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Montant retraite infirmière hospitalière

Catégorie active ou catégorie sédentaire selon le droit d'option de 2010, CNRACL en hospitalière ou CARPIMKO en libérale : les infirmières relèvent de règles de retraite très différentes selon leur statut et leur choix de carrière.

FPH via la CNRACL (hospitalière titulaire) ou CNAVPL/CARPIMKO (libérale)57 à 59 ans (catégorie active) ou 60 à 62 ans (catégorie A, âge dérogatoire, selon la génération)9 min de lecture
Montant retraite infirmière hospitalière
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Infirmière hospitalière, salariée ou libérale : trois retraites différentes

Le mot infirmière recouvre trois situations professionnelles aux règles de retraite très différentes. Une infirmière titulaire d'un hôpital public relève de la CNRACL et peut, selon son classement statutaire, partir avant l'âge légal de droit commun. Une infirmière salariée d'une clinique privée ou contractuelle d'un établissement public relève du régime général et de l'Agirc-Arrco, comme n'importe quelle salariée du privé. Une infirmière libérale, enfin, cotise à la CNAVPL pour sa base et à la CARPIMKO pour sa complémentaire, un régime par points propre aux auxiliaires médicaux.

Ces trois statuts ne se cumulent pas nécessairement dans une même carrière, mais beaucoup d'infirmières passent de l'un à l'autre : hôpital public en début de carrière, puis libéral, ou l'inverse. Chaque période relève alors de règles de calcul distinctes, et la reconstitution du parcours devient un exercice à part entière.

CNRACL, régime général ou CARPIMKO : quel régime pour une infirmière ?

Infirmière hospitalière titulaire

Les infirmières titulaires de la fonction publique hospitalière relèvent de la CNRACL pour leur retraite de base et complémentaire. Comme pour l'ensemble des agents de la CNRACL, la pension se calcule sur le traitement indiciaire brut détenu pendant au moins six mois avant la radiation des cadres, et non sur les 25 meilleures années comme dans le régime général. Depuis 2005, ces infirmières cotisent aussi au RAFP (régime additionnel de la fonction publique), qui prend en compte les primes dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut.

Infirmière salariée du privé ou contractuelle

Une infirmière salariée d'une clinique privée, d'un EHPAD privé ou d'un cabinet médical relève du régime général (CNAV ou CARSAT) pour sa retraite de base, et de l'Agirc-Arrco pour sa complémentaire. Il en va de même pour une infirmière contractuelle d'un hôpital public : le statut de contractuelle, même exercé dans un établissement public, exclut le rattachement à la CNRACL et ouvre droit au régime général et à l'Ircantec pour la part complémentaire.

Infirmière libérale

Une infirmière qui exerce en libéral, seule ou en cabinet de groupe, cotise à la CNAVPL pour son régime de base et à la CARPIMKO pour sa retraite complémentaire, son régime d'allocation supplémentaire vieillesse (ASV) et son régime invalidité-décès. Ce fonctionnement par points et les règles de cotisation propres aux infirmiers libéraux sont détaillés sur notre page consacrée à la CARPIMKO, la caisse qui gère ce régime pour l'ensemble des auxiliaires médicaux libéraux. Pour le tronc commun du régime de base applicable à toutes les professions libérales réglementées, consultez notre guide de la retraite des professions libérales.

Catégorie active ou catégorie sédentaire : le droit d'option de 2010

C'est le point le plus mal compris de la retraite des infirmières hospitalières, et celui qui a le plus de conséquences sur l'âge de départ.

