l'expertise accumulée reste très valorisée. Le maintien d'un mandat de commissaire aux comptes en cours au moment de la liquidation ne pose pas d'incompatibilité avec le cumul emploi-retraite.

Stage salarié puis CAVEC : la transition où les trimestres se perdent

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Comment se calcule la pension d'un expert-comptable

Pension de base CNAVPL : un socle modeste

Pension annuelle = Nombre de points x Valeur du point x Coefficient de proratisation

La valeur de service du point CNAVPL est de 0,6599 € au 1er janvier 2026 (contre 0,6399 € en 2024). Le coefficient de proratisation dépend de la durée de cotisation au régime de base (nombre de trimestres validés / nombre requis pour le taux plein).

Un expert-comptable ayant cotisé pendant 40 ans au régime de base accumule un nombre de points relativement modeste. La pension de base CNAVPL dépasse rarement 12 000 euros par an. Ce montant confirme que le véritable enjeu financier se situe du côté de la complémentaire CAVEC.

Pension complémentaire CAVEC : le coeur de la retraite

Pension annuelle = Nombre de points CAVEC x Valeur du point CAVEC

La valeur de service du point CAVEC est de 1,3850 € en 2026 (1,3710 € en 2025). C'est la complémentaire qui constitue l'essentiel de la pension. Un professionnel ayant cotisé dans les classes les plus hautes pendant 25 ans peut accumuler un capital de points générant une pension complémentaire de 25 000 à 40 000 euros par an.

Le choix de la classe de cotisation est donc le principal levier d'optimisation. Opter pour une classe supérieure pendant les années de revenus élevés permet d'augmenter significativement la pension future. À l'inverse, un expert-comptable resté en classe basse toute sa carrière aura une complémentaire nettement inférieure à ses attentes, même avec des revenus d'activité confortables.

Rachat de trimestres et de points : un enjeu pour les longues études

Le rachat de trimestres est possible auprès de la CNAVPL (rachat Fillon) pour les années d'études supérieures ou les années incomplètes. Ce rachat est souvent pertinent pour les experts-comptables qui ont fait de longues études (bac +8 pour le DEC), car les années de stage et de préparation du diplôme ne génèrent pas ou peu de trimestres.

La CAVEC permet également le rachat de points complémentaires sous certaines conditions. Le coût du rachat dépend de l'âge au moment de la demande et de la classe souhaitée. Il est recommandé de faire ce calcul avant 55 ans, car le coût augmente rapidement avec l'âge.

Les erreurs courantes sur le relevé de carrière d'un expert-comptable

Premières années d'installation en libéral

Les experts-comptables s'installent souvent en libéral après plusieurs années de salariat en cabinet. Les premières années d'installation génèrent des revenus faibles, et donc des cotisations minimales. Ces années produisent peu de points et parfois des trimestres non validés. Vérifiez que les cotisations minimales ont bien été versées et que les trimestres correspondants sont bien enregistrés.

Transition salariat vers libéral : la période à risque

La transition du salariat (régime général Agirc-Arrco) vers le libéral (CNAVPL + CAVEC) est une période à risque. L'année de basculement peut entraîner un double prélèvement partiel ou, au contraire, un trou de cotisation. Vérifiez que le régime général a bien enregistré tous vos trimestres de salarié et que la CNAVPL a débuté l'enregistrement dès votre affiliation. Pour les experts-comptables ayant exercé comme salarié en cabinet Big Four ou en réseau, les relevés Agirc-Arrco sont parfois incomplets du fait de changements d'entités juridiques au sein d'un même groupe.

Erreurs d'affectation de classe CAVEC

Si vous avez changé de classe de cotisation au cours de votre carrière, vérifiez que le nombre de points attribué chaque année correspond bien à la classe dans laquelle vous avez effectivement cotisé. Des erreurs d'affectation de classe ont été signalées, en particulier lors des années où l'option pour une classe supérieure a été exercée. Un écart d'une seule classe sur cinq ans peut représenter plusieurs milliers d'euros de pension annuelle en moins.

Cotisations impayées ou en retard

Les experts-comptables en difficulté financière (perte d'un client important, restructuration du cabinet) peuvent avoir des retards de cotisation. Les cotisations non régularisées ne génèrent pas de droits. Vérifiez que toutes les années sont à jour. La CAVEC propose des échéanciers en cas de difficultés, mais les points ne sont crédités qu'après régularisation complète.

Commissaires aux comptes et double affiliation CAVEC

Les commissaires aux comptes cotisent également à la CAVEC. Si vous exercez les deux mandats (expertise comptable et commissariat), vérifiez que les cotisations des deux activités sont bien prises en compte et qu'il n'y a pas de doublon ou d'omission. La réforme de l'audit légal et la suppression du commissariat aux comptes obligatoire pour les petites entités ont pu entraîner des variations de revenus à intégrer dans la vérification.

Questions fréquentes sur la retraite des experts-comptables

Un expert-comptable salarié en cabinet cotise-t-il à la CAVEC ?

Non. Seuls les experts-comptables inscrits au Tableau de l'Ordre en qualité de libéral (ou d'associé d'une société d'exercice) relèvent de la CAVEC. Un expert-comptable salarié d'un cabinet cotise au régime général et à l'Agirc-Arrco, comme tout salarié du secteur privé. En cas de passage ultérieur en libéral, il basculera vers la CNAVPL et la CAVEC, et ses droits acquis au régime général seront conservés pour le calcul de la pension globale.

Le DEC (bac +8) justifie-t-il un rachat de trimestres ?

Oui, et c'est même l'un des cas où le rachat est le plus pertinent. Le cursus complet vers le diplôme d'expertise comptable (bac +8) comprend plusieurs années d'études supérieures et de stage professionnel qui n'ouvrent pas de droits à la retraite. Le rachat Fillon auprès de la CNAVPL permet de racheter jusqu'à 12 trimestres au titre des années d'études. Pour un expert-comptable né à partir de 1969 (172 trimestres requis pour le taux plein), ce rachat peut faire la différence entre un départ à taux plein à 64 ans et un départ avec décote.

Que se passe-t-il pour la CAVEC si je deviens salarié en fin de carrière ?

Si vous quittez le statut libéral pour devenir salarié (par exemple en intégrant une direction financière), vous cessez de cotiser à la CAVEC. Vos points acquis sont conservés et seront liquidés au moment de votre départ en retraite, en parallèle de vos droits Agirc-Arrco. La pension CAVEC sera calculée sur la base des points accumulés pendant la période libérale. Il n'y a pas de perte de droits, mais il n'y a plus d'accumulation de points complémentaires. Ce scénario est fréquent chez les experts-comptables de 55-60 ans qui acceptent un poste de directeur administratif et financier avant la retraite.

Faites vérifier votre dossier avant de fixer votre date de départ

Pour un expert-comptable libéral, la pension repose à plus de 70 % sur la complémentaire CAVEC. Le choix des classes de cotisation, la bonne prise en compte des transitions salariat/libéral, le rachat éventuel des années d'études et la vérification des périodes de commissariat aux comptes sont autant de postes où des erreurs peuvent coûter plusieurs centaines d'euros de pension mensuelle. Plutôt que de découvrir un écart au moment de la liquidation, faites analyser votre relevé de carrière complet sur carriva.fr/audit pour vous assurer que chaque point est bien comptabilisé et que vos droits sont conformes à votre parcours réel.

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