Retraite enseignant public 2026 : calcul 75 %
Le régime des enseignants fonctionnaires relève du SRE avec un calcul sur les 6 derniers mois de traitement. Comprendre ses spécificités est essentiel pour optimiser sa pension.

Sur cette page
- Retraite enseignant : l'essentiel
- Ce que tout enseignant du public doit savoir sur sa retraite
- Le SRE et le RAFP : les deux piliers de la retraite enseignante
- À quel âge un enseignant du public peut-il partir ?
- Comment se calcule la pension d'un enseignant fonctionnaire
- Classe exceptionnelle, hors-classe : quel impact sur la pension
- Montant de la retraite enseignant par corps et classe en 2026
- Les erreurs les plus courantes sur le relevé de carrière des enseignants
- Questions fréquentes sur la retraite des enseignants du public
- Métiers du même régime, règles différentes
- Faites contrôler votre dossier avant le départ
Retraite enseignant : l'essentiel
Un enseignant fonctionnaire (professeur des écoles, certifié, agrégé, professeur de lycée professionnel, professeur d'EPS) relève du Service des Retraites de l'État (SRE) et du régime complémentaire RAFP, en catégorie sédentaire : aucun départ anticipé au titre de la pénibilité, et un âge d'ouverture des droits qui suit le calendrier général de la réforme 2023 (62 à 64 ans selon la génération, détaillé plus bas sur cette page). La pension se calcule sur le traitement indiciaire des six derniers mois de carrière, et non sur les 25 meilleures années comme dans le privé, dans la limite de 75 % du traitement (formule complète et exemples chiffrés plus bas). Cette règle des six derniers mois donne un poids disproportionné aux avancements de fin de carrière : accéder à la hors-classe ou à la classe exceptionnelle avant le départ change directement le montant de la pension, un mécanisme détaillé dans la section dédiée ci-dessous. Pour connaître votre date de départ selon votre année de naissance, utilisez notre simulateur de date de départ ; pour vérifier que votre relevé de carrière reflète bien votre échelon réel, direction notre audit gratuit du relevé de carrière.
Ce que tout enseignant du public doit savoir sur sa retraite
Les enseignants du secteur public représentent l'un des corps les plus importants de la fonction publique d'État, avec environ 712 800 enseignants (titulaires et non-titulaires). Leur retraite obéit à des règles radicalement différentes de celles du régime général. Le régime de rattachement est le Service des Retraites de l'État (SRE), géré par la Direction générale des Finances publiques.
La pension d'un enseignant fonctionnaire se calcule sur le traitement indiciaire des six derniers mois, et non sur les 25 meilleures années comme dans le privé. Cette particularité, souvent perçue comme un avantage, doit être nuancée : les primes (ISOE, HSA, indemnités REP/REP+), qui représentent une part modeste mais réelle de la rémunération, ne sont pas intégrées dans le calcul de la pension de base. Seul le RAFP les prend partiellement en compte.
Les enseignants sont classés en catégorie sédentaire, ce qui signifie qu'ils ne bénéficient pas d'un âge de départ anticipé au titre de la pénibilité, contrairement aux catégories actives (aides-soignants, policiers). Ils peuvent néanmoins accumuler des bonifications spécifiques : services outre-mer, enfants nés avant 2004 et, pour certains, des majorations liées au handicap.
Le SRE et le RAFP : les deux piliers de la retraite enseignante
Retraite de base : le SRE
Le Service des Retraites de l'État couvre l'ensemble des enseignants titulaires de l'Éducation nationale, qu'ils exercent dans le premier degré (professeurs des écoles) ou dans le second degré (certifiés, agrégés, professeurs de lycée professionnel, professeurs d'EPS).
Le SRE fonctionne sans caisse autonome : les pensions sont payées directement par le budget de l'État. Les cotisations salariales s'élèvent à 11,10 % du traitement indiciaire brut. Ce taux a été progressivement aligné sur celui du secteur privé depuis la réforme de 2010.
Point essentiel : les enseignants contractuels ne relèvent pas du SRE. Ils cotisent au régime général (CNAV) et à l'Ircantec. Un enseignant titularisé après plusieurs années de contrat doit vérifier que chaque période est enregistrée dans le bon régime.