Avant 2010, les infirmières titulaires de la fonction publique hospitalière étaient classées en catégorie active (décret n° 88-1077 du 30 novembre 1988), au même titre que les aides-soignantes ou les agents des services de soins. La réforme statutaire engagée par la loi n° 2010-751 du 5 juillet 2010 (article 37) et le décret n° 2010-1139 du 29 septembre 2010 a créé un nouveau corps d'infirmiers en soins généraux classé en catégorie A, avec une grille de rémunération revalorisée. Chaque infirmière en poste s'est vu proposer un droit d'option individuel, exercé de façon expresse et définitive, entre deux voies :

  • Intégrer le nouveau corps en catégorie A : la rémunération est revalorisée, mais l'agent perd définitivement le bénéfice de la catégorie active. En contrepartie, ce corps conserve un âge légal dérogatoire propre, fixé entre 60 et 62 ans selon la génération, avec une annulation de la décote à 65 ans et une limite d'âge à 67 ans (loi n° 2010-751 du 5 juillet 2010, article 37 ; âges relevés par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, article 10 XXIV-H). Ce n'est pas le calendrier des fonctionnaires sédentaires classiques : c'est un âge propre au corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés.
  • Rester dans l'ancien corps en catégorie B active : la rémunération n'est pas revalorisée, mais l'agent conserve le bénéfice de la catégorie active, avec un âge légal de départ fixé entre 57 et 59 ans selon la génération, sous réserve d'avoir accompli au moins 17 ans de services en catégorie active, et une limite d'âge à 62 ans.

Les infirmières en soins généraux ont exercé ce choix entre le 1er octobre 2010 et le 31 mars 2011 ; les infirmières spécialisées (bloc opératoire, puéricultrices) entre le 1er janvier et le 30 juin 2012. Une infirmière n'ayant exprimé aucun choix dans les délais a conservé de plein droit son classement antérieur en catégorie B active. Ce choix, individuel et irréversible, explique pourquoi deux infirmières ayant occupé le même poste toute leur carrière peuvent partir à des âges différents : tout dépend de l'option exercée en 2010-2012, et non du poste occupé aujourd'hui.

Les infirmières recrutées après la réforme intègrent directement le corps en catégorie A régi par le décret n° 2010-1139 : elles n'ont pas exercé le droit d'option et ne bénéficient donc pas de l'âge dérogatoire à 60-62 ans réservé aux agents ayant opté pour ce corps. Leur âge légal est fixé entre 62 et 64 ans selon la génération, avec une annulation de la décote et une limite d'âge à 67 ans (décret n° 2010-1139, article 30). Pour un mécanisme de catégorie active sans droit d'option, comparable mais distinct, consultez notre page dédiée à la retraite des aides-soignantes.

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Combien touche une infirmière à la retraite : exemple de calcul transparent

CNRACL (hospitalière titulaire)

La pension CNRACL se calcule selon la même formule que pour l'ensemble des agents de catégorie A ou B de la fonction publique hospitalière :

Pension = Traitement indiciaire x (Nombre de trimestres liquidés x 75 % / Nombre de trimestres requis)

Prenons l'exemple d'une infirmière en soins généraux parvenue au 9e échelon de son grade, dont l'indice majoré est de 610 (grille indiciaire publique du corps des infirmiers en soins généraux, catégorie A). Le point d'indice de la fonction publique valant 4,92278 euros, son traitement indiciaire brut mensuel s'élève à 610 x 4,92278 = 3 002,90 euros. Si elle liquide sa pension avec un nombre de trimestres égal au nombre de trimestres requis pour sa génération, elle atteint le taux plein de 75 % : sa pension CNRACL de base s'élève alors à 3 002,90 x 75 % = 2 252,18 euros bruts mensuels. Ce montant est un exemple de calcul, pas une moyenne nationale : il varie selon l'échelon atteint en fin de carrière, la durée de services et la génération.

À ce montant s'ajoutent, le cas échéant, la majoration du dixième pour les infirmières restées en catégorie active (qui réduit ou annule la décote sans changer la base de liquidation), le RAFP, et un éventuel supplément de pension au titre de la NBI perçue en activité. Les primes de nuit et indemnités de sujétion, elles, n'entrent jamais dans le traitement indiciaire de référence : seule la NBI ouvre droit à un supplément de pension distinct.

