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Retraite assistante maternelle 2026 : trimestres

Les assistantes maternelles relèvent du régime général, mais leur relevé de carrière est l'un des plus souvent incomplets. Forfait d'avant 1991, indemnités d'entretien non cotisées, seuil de validation des trimestres : trois mécanismes qui amputent la pension.

Régime général (CNAV) et IRCEM Retraite64 ans (aucun départ anticipé propre au métier)9 min de lecture
Retraite assistante maternelle 2026 : trimestres
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Assistante maternelle : salariée du régime général, mais un relevé à part

L'assistante maternelle est une salariée. Agréée par le Conseil départemental, elle accueille à son domicile ou en maison d'assistants maternels des enfants généralement âgés de moins de six ans, dans la limite de quatre. Elle est employée et rémunérée directement par les parents des enfants qu'elle garde, et relève à ce titre du régime général de la Sécurité sociale (article L. 311-3, 10° du code de la sécurité sociale).

Sur le papier, rien de particulier : pas de régime spécial, pas de caisse autonome, pas de départ anticipé propre au métier. Une assistante maternelle part à 64 ans comme n'importe quelle salariée du privé, avec une pension de base CNAV et une complémentaire.

En pratique, le relevé de carrière d'une assistante maternelle est l'un des plus souvent incomplets de tout le régime général. Trois mécanismes propres au métier expliquent pourquoi, et deux d'entre eux sont réparables. Cet article détaille les trois, avec les textes qui les fondent.

Pajemploi, IRCEM, CNAV : qui gère quoi

Trois organismes interviennent, et la confusion entre eux est une source d'erreurs récurrente.

Pajemploi n'est pas une caisse de retraite. C'est le centre national qui calcule et prélève, depuis le 1er janvier 2004, les cotisations dues sur le salaire versé par les parents employeurs. Ses déclarations sont transmises à la CNAV par les flux Paje. Avant 2004, les parents employeurs remplissaient chaque trimestre une Déclaration Nominative Trimestrielle (DNT) auprès de l'Urssaf ou de la CAF, un circuit papier bien plus fragile dont il reste des trous dans les relevés.

La CNAV, via votre Carsat, gère la retraite de base et valide les trimestres. La circulaire Cnav 2017-1 du 13 janvier 2017 est explicite : « Le régime général est compétent pour valider les trimestres de durée d'assurance des assistantes maternelles. »

L'IRCEM Retraite est l'institution Agirc-Arrco du secteur des particuliers employeurs. C'est elle qui gère vos points de retraite complémentaire. Une assistante maternelle a donc bien une retraite complémentaire Agirc-Arrco, servie par l'IRCEM, en plus de sa pension CNAV.

Avant 1991 : le forfait qui a amputé toute une génération

C'est le point le plus important de cette page, et le moins connu.

Jusqu'au 31 décembre 1990, les cotisations des assistantes maternelles n'étaient pas calculées sur leur salaire réel, mais sur un salaire forfaitaire trimestriel défini pour chaque enfant gardé. La circulaire Cnav 2017-1 en donne le détail exact :

PériodeBase forfaitaire retenue par enfant gardé
Du 01/07/1955 au 31/10/19681/3 du montant de l'allocation aux vieux travailleurs salariés
Du 01/11/1968 au 31/12/19741/10e du montant de l'allocation aux vieux travailleurs salariés
Du 01/01/1975 au 31/12/19901/3 du montant du SMIC calculé sur 200 heures au 1er janvier de l'année

Une règle de plafonnement s'y ajoutait : lorsque plus de trois enfants étaient confiés par une même famille, le salaire forfaitaire ne pouvait dépasser trois fois le forfait retenu pour un enfant.

La conséquence est brutale. Une assistante maternelle qui a travaillé à temps plein pendant ces années voit apparaître sur son relevé des salaires reportés très inférieurs à ce qu'elle percevait réellement. Ces salaires sous-évalués pèsent deux fois : ils réduisent le nombre de trimestres validés, et ils dégradent le salaire annuel moyen si ces années tombent dans les 25 meilleures.

Le Sénat l'a formulé sans détour dans une réponse de 2011 : à l'époque, quatre trimestres travaillés ne validaient qu'un, voire deux trimestres dans le meilleur des cas.