Retraite complémentaire : le rôle du RAFP
Depuis 2005, les fonctionnaires cotisent au Régime additionnel de la fonction publique (RAFP). Ce régime par points prend en compte les éléments de rémunération exclus du traitement indiciaire : indemnité de suivi et d'orientation des élèves (ISOE), part fixe et part modulable, indemnité de résidence, supplément familial de traitement, heures supplémentaires annualisées (HSA), indemnité REP ou REP+.
L'assiette du RAFP est plafonnée à 20 % du traitement indiciaire brut. Les taux de cotisation sont de 5 % pour l'agent et 5 % pour l'employeur. Pour un enseignant certifié en milieu de carrière, le montant annuel cotisé au RAFP reste faible, mais sur 20 ans de carrière post-2005, les points accumulés représentent un complément non négligeable.
Le RAFP verse ses prestations sous forme de capital si le nombre de points est inférieur à 5 125, ou sous forme de rente mensuelle au-delà.
À quel âge un enseignant du public peut-il partir ?
Classification sédentaire : ce que cela implique concrètement
Les enseignants sont classés en catégorie sédentaire au sens de la réglementation des pensions civiles. Cela signifie que leur âge d'ouverture des droits suit le calendrier général de la réforme 2023 : 62 ans pour les générations nées avant le 1er septembre 1961, progressivement relevé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969 (calendrier post-LFSS 2026).
L'âge d'annulation de la décote reste fixé à 67 ans. À cet âge, la pension est calculée au taux plein quel que soit le nombre de trimestres accumulés.
À la différence des catégories actives (infirmiers de la FPH ayant conservé l'option B active, aides-soignants, policiers), les enseignants ne bénéficient ni d'un âge de départ abaissé au titre de la pénibilité, ni des mécanismes associés (majoration du dixième des hospitaliers, bonification du cinquième des policiers).
Dispositifs de départ anticipé ouverts aux enseignants
Plusieurs dispositifs permettent néanmoins un départ avant l'âge légal :
Carrière longue. Les enseignants ayant commencé à travailler avant 16, 18 ou 20 ans peuvent partir plus tôt, sous réserve d'une durée de cotisation majorée. Un professeur des écoles entré dans la vie active à 17 ans comme surveillant, puis titularisé, peut en bénéficier si la totalité des trimestres requis est atteinte.
Invalidité. Le départ est possible à tout âge si l'enseignant est reconnu inapte à l'exercice de ses fonctions. La pension est alors calculée sans décote, avec un minimum garanti.
Parent de trois enfants (dispositif éteint). Ce motif de départ anticipé, supprimé depuis 2012, reste accessible aux agents qui remplissaient les conditions avant cette date et qui avaient accompli au moins 15 ans de services.
Handicap. Les enseignants en situation de handicap (taux d'incapacité permanente d'au moins 50 %) peuvent partir dès 55 ans sous conditions de durée cotisée.
Bonifications pour services outre-mer
Les enseignants ayant exercé dans les départements et collectivités d'outre-mer bénéficient de bonifications de dépaysement. Selon le territoire, la bonification peut atteindre le quart, le tiers ou la moitié du temps passé en poste. Par exemple, deux ans passés en Guyane, à Mayotte ou en Nouvelle-Calédonie peuvent générer un an de bonification supplémentaire.
Ces bonifications augmentent la durée de services prise en compte pour le calcul de la pension, ce qui peut permettre d'atteindre le taux plein plus rapidement ou de dépasser le plafond de 75 % (dans la limite de 80 %).
Bonifications pour enfants : un sujet sensible pour les enseignantes
La réglementation distingue deux types de bonifications liées aux enfants :
Bonification d'un an par enfant. Accessible aux femmes fonctionnaires ayant interrompu ou réduit leur activité pour chaque enfant né avant le 1er janvier 2004, sous réserve d'avoir effectué au moins deux mois de congé (maternité, parental, ou disponibilité pour élever un enfant). Cette bonification ajoute quatre trimestres par enfant à la durée de liquidation.
