Montant retraite aide-soignante catégorie B
Catégorie active, catégorie B depuis 2022, majoration du dixième, travail de nuit : tout ce que les aides-soignantes de la fonction publique hospitalière et du secteur privé doivent savoir pour préparer leur retraite.

Sur cette page
- Soignantes en France : une retraite à deux vitesses
- CNAV ou CNRACL : de quel régime dépend une infirmière ?
- Partir avant 64 ans : catégorie active, majoration du dixième et pénibilité hospitalière
- Combien touche une infirmière à la retraite : formules et exemples
- Les erreurs de relevé les plus courantes chez les soignantes
- Questions fréquentes
- Métiers proches dans la fonction publique hospitalière
- Infirmières et aides-soignantes : faites contrôler votre relevé
Soignantes en France : une retraite à deux vitesses
Les infirmières et aides-soignantes constituent l'un des piliers du système de santé français, mais leur retraite ne se construit pas du tout de la même manière selon qu'elles exercent en clinique privée, en CHU ou en EHPAD public. Le régime de rattachement, l'âge de départ, le mode de calcul de la pension et les avantages liés à la pénibilité varient considérablement d'un statut à l'autre.
La particularité centrale de ces métiers tient au double visage du secteur hospitalier. Dans le public, les aides-soignantes et infirmières titulaires bénéficient historiquement du classement en catégorie active, ce qui ouvre droit à un départ anticipé et à la majoration de durée d'assurance du dixième. Dans le privé, ces mécanismes n'existent pas, et la retraite repose sur le régime général classique. Comprendre cette distinction est indispensable pour éviter de mauvaises surprises à l'approche de la fin de carrière.
Pour les professionnelles ayant exercé dans les deux secteurs au fil de leur parcours, la situation se complique encore : chaque période relève de règles propres, et les relevés de carrière reflètent rarement cette complexité sans erreur.
CNAV ou CNRACL : de quel régime dépend une infirmière ?
Secteur privé
Les infirmières et aides-soignantes salariées du secteur privé (cliniques, EHPAD privés, cabinets médicaux, associations, intérim hospitalier) relèvent du régime général de la Sécurité sociale pour leur retraite de base. La caisse compétente est la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse) ou la CARSAT en région.
Pour la retraite complémentaire, elles cotisent à l'Agirc-Arrco, le régime unifié des salariés du secteur privé. Les cotisations sont calculées sur le salaire brut, avec une tranche 1 jusqu'au plafond de la Sécurité sociale et une tranche 2 au-delà.
À noter : une aide-soignante en EHPAD privé associatif et une aide-soignante en EHPAD privé commercial relèvent du même régime. Seul le statut public/privé de l'employeur détermine le rattachement.
Secteur public hospitalier
Les infirmières et aides-soignantes titulaires de la fonction publique hospitalière relèvent de la CNRACL pour leur retraite de base et complémentaire. Ce régime fonctionne selon une logique de traitement indiciaire, très différente de celle du régime général : la pension se calcule sur les six derniers mois et non sur les 25 meilleures années.
Depuis 2005, les agents de la FPH cotisent également au RAFP (Régime additionnel de la fonction publique), un régime par points qui prend en compte les primes et indemnités (primes de service, NBI, indemnité de sujétion spéciale), dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut.
Les contractuelles de la FPH, en revanche, relèvent du régime général comme les salariées du privé, même si elles travaillent dans un hôpital public. C'est le statut de titulaire qui conditionne le rattachement à la CNRACL.
Partir avant 64 ans : catégorie active, majoration du dixième et pénibilité hospitalière
Secteur privé : les règles de droit commun
Les infirmières et aides-soignantes du privé suivent les règles générales du régime général. L'âge légal de départ à la retraite est progressivement relevé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969, conformément à la réforme de 2023 décalée d'une génération par la LFSS 2026. Le taux plein est atteint soit à l'âge légal avec le nombre de trimestres requis, soit automatiquement à 67 ans.
Un départ anticipé reste possible dans le cadre du dispositif carrières longues, pour les personnes ayant commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans et justifiant d'une durée de cotisation suffisante. Par ailleurs, les soignantes du privé exposées à des facteurs de pénibilité (travail de nuit, travail en équipes alternantes) peuvent bénéficier du compte professionnel de prévention (C2P), qui permet de cumuler des points convertibles en trimestres supplémentaires.