Si vous avez exercé entre 1975 et 1990, la section sur le rachat dérogatoire plus bas vous concerne directement.

Depuis 1991 : le salaire brut, mais amputé des indemnités

Depuis le 1er janvier 1991, les cotisations sont acquittées sur le salaire brut réel. Une avancée majeure, avec une réserve que peu d'assistantes maternelles connaissent : la circulaire précise que le calcul se fait sur le salaire brut « déduction faite des indemnités représentatives des frais de pension et d'entretien ».

Autrement dit, l'indemnité d'entretien et l'indemnité de repas que vous versent les parents ne sont pas soumises à cotisations. Elles ne comptent donc ni pour vos trimestres, ni pour votre pension. Sur une fiche de paie où l'indemnité d'entretien représente une part significative du total perçu, l'écart entre ce que vous encaissez et ce qui construit votre retraite peut être considérable. Ce n'est pas une erreur, c'est la règle, mais elle doit être intégrée dans toute projection.

Deux périodes transitoires méritent d'être connues si votre carrière les recouvre :

  • Du 1er janvier au 31 décembre 1991, les assistantes maternelles employées par des personnes morales pouvaient être cotisées soit sur l'assiette forfaitaire d'1/3 du SMIC, soit sur la rémunération réellement versée. Selon l'option retenue par l'employeur, votre report pour 1991 peut donc être très différent de celui d'une collègue.
  • Du 1er février 1991 au 31 août 1995, une remise forfaitaire de 42 francs par mois et par salarié s'appliquait. À compter du 1er janvier 1992, les bulletins de salaire pouvaient ne plus mentionner la rémunération brute, obligeant la Carsat à la reconstituer à partir du montant de la cotisation. Les taux minorés utilisés pour ce calcul étaient de 12,69 % en 1992, 12,72 % en 1993, 12,74 % en 1994 et 12,75 % du 1er janvier au 31 août 1995.

Ces reconstitutions sont une source classique d'écarts. Si votre relevé présente des montants surprenants sur ces années, ils ne sont pas forcément faux, mais ils méritent un contrôle.

Vos années d'avant 2004 figurent-elles bien sur votre relevé ?

Avant Pajemploi, les parents employeurs déclaraient sur papier auprès de l'Urssaf ou de la CAF, et beaucoup d'années ont disparu des relevés. Si vous avez gardé des enfants entre 1975 et 1990, un rachat à tarif dérogatoire peut aussi vous concerner. Carriva détecte les deux en 30 secondes.

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Combien faut-il gagner pour valider 4 trimestres en 2026

La règle est celle du régime général, sans aménagement pour le métier : il est reporté autant de trimestres que le salaire brut porté au compte représente 150 fois le SMIC horaire de l'année considérée, dans la limite de quatre par année civile. Ce seuil était de 200 fois le SMIC horaire jusqu'au 31 décembre 2013.

Avec un SMIC horaire brut de 12,02 euros en 2026 (décret 2025-1228 du 17 décembre 2025) :

Trimestres validés en 2026Salaire brut cotisé nécessaire
1 trimestre1 803 euros
2 trimestres3 606 euros
3 trimestres5 409 euros
4 trimestres7 212 euros

Un point capital, et souvent mal compris : ce sont les salaires de l'année entière qui sont cumulés, tous employeurs confondus. Une assistante maternelle qui garde des enfants pour trois familles différentes additionne les trois salaires bruts. Ce n'est pas parce qu'un contrat est à temps très partiel qu'il ne compte pas.

À l'inverse, une assistante maternelle qui n'a gardé qu'un seul enfant à temps partiel sur une année peut se retrouver sous le seuil des 7 212 euros et ne valider que deux ou trois trimestres, alors qu'elle a travaillé toute l'année. C'est le mécanisme le plus courant de perte de trimestres dans ce métier, et il est parfaitement légal. Notre guide sur le seuil CNAV de validation d'un trimestre détaille le calcul.

Le rachat à tarif dérogatoire : jusqu'à 12 trimestres à 1 618 euros

Le législateur a reconnu le préjudice causé par le forfait d'avant 1991 et a créé un dispositif de rattrapage spécifique, très avantageux et très peu utilisé : le versement pour la retraite (VPLR) à tarif dérogatoire, prévu à l'article L. 351-14-1 I 2° du code de la sécurité sociale.