Majoration de pension pour trois enfants ou plus. Tout fonctionnaire (homme ou femme) ayant élevé au moins trois enfants pendant neuf ans avant leur 16e anniversaire bénéficie d'une majoration de 10 % du montant de la pension. Cette majoration est particulièrement significative : pour une pension annuelle de 30 000 euros, elle représente 3 000 euros supplémentaires par an.
Ces bonifications et majorations se cumulent. Une enseignante ayant eu trois enfants avant 2004 et ayant interrompu son activité peut cumuler 12 trimestres de bonification et la majoration de 10 %.
Comment se calcule la pension d'un enseignant fonctionnaire
La formule du SRE appliquée aux enseignants
La pension du SRE est calculée selon la formule suivante :
Pension = Traitement indiciaire des 6 derniers mois x (Nombre de trimestres liquidés / Nombre de trimestres requis) x 75 %
Le traitement indiciaire retenu correspond au dernier échelon détenu pendant au moins six mois. Si l'enseignant a été promu à un échelon supérieur moins de six mois avant son départ, c'est le traitement de l'échelon précédent qui est retenu. Cette règle est particulièrement importante pour les enseignants qui passent la hors-classe ou la classe exceptionnelle en fin de carrière.
Le taux maximum de la pension est de 75 % du traitement indiciaire. Ce plafond peut être dépassé grâce aux bonifications (outre-mer, enfants), dans la limite absolue de 80 %.
Exemples concrets de pension enseignante
Professeur certifié, 5e échelon de la hors-classe (indice majoré 768). Le traitement brut mensuel est de 3 781 euros (768 x 4,92278 euros), soit environ 45 368 euros bruts annuels. Avec une carrière complète (172 trimestres), la pension brute annuelle est de 34 026 euros environ, soit 2 836 euros bruts mensuels.
Professeur agrégé, classe exceptionnelle, chevron terminal HEB3 (indice majoré 1 072). Depuis le décret n° 2023-720 du 4 août 2023, le 5e et dernier échelon de la classe exceptionnelle des agrégés se décompose en trois chevrons hors-échelle B à progression annuelle automatique (HEB1, HEB2, HEB3) ; le chevron terminal, HEB3, porte l'indice majoré 1 072. Le traitement brut mensuel s'élève à 5 277,22 euros (1 072 x 4,92278 euros), soit environ 63 326,64 euros bruts annuels. Avec une carrière complète (172 trimestres), la pension brute annuelle atteint 47 494,98 euros (75 % de 63 326,64 euros), soit environ 3 957,92 euros bruts mensuels. Ce niveau reste rare : il suppose d'avoir atteint le sommet de la hors-classe, puis d'avoir passé plusieurs années au sommet de la classe exceptionnelle, un cas minoritaire parmi les agrégés partant en retraite.
Professeur des écoles, classe normale, échelon 9. Le traitement brut annuel est d'environ 33 000 euros. Avec 165 trimestres sur 172 requis, la pension brute annuelle descend à environ 23 700 euros, soit 1 975 euros bruts mensuels, sous le seul effet de la proratisation des trimestres. Une décote éventuelle, calculée selon l'âge de départ, viendrait réduire encore ce montant.
Décote et surcote : les leviers de fin de carrière
En cas de trimestres manquants, une décote de 1,25 % par trimestre s'applique, dans la limite de 20 trimestres (soit 25 % de réduction maximale). La décote se calcule sur le plus petit des deux écarts suivants : trimestres manquants par rapport à la durée requise, ou trimestres séparant l'âge de départ de 67 ans.
À l'inverse, les trimestres accomplis au-delà du nombre requis génèrent une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire. Pour un enseignant dont la pension de base est de 2 500 euros mensuels, chaque trimestre de surcote représente environ 31 euros par mois, de façon pérenne. Sur 15 ou 20 ans de retraite, le gain cumulé peut être significatif.
Suppléances, année de stage, RAFP : votre relevé est-il complet ?
Les services auxiliaires et les suppléances de début de carrière relèvent de l'Ircantec et manquent souvent au RIS. Carriva détecte ces années fantômes.