Secteur public : le mécanisme de la catégorie active
Les aides-soignantes et les infirmières qui ont conservé leur classement en catégorie active dans la FPH peuvent partir à la retraite de manière anticipée. L'âge d'ouverture des droits est fixé à 57 ans (progressivement relevé à 59 ans pour les générations nées à compter du 1ᵉʳ septembre 1966), à condition d'avoir accompli au moins 17 ans de services actifs (CNRACL).
Ce classement en catégorie active reconnaît la pénibilité des fonctions hospitalières : travail de nuit, charge émotionnelle, manutention de patients, exposition aux risques infectieux. La CNRACL cite explicitement l'aide-soignant parmi les emplois relevant de la catégorie active, aux côtés de l'infirmier de catégorie B. Les infirmières qui ont opté pour le passage en catégorie A lors de la réforme statutaire de 2010 ont, elles, perdu ce bénéfice de façon définitive ; ce mécanisme, propre aux infirmières et sans équivalent pour les aides-soignantes, est détaillé sur notre page consacrée à la retraite des infirmières.
Depuis le 1ᵉʳ octobre 2021 (décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021), les aides-soignantes de la fonction publique hospitalière relèvent d'un nouveau corps classé en catégorie B, et non plus en catégorie C : leur grille indiciaire a été revalorisée. Ce changement de catégorie hiérarchique (celle qui fixe la grille de rémunération) ne modifie pas leur classement en catégorie active pour la retraite (celui qui fixe l'âge de départ) : les deux classements sont distincts, et les aides-soignantes conservent le bénéfice de la catégorie active dans la grande majorité des cas.
Majoration du dixième : des trimestres de durée d'assurance en plus
Contrairement à une idée reçue, la bonification du cinquième ne concerne pas la fonction publique hospitalière : elle est réservée à des corps comme les policiers nationaux, les surveillants pénitentiaires ou les sapeurs-pompiers professionnels. Les agents hospitaliers classés en catégorie active bénéficient d'un autre mécanisme : la majoration de durée d'assurance du dixième (loi n°2003-775 du 21 août 2003, art. 78 ; décret n°2003-1306, art. 21). Elle accorde 4 trimestres par période de 10 années de services effectifs, calculés au prorata. Concrètement, pour 25 ans de services, l'agent se voit créditer 10 trimestres de durée d'assurance. Attention : ces trimestres servent uniquement à réduire ou annuler la décote, ils n'entrent pas dans la liquidation de la pension.
Cette bonification joue un double rôle : elle augmente le nombre de trimestres pris en compte pour le calcul de la pension et elle peut permettre d'atteindre le taux plein plus tôt. C'est l'un des avantages les plus significatifs du statut de soignante en FPH.
Catégorie active et majoration enfants : deux sources d'erreurs sur votre relevé
Vos années en catégorie active ouvrent un départ anticipé, et chaque enfant peut ajouter jusqu'à 8 trimestres. Ces droits sont régulièrement mal reportés sur le RIS.
Combien touche une infirmière à la retraite : formules et exemples
Régime général (privé)
La pension de base est calculée selon la formule classique du régime général :
Pension = SAM x Taux x (Durée d'assurance / Durée de référence)
Le salaire annuel moyen (SAM) correspond à la moyenne des 25 meilleures années de salaire, revalorisées. Le taux plein est de 50 %. Une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique en cas de départ anticipé sans le nombre de trimestres requis.
La complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par points : la pension complémentaire correspond au nombre de points accumulés multiplié par la valeur du point (1,4386 euros en 2025).
Pour une infirmière du privé ayant un SAM de 28 000 euros et le taux plein, la pension de base représente environ 14 000 euros par an, soit 1 167 euros par mois. La complémentaire Agirc-Arrco vient s'ajouter, pour un montant total souvent compris entre 1 400 et 1 800 euros nets mensuels selon l'ancienneté et les primes.
CNRACL (public)
La pension CNRACL est calculée sur le traitement indiciaire brut des six derniers mois d'activité. Le taux maximum est de 75 % du traitement, atteint après le nombre de trimestres requis pour la génération concernée.