Périodes concernées : les périodes comprises entre le 1er janvier 1975 et le 31 décembre 1990 inclus au cours desquelles vous avez exercé l'activité d'assistante maternelle. Exactement la période du forfait.

Ce qui rend ce rachat exceptionnel : par dérogation au principe de neutralité actuarielle, le coût du trimestre ne tient compte ni de votre âge, ni de vos revenus. Le barème annuel publié par arrêté, celui qui rend le rachat classique si cher passé 60 ans, ne s'applique pas. Mieux : le trimestre racheté compte pour le taux et la durée d'assurance, sans que vous ayez à choisir entre les deux options comme dans le rachat de droit commun.

Le coût est fixé par les articles D. 351-14-2 I et D. 351-14-3 I CSS :

Somme des taux de cotisations vieillesse salariales et patronales en vigueur au 1er janvier de l'année de la demande, multipliée par 75 % du plafond trimestriel de la Sécurité sociale de la même année, arrondie à l'euro le plus proche.

Pour une demande présentée en 2026, les taux d'assurance vieillesse sont de 6,90 % et 0,40 % pour la part salariale, 8,55 % et 2,11 % pour la part patronale, soit 17,96 % au total. Le plafond trimestriel s'établit à 12 015 euros, dont 75 % font 9 011,25 euros. Le trimestre revient donc à :

17,96 % x 9 011,25 = 1 618 euros le trimestre.

À titre de comparaison, un rachat de trimestre de droit commun pour le taux et la durée d'assurance dépasse couramment 4 000 euros à 60 ans, et davantage pour un revenu élevé. Le tarif dérogatoire représente environ le tiers de ce montant.

Les plafonds à connaître, cumulatifs :

  • un trimestre est décompté par période de 90 jours consécutifs d'exercice de l'activité, une période à cheval sur deux années civiles pouvant être rattachée à l'une ou l'autre ;
  • le rachat ne peut dépasser ce qui est nécessaire pour valider quatre trimestres sur une année civile ;
  • le total est plafonné à douze trimestres, VPLR de droit commun inclus.

Douze trimestres, soit trois années, pour 19 416 euros au tarif 2026. Pour une carrière à laquelle il manque trois ans pour le taux plein, c'est souvent l'opération la plus rentable disponible.

Deux limites importantes à ne pas ignorer. Ces trimestres rachetés ne sont pas pris en compte pour l'ouverture du droit à la retraite anticipée pour carrière longue, ni pour la retraite anticipée des assurés handicapés. Ils comptent en revanche pour le taux plein, la durée d'assurance, la surcote et le minimum contributif.

Les justificatifs recevables sont la copie du contrat de travail à durée déterminée, ou du CDI accompagné du certificat de travail prévu à l'article L. 1234-19 du code du travail, ou à défaut les bulletins de salaire de la période concernée. La Carsat est compétente dès lors que votre compte fait état d'un report sur l'année demandée, aussi minime soit-il.

Montant de la retraite : le mécanisme, pas une moyenne

Aucune moyenne nationale fiable n'existe pour ce métier, et les chiffres qui circulent mélangent des carrières complètes et des carrières partielles. Le plus utile est de comprendre le calcul.

La pension de base CNAV suit la formule du régime général :

Pension = SAM x Taux x (Durée d'assurance au régime général / 172)

Le SAM est la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire brut cotisé, c'est-à-dire hors indemnités d'entretien et de repas, et sur la base des forfaits pour les années antérieures à 1991. Le taux plein est de 50 %.

Prenons une assistante maternelle née en 1962, avec un SAM de 1 500 euros et 160 trimestres validés au régime général. Sa pension de base s'établit à 1 500 x 50 % x (160 / 172), soit environ 698 euros par mois. S'y ajoute la complémentaire IRCEM, dont le montant dépend du nombre de points accumulés.

Deux mécanismes relèvent souvent ce résultat et sont fréquemment oubliés :

  • le minimum contributif, qui porte la pension de base à un plancher lorsque la carrière a été longue mais faiblement rémunérée. Beaucoup d'assistantes maternelles y ont droit ;
  • la majoration de durée d'assurance au titre de vos propres enfants, jusqu'à 8 trimestres par enfant, et l'AVPF si vous avez perçu des prestations familiales pendant vos périodes d'inactivité.