Classe exceptionnelle, hors-classe : quel impact sur la pension
La pension d'un enseignant fonctionnaire se calcule sur le traitement indiciaire détenu depuis six mois au moins au moment du départ, en application de l'article L. 15 du code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR). Cette règle transforme les avancements de fin de carrière en enjeu direct pour la pension : accéder à la hors-classe ou à la classe exceptionnelle avant le départ change immédiatement le traitement de référence, à condition d'avoir été promu au moins six mois avant la radiation des cadres.
La hors-classe : sept échelons, accessibles à la majorité des carrières
La hors-classe des professeurs certifiés comporte sept échelons, avec un indice majoré (IM) allant de 595 au premier échelon à 826 au septième, selon le décret n° 2023-721 du 4 août 2023 relatif à l'échelonnement indiciaire des personnels enseignants, d'éducation et des psychologues de l'éducation nationale (Légifrance). Au 5e échelon (IM 768), le traitement indiciaire brut mensuel s'élève à 3 781 euros (768 x 4,92278 euros, valeur du point d'indice fixée par le décret n° 2023-519 du 28 juin 2023, gelée depuis le 1er juillet 2023 et reconduite pour 2026 sans revalorisation annoncée), soit environ 45 368 euros bruts annuels.
La classe exceptionnelle : un grade contingenté, en partie hors-échelle
L'accès à la classe exceptionnelle est réservé aux professeurs certifiés ayant atteint au moins le 5e échelon de la hors-classe, dans la limite d'un contingent annuel (décret n° 2023-720 du 4 août 2023 modifiant certaines dispositions statutaires applicables aux corps enseignants, Légifrance) : l'accès reste sélectif. Le grade comporte cinq échelons. Les quatre premiers suivent une échelle indiciaire classique, du 1er échelon (IM 700) au 4e échelon (IM 835), toujours selon le décret n° 2023-721 précité. Le 5e et dernier échelon, en revanche, sort de l'échelle indiciaire ordinaire : depuis le décret n° 2023-720 précité, il correspond au groupe hors-échelle A (HEA), dont l'indice ne s'exprime pas comme un indice majoré classique mais selon une grille hors-échelle distincte, revalorisée par un texte séparé. Faute de source primaire directe donnant cet indice avec certitude au moment de la rédaction, nous ne publions pas de montant chiffré pour ce 5e échelon ; les échelons 1 à 4, en revanche, sont pleinement sourçables.
Entre le 5e échelon de la hors-classe (IM 768) et le 4e échelon de la classe exceptionnelle (IM 835), soixante-sept points d'indice majoré séparent les deux grades, soit environ 330 euros de traitement brut mensuel en plus (67 x 4,92278 euros), et environ 247 euros de pension mensuelle supplémentaire à taux plein de 75 %. Un professeur promu à la classe exceptionnelle plus de six mois avant son départ voit donc sa pension calculée sur ce traitement plus élevé ; une promotion trop tardive, obtenue moins de six mois avant la radiation des cadres, ne produit aucun effet sur le montant de la pension, en application stricte de l'article L. 15 du CPCMR. C'est précisément ce type d'erreur d'échelon, déjà évoqué plus haut sur cette page, qu'un audit du relevé de carrière sur carriva.fr/audit permet de détecter avant le départ.
Montant de la retraite enseignant par corps et classe en 2026
Aucun barème officiel ne fixe une pension en euros par corps ou par classe : le montant résulte toujours de la formule du SRE décrite plus haut, appliquée au traitement indiciaire des six derniers mois. Les estimations ci-dessous appliquent cette logique à l'indice majoré (IM) du dernier échelon typique de fin de carrière pour chaque corps et chaque classe, avec la valeur du point d'indice de la fonction publique en vigueur en 2026 (4,92278 € par point majoré, gelée depuis le 1er juillet 2023). Le traitement indiciaire brut mensuel correspond à l'IM multiplié par la valeur du point ; la pension estimée applique le taux plein de 75 % à ce traitement, pour une carrière complète.
