Retraite militaire 2026 : montant par grade
Le régime de retraite des militaires relève du SRE avec des règles de départ très spécifiques : 17 ans pour les sous-officiers, 27 ans pour