Les erreurs les plus fréquentes sur un relevé d'assistante maternelle

  1. Années antérieures à 2004 manquantes ou partielles. Le circuit DNT papier vers l'Urssaf ou la CAF, antérieur à Pajemploi, a laissé de nombreux trous. C'est l'anomalie numéro un du métier.
  2. Employeurs multiples non cumulés. Trois familles employeuses sur une même année doivent donner lieu à un cumul des salaires bruts. Un report partiel fait perdre des trimestres alors que le seuil était atteint.
  3. Années 1992 à 1995 reconstituées à tort. La rémunération brute étant recalculée à partir de la cotisation, une erreur de taux fausse le report.
  4. Périodes 1975-1990 non identifiées comme éligibles au rachat dérogatoire. Le dispositif n'est proposé spontanément par personne.
  5. Majoration enfants absente. Vos propres enfants ouvrent droit à la MDA, indépendamment de votre activité d'assistante maternelle.
  6. Points IRCEM oubliés. Une carrière mixte, par exemple quelques années en emploi salarié classique puis assistante maternelle, laisse des points chez deux institutions Agirc-Arrco différentes.

Ces écarts se repèrent en croisant le relevé de carrière avec les bulletins de salaire et les attestations Pajemploi. Notre guide sur les trimestres manquants détaille les démarches de régularisation, et un modèle de lettre de réclamation est disponible si votre caisse ne répond pas.

Questions fréquentes

Une assistante maternelle peut-elle partir avant 64 ans ? Pas au titre de son métier. Il n'existe ni catégorie active, ni bonification, ni régime spécial pour les assistantes maternelles. Les seuls départs anticipés possibles sont ceux de droit commun : carrière longue, incapacité permanente, ou assuré handicapé. Attention, les trimestres rachetés au tarif dérogatoire ne comptent pas pour la carrière longue.

Les indemnités d'entretien comptent-elles pour la retraite ? Non. Le salaire brut soumis à cotisations est retenu déduction faite des indemnités représentatives des frais de pension et d'entretien. Seul le salaire proprement dit construit vos droits.

J'ai gardé des enfants avant 1991, mes trimestres sont-ils perdus ? Ils sont sous-évalués, mais pas nécessairement perdus. Le VPLR à tarif dérogatoire permet de racheter jusqu'à douze trimestres sur la période 1975-1990, à un coût forfaitaire indépendant de votre âge et de vos revenus.

Puis-je cumuler plusieurs employeurs pour valider mes trimestres ? Oui, et c'est même la règle. La CNAV cumule l'ensemble des salaires bruts portés à votre compte sur l'année civile, tous employeurs confondus, puis divise par 150 fois le SMIC horaire.

Qui verse ma retraite complémentaire ? L'IRCEM Retraite, institution Agirc-Arrco du secteur des particuliers employeurs. Si vous avez eu d'autres employeurs au cours de votre carrière, vos points peuvent être répartis entre plusieurs institutions, toutes rattachées au régime unique Agirc-Arrco.

Mon agrément a été suspendu pendant un an, que se passe-t-il ? Aucune cotisation n'est versée sur la période, donc aucun trimestre n'est validé à ce titre. Si vous avez perçu des prestations familiales ou des allocations chômage sur cette période, d'autres mécanismes peuvent prendre le relais.

Trois raisons de contrôler votre relevé avant de liquider

Le métier d'assistante maternelle cumule les trois facteurs qui produisent les relevés incomplets : un historique de cotisations forfaitaires, une multiplicité d'employeurs particuliers, et un circuit déclaratif qui n'a été fiabilisé qu'en 2004. À cela s'ajoute un dispositif de rattrapage avantageux que personne ne signale spontanément.

Vérifier son relevé de carrière quelques années avant le départ laisse le temps de régulariser les trimestres manquants et, le cas échéant, d'étaler un rachat dérogatoire sur plusieurs années.

Avant de liquider vos droits

Votre relevé de carrière d'assistante maternelle contient peut-être des erreurs

Sur ce type de carrière, l'audit Carriva repère le plus souvent :

  • Années antérieures à Pajemploi (2004) absentes du relevé
  • Salaires de plusieurs familles employeuses non cumulés sur l'année
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Et vous ?

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