| Corps et classe | IM typique de fin de carrière | Traitement indiciaire brut mensuel (2026) | Pension mensuelle brute estimée à taux plein |
|---|---|---|---|
| Professeur des écoles ou certifié, classe normale (11e échelon) | 678 | 3 338 € | 2 503 € |
| Professeur des écoles ou certifié, hors classe (7e échelon) | 826 | 4 066 € | 3 050 € |
| Professeur des écoles ou certifié, classe exceptionnelle (4e échelon) | 835 | 4 111 € | 3 083 € |
| Professeur agrégé, classe normale (11e échelon) | 835 | 4 111 € | 3 083 € |
| Professeur agrégé, hors classe (chevron terminal HEA3) | 977 | 4 810 € | 3 607 € |
| Professeur agrégé, classe exceptionnelle (chevron terminal HEB3) | 1 072 | 5 277 € | 3 958 € |
Sources : échelonnement indiciaire des corps enseignants fixé par le décret n° 2023-721 du 4 août 2023 (Légifrance) et grilles indiciaires 2026 de l'Éducation nationale pour les professeurs des écoles, certifiés et agrégés (classe normale : IM 395 à 678 ; hors classe : IM 595 à 826 ; classe exceptionnelle : IM 700 à 835 pour les échelons 1 à 4, le 5e et dernier échelon relevant du groupe hors-échelle A) ; indices des chevrons hors-échelle A et B 2026 (HEA3 : IM 977 ; HEB3 : IM 1 072) issus du barème des traitements hors échelle de la fonction publique ; valeur du point d'indice (4,92278 €) fixée par le décret n° 2023-519 du 28 juin 2023, gelée depuis le 1er juillet 2023 et reconduite pour 2026 sans revalorisation annoncée. Page mise à jour le 26 juillet 2026.
Ces montants sont des estimations volontairement prudentes, calculées à taux plein (75 %) sur le seul traitement indiciaire, hors décote et hors surcote, en supposant l'échelon terminal détenu au moins six mois avant la radiation des cadres. Deux mécanismes déjà décrits sur cette page peuvent les faire varier à la hausse : les bonifications (services outre-mer, enfants nés avant 2004) permettent d'atteindre le taux plein plus tôt, voire de dépasser 75 % dans la limite de 80 %, et la majoration de 10 % pour trois enfants s'ajoute au montant liquidé. À l'inverse, une carrière incomplète (proratisation des trimestres), une décote de 1,25 % par trimestre manquant, un temps partiel non surcotisé ou une promotion obtenue moins de six mois avant le départ réduisent la pension. Le 5e échelon de la classe exceptionnelle des professeurs des écoles et des certifiés (hors-échelle A) dépasse les indices retenus ici. Les primes (ISOE, HSA, REP/REP+) restent exclues du calcul, seul le RAFP les valorise partiellement. La seule réponse fiable reste la lecture de votre relevé de carrière : un audit du relevé sur carriva.fr/audit confronte votre échelon terminal réel, vos bonifications et votre durée liquidée au calcul du SRE.
Les erreurs les plus courantes sur le relevé de carrière des enseignants
Le relevé de carrière des enseignants du public présente régulièrement les erreurs suivantes :
Année de stage absente ou mal rattachée. L'année de stage de titularisation est parfois absente du relevé SRE, ou enregistrée au régime général si l'agent était précédemment contractuel. La validation des services auxiliaires doit avoir été effectuée pour que ces périodes soient prises en compte. Un enseignant titularisé à 25 ans après deux ans de vacation peut perdre ces deux années s'il n'a pas fait la démarche de validation.
Services outre-mer sans bonification. Les bonifications de dépaysement n'apparaissent pas toujours, notamment lorsque l'affectation outre-mer a été de courte durée ou lorsqu'elle a précédé la numérisation des dossiers. Les enseignants ayant exercé en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie ou à Wallis-et-Futuna sont particulièrement concernés.
Erreur d'échelon ou de corps après reclassement. Le traitement de référence étant celui des six derniers mois, toute erreur d'échelon dans le dossier administratif a un impact direct sur la pension. Les reclassements lors de changements de corps sont une source fréquente d'erreurs : passage de PE à certifié, de certifié à agrégé, ou accès à la hors-classe et à la classe exceptionnelle. Une erreur d'un seul échelon peut représenter 50 à 150 euros de pension mensuelle en moins.