Pension = Traitement indiciaire x (Nombre de trimestres x 75 % / Nombre de trimestres requis)
À cela s'ajoute, pour les catégories actives, la majoration du dixième, qui vient augmenter la durée d'assurance et limiter la décote. La NBI (nouvelle bonification indiciaire) perçue en activité n'est pas intégrée au traitement de référence : elle ouvre droit à un supplément de pension distinct, calculé séparément et ajouté à la pension principale. Pour les soignantes en service de nuit ou en soins intensifs, la NBI peut représenter un complément non négligeable.
Le RAFP verse un supplément sous forme de capital (si peu de points) ou de rente mensuelle (si plus de 5 125 points). Les montants restent modestes, les primes hospitalières étant plafonnées dans l'assiette du RAFP. En pratique, pour une aide-soignante en fin de carrière, le RAFP représente rarement plus de 30 à 50 euros par mois de rente.
Aide-soignante : exemple de calcul transparent
Prenons l'exemple d'une aide-soignante parvenue au 6e échelon de la classe normale de son grade, dont l'indice majoré est de 414 (grille indiciaire publique du corps des aides-soignants de la fonction publique hospitalière, catégorie B, décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021). Le point d'indice de la fonction publique valant 4,92278 euros, son traitement indiciaire brut mensuel s'élève à 414 x 4,92278 = 2 038,03 euros. Si elle liquide sa pension avec un nombre de trimestres égal au nombre de trimestres requis pour sa génération, elle atteint le taux plein de 75 % : sa pension CNRACL de base s'élève alors à 2 038,03 x 75 % = 1 528,52 euros bruts mensuels. Ce montant est un exemple de calcul, pas une moyenne nationale : il varie selon l'échelon atteint en fin de carrière, la durée de services et la génération.
Les primes de nuit, de dimanche et jours fériés, très fréquentes dans ce métier, n'entrent jamais dans le traitement indiciaire qui sert de base à ce calcul : seule la NBI, quand elle est perçue, ouvre droit à un supplément de pension distinct et séparé. Dans le secteur privé, où il n'existe pas de grille de rémunération publique équivalente, le montant dépend entièrement du salaire annuel moyen des 25 meilleures années : la formule est rappelée plus haut, mais aucun exemple chiffré fiable ne peut être généralisé sans connaître la carrière réelle.
Pour situer votre propre échéance et estimer votre pension selon votre catégorie et votre génération, utilisez notre simulateur calcul retraite aide-soignante fonction publique.
Les erreurs de relevé les plus courantes chez les soignantes
Les infirmières et aides-soignantes sont particulièrement exposées à certaines erreurs sur leur relevé de carrière, en raison de la complexité de leur parcours (alternance public/privé, temps partiels, formations, congés spécifiques) :
Confusion entre régimes après un changement de secteur. Les professionnelles ayant alterné entre le privé et le public trouvent souvent des périodes mal imputées. Un passage de quelques mois en intérim hospitalier peut être rattaché au mauvais régime ou tout simplement absent du relevé. Une infirmière passée du CHU à une clinique privée verra deux lignes dans deux régimes différents, et la jonction est rarement sans erreur.
Périodes de stage IFSI ou IFAS non comptabilisées. Les années de formation en IFSI (institut de formation en soins infirmiers) ou en IFAS (institut de formation aides-soignantes) ne sont pas toujours correctement enregistrées, notamment lorsque le stage était rémunéré par l'établissement. Les stages de la formation initiale antérieurs à 2000 sont particulièrement concernés.
Erreur de classement catégorie active / sédentaire après la réforme de 2010. Depuis la réforme de 2010, la frontière entre catégories actives et sédentaires est devenue floue pour les infirmières. Les relevés ne reflètent pas toujours correctement le choix effectué par l'agent (maintien en B actif ou passage en A sédentaire). Cette erreur a un impact direct sur l'âge de départ et la majoration du dixième.
Temps partiels mal déclarés. Le travail à temps partiel, très courant dans ces professions, doit être déclaré avec précision. Un temps partiel à 80 % valide quatre trimestres par an mais ne génère pas la même assiette de cotisation. Les erreurs de déclaration de la quotité de temps partiel sont fréquentes, notamment lors de passages répétés entre 50 %, 80 % et temps plein.