Régime général et Agirc-Arrco (privé)

Pour une infirmière salariée du privé, la pension de base se calcule sur le salaire annuel moyen (SAM) des 25 meilleures années, au taux de 50 % à taux plein, proratisé selon le rapport entre trimestres validés et trimestres requis. La complémentaire Agirc-Arrco s'ajoute sous forme de points, valorisés à 1,4386 euros chacun en 2025. Le montant final dépend entièrement du salaire perçu tout au long de la carrière : il n'existe pas de grille de rémunération publique unique pour le secteur privé, contrairement à la fonction publique hospitalière.

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Les erreurs de relevé propres aux infirmières

Droit d'option de 2010 mal reporté

L'erreur la plus spécifique aux infirmières concerne précisément le droit d'option décrit plus haut. Certains relevés de carrière ne reflètent pas correctement le choix exercé entre 2010 et 2012 : une infirmière restée en catégorie B active peut se voir appliquer à tort les règles de la catégorie sédentaire, ou inversement. Cette erreur a un impact direct sur l'âge d'ouverture des droits, qui peut varier de plusieurs années selon le classement retenu.

Jonction entre statuts hospitalier, salarié et libéral

Les infirmières qui ont exercé successivement en hôpital public, en clinique privée puis en libéral cumulent des droits dans trois régimes distincts (CNRACL, CNAV/Agirc-Arrco, CNAVPL/CARPIMKO). Chaque changement de statut est un point de rupture où une période peut être mal imputée ou absente du relevé, en particulier lors d'un passage rapide par l'intérim hospitalier ou d'un remplacement libéral de courte durée avant une installation définitive.

Années d'IFSI non comptabilisées

Comme pour les aides-soignantes, les années de formation en institut de formation en soins infirmiers (IFSI) ne sont pas toujours correctement enregistrées, notamment pour les diplômes obtenus avant la réforme LMD de 2009, lorsque le statut d'étudiant salarié de l'hôpital ouvrait des droits à cotisation.

Questions fréquentes

Le droit d'option de 2010 est-il encore ouvert aujourd'hui ?

Non. Les délais d'exercice du droit d'option sont clos depuis 2011 pour les infirmières en soins généraux et depuis 2012 pour les infirmières spécialisées. Une infirmière recrutée aujourd'hui intègre directement le corps en catégorie A régi par le décret n° 2010-1139, avec un âge légal fixé entre 62 et 64 ans selon la génération ; elle n'a plus la possibilité d'opter pour un maintien en catégorie active, ni de bénéficier de l'âge dérogatoire à 60-62 ans réservé aux agents ayant exercé le droit d'option en 2010-2012.

Une infirmière libérale peut-elle bénéficier de la catégorie active ?

Non. Le mécanisme de catégorie active est propre aux régimes de la fonction publique (CNRACL, SRE) et n'existe pas dans les régimes des professions libérales. Une infirmière libérale relève des règles de droit commun de la CNAVPL et de la CARPIMKO, avec un âge légal de départ progressivement porté à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969.

Une infirmière ayant travaillé en public puis en libéral perçoit-elle deux pensions ?

Oui, potentiellement trois si elle est aussi passée par le secteur salarié privé : une pension CNRACL pour la période hospitalière titulaire, une pension CNAV et Agirc-Arrco pour toute période salariée du privé, et une pension CNAVPL et CARPIMKO pour la période libérale. Chaque caisse liquide sa propre fraction selon ses règles propres ; c'est la vérification de la bonne imputation de chaque période, plus que le nombre de caisses en tant que tel, qui conditionne le montant final.

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Pour le volet hospitalier de votre carrière relevant de la CNRACL, ces pages partagent une partie de la même logique statutaire :

Infirmières : faites vérifier votre relevé avant de choisir votre date de départ

Entre le droit d'option de 2010, les passages entre statuts et les changements de caisse, le relevé de carrière d'une infirmière compte parmi les plus complexes à vérifier. Une erreur de classement en catégorie active peut décaler votre date de départ de plusieurs années sans que vous le sachiez.

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