Primes et indemnités absentes du RAFP. Les HSA, HSE, ISOE (part fixe et modulable), indemnités REP/REP+ et prime d'attractivité doivent être intégrées dans l'assiette du RAFP. Des omissions existent, notamment dans les établissements où la gestion de la paie est fragmentée entre plusieurs services.
Périodes de disponibilité confondues avec le détachement. Les années de disponibilité pour convenances personnelles (suivi du conjoint, projet personnel) ne génèrent aucun droit au SRE. Les périodes de détachement, en revanche, doivent être validées et cotisées. La confusion entre ces deux situations est courante et peut couter plusieurs trimestres.
Bonifications pour enfants non enregistrées. Les bonifications d'un an par enfant né avant le 1er janvier 2004 sont parfois absentes ou mal calculées, en particulier lorsque l'interruption d'activité a pris la forme d'un temps partiel plutôt que d'un congé parental complet. La majoration de 10 % pour trois enfants doit également être vérifiée.
Périodes de TZR mal tracées. Les enseignants titulaires sur zone de remplacement (TZR) changent fréquemment d'établissement. Ces changements d'affectation peuvent générer des ruptures dans le dossier administratif, avec des périodes non tracées ou des rémunérations incohérentes.
Et vous ?
Avez-vous déjà vérifié votre relevé de carrière ?
Questions fréquentes sur la retraite des enseignants du public
Combien touche un prof de lycée certifié à la retraite ?
Il n'existe pas de moyenne officielle par métier, mais un calcul transparent permet d'illustrer l'ordre de grandeur. Prenons un professeur certifié enseignant en lycée, parvenu au 4e échelon de la classe exceptionnelle (indice majoré 835, source : décret n° 2023-721 du 4 août 2023, Légifrance). Son traitement indiciaire brut mensuel s'élève à 835 x 4,92278 euros = 4 111 euros, soit environ 49 326 euros bruts annuels. S'il liquide sa pension avec une carrière complète (nombre de trimestres liquidés égal au nombre de trimestres requis pour sa génération), il atteint le taux plein de 75 % : sa pension SRE de base s'élève alors à 49 326 x 75 % = 36 995 euros bruts annuels, soit environ 3 083 euros bruts mensuels. Un professeur agrégé au même niveau de fin de carrière perçoit davantage, sa grille indiciaire étant globalement plus favorable à ancienneté comparable, mais nous ne publions pas de montant chiffré pour ce corps faute d'indice sourcé avec la même précision au moment de la rédaction. Ce montant est un exemple de calcul, pas une moyenne nationale : il varie selon l'échelon réellement atteint en fin de carrière, la durée de services et la génération de l'enseignant. Une erreur d'échelon dans le dossier administratif, évoquée plus haut sur cette page, peut faire basculer ce calcul de plusieurs dizaines d'euros par mois.
Un professeur des écoles et un agrégé cotisent-ils au même régime ?
Oui, tous les enseignants titulaires de l'Éducation nationale relèvent du SRE et du RAFP, quel que soit leur corps (PE, certifié, agrégé, PLP, PEPS). La différence se joue sur le traitement indiciaire, qui est plus élevé pour un agrégé. À carrière complète, un agrégé percevra une pension supérieure à un certifié, non pas parce que le régime est différent, mais parce que la grille indiciaire est plus favorable. Le RAFP est identique pour tous, au prorata des primes perçues.
Les heures supplémentaires comptent-elles pour la retraite ?
Les heures supplémentaires annualisées (HSA) et les heures supplémentaires effectives (HSE) n'entrent pas dans le calcul de la pension de base au SRE, car elles ne font pas partie du traitement indiciaire. En revanche, elles sont intégrées dans l'assiette du RAFP (dans la limite du plafond de 20 % du traitement indiciaire). Un enseignant effectuant 3 HSA par semaine pendant 20 ans accumule plusieurs centaines de points RAFP supplémentaires. Ce n'est pas anodin, mais le RAFP ne compense pas l'exclusion des primes du calcul SRE.
Est-il vrai que les six derniers mois sont déterminants ?
C'est le coeur du calcul. La pension SRE repose sur le traitement indiciaire des six derniers mois, pas sur une moyenne de carrière. Un enseignant certifié promu à la hors-classe deux ans avant son départ verra sa pension calculée sur ce traitement plus élevé. Inversement, un enseignant qui reste bloqué en classe normale verra sa pension plafonnée à un niveau inférieur. C'est pourquoi les avancements tardifs (hors-classe, classe exceptionnelle) ont un impact disproportionné sur la pension, et pourquoi toute erreur d'échelon dans le dossier administratif doit être corrigée avant le départ.
Quelle retraite pour un prof certifié hors classe ?
Au 7e et dernier échelon de la hors classe (IM 826), le traitement indiciaire brut mensuel 2026 s'élève à 4 066 € (826 x 4,92278 €). À taux plein (75 %), la pension brute atteint environ 3 050 € par mois. Un certifié parti du 5e échelon de la hors classe (IM 768) perçoit environ 2 836 € bruts mensuels à taux plein. Ces montants supposent une carrière complète et l'échelon détenu au moins six mois avant le départ : la grille détaillée par corps et classe figure plus haut sur cette page.
Quelle retraite pour un prof certifié en classe exceptionnelle ?
Au 4e échelon de la classe exceptionnelle (IM 835), le traitement indiciaire brut mensuel 2026 est de 4 111 € et la pension brute à taux plein d'environ 3 083 € par mois. Le 5e et dernier échelon (hors-échelle A) porte le traitement au-delà de ces montants. La promotion doit être effective au moins six mois avant la radiation des cadres pour compter dans le calcul : une promotion trop tardive laisse la pension calculée sur la hors classe.
Quelle retraite pour un professeur des écoles hors classe ?
Les professeurs des écoles partagent la même grille indiciaire que les certifiés : au 7e échelon de la hors classe (IM 826), le traitement brut mensuel 2026 est de 4 066 € et la pension brute à taux plein d'environ 3 050 € par mois. Au 5e échelon (IM 768), elle s'établit autour de 2 836 €. La différence avec un certifié ne vient donc pas du barème mais de la carrière réelle : rythme d'accès à la hors classe, interruptions, temps partiels et bonifications pour enfants, fréquentes dans le premier degré.
Métiers du même régime, règles différentes
Comme les enseignants, ces agents relèvent du Service des Retraites de l'État, mais en catégorie active, avec un départ anticipé que les enseignants n'ont pas :
- Retraite des policiers et gendarmes : catégorie active du SRE, avec départ anticipé et bonification du cinquième.
- Retraite des militaires : départ possible après 17 ou 27 ans de services et bonifications de campagne propres aux armées.
Les enseignants du public ne doivent pas non plus être confondus avec les agents de la fonction publique territoriale, qui relèvent d'une caisse différente (la CNRACL, et non le SRE) : consultez nos pages dédiées à la retraite des ATSEM et à la retraite des fonctionnaires territoriaux pour ne pas confondre les deux régimes.
Faites contrôler votre dossier avant le départ
Entre le stage initial mal comptabilisé, les bonifications pour enfants oubliées, les points RAFP manquants et les erreurs d'échelon dans le dossier administratif, le relevé de carrière d'un enseignant du public comporte rarement zéro anomalie. Chaque erreur non corrigée se traduit par une pension minorée, versée chaque mois pendant toute la durée de la retraite.
Rendez-vous sur carriva.fr/audit pour faire analyser votre relevé de carrière. L'outil identifie les incohérences propres aux enseignants fonctionnaires (échelon, corps, bonifications, RAFP) et vous indique précisément les points à régulariser auprès du rectorat ou du SRE avant votre départ.
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Votre relevé de carrière d'enseignant contient peut-être des erreurs
Sur ce type de carrière, l'audit Carriva repère le plus souvent :
- Suppléances et services auxiliaires absents (Ircantec)
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