Majoration du dixième absente ou sous-estimée. Certains relevés CNRACL ne mentionnent pas la majoration du dixième ou la calculent sur une base incomplète, omettant des périodes de services effectués dans un autre établissement public. Une aide-soignante ayant travaillé dix ans dans un hôpital et quinze ans dans un autre peut voir sa majoration calculée sur un seul poste.
Congés maladie longue durée et congés maternité non validés. Les congés maladie de longue durée et les congés maternité doivent être validés comme périodes de services effectifs. Des lacunes apparaissent régulièrement sur ces périodes, notamment pour les arrêts antérieurs à la numérisation des dossiers. Pour les soignantes, les arrêts liés à des troubles musculo-squelettiques (TMS) ou à l'épuisement professionnel sont particulièrement fréquents et souvent mal tracés.
Questions fréquentes
Une infirmière passée du public au privé perd-elle ses trimestres CNRACL ?
Non. Les trimestres cotisés à la CNRACL restent acquis et sont pris en compte dans le calcul de la retraite, même après un départ vers le secteur privé. Toutefois, la pension sera versée par deux caisses distinctes (CNRACL pour la partie publique, CNAV + Agirc-Arrco pour la partie privée), et le calcul de chaque fraction obéit à ses propres règles. Le risque n'est pas la perte de trimestres, mais l'erreur de report : il faut vérifier que chaque période apparaît dans le bon régime, avec la bonne durée.
La majoration du dixième s'applique-t-elle aux aides-soignantes en EHPAD public ?
Oui, à condition que l'aide-soignante soit titulaire de la fonction publique hospitalière et classée en catégorie active. Les EHPAD publics rattachés à un centre hospitalier ou autonomes relèvent bien de la FPH. En revanche, les aides-soignantes contractuelles en EHPAD public ne bénéficient pas de la majoration du dixième, car elles relèvent du régime général et de l'Ircantec, pas de la CNRACL. Le statut de titulaire est la condition déterminante.
Le travail de nuit à l'hôpital donne-t-il des trimestres supplémentaires ?
Dans le secteur public, le travail de nuit est pris en compte via le classement en catégorie active, qui ouvre droit au départ anticipé et à la majoration du dixième. Le travail de nuit en lui-même n'ouvre aucun trimestre spécifique dans le public. Dans le secteur privé, le travail de nuit est un facteur de pénibilité reconnu par le C2P (compte professionnel de prévention). Les points accumulés peuvent être convertis en trimestres de majoration, à raison de 10 points pour un trimestre, dans la limite de huit trimestres.
Métiers proches dans la fonction publique hospitalière
Pour le volet public de votre carrière relevant de la CNRACL, ces métiers partagent la même logique de catégorie active et de majoration du dixième :
- Retraite des infirmières : CNRACL en hospitalière, CARPIMKO en libérale, et le droit d'option de 2010 entre catégorie active et catégorie sédentaire.
- Retraite de l'agent hospitalier : régime CNRACL de la fonction publique hospitalière, avec catégories actives et sédentaires.
- Retraite des pompiers professionnels : sapeurs-pompiers professionnels classés en catégorie active à la CNRACL.
Infirmières et aides-soignantes : faites contrôler votre relevé
Après des années de gardes, de nuits et de services exigeants, votre retraite ne devrait pas être amputée par une erreur administrative. Pourtant, les parcours de soignantes cumulent les facteurs de risque : passages entre public et privé, classement en catégorie active mal reporté, majoration du dixième oubliée, temps partiels successifs. Chaque anomalie peut représenter plusieurs centaines d'euros de pension par mois, sur 20 à 30 ans de retraite.
Soumettez votre relevé sur carriva.fr/audit pour obtenir une analyse automatisée de votre carrière. L'outil détecte les incohérences spécifiques aux soignantes et identifie les corrections à demander à votre caisse avant votre départ.
Avant de liquider vos droits
Votre relevé de carrière d'aide-soignante contient peut-être des erreurs
Sur ce type de carrière, l'audit Carriva repère le plus souvent :
- Années de catégorie active mal reportées
- Majoration enfants incomplète (jusqu'à 8 trimestres par enfant)
Et vous ?
Avez-vous déjà vérifié votre relevé de carrière ?
Caisses de rattachement
Articles associés
Votre relevé contient peut-être des anomalies
Déposez votre relevé inter-régimes et obtenez une analyse complète en quelques secondes : anomalies, projections de pension et lettres de réclamation. 100% gratuit, sans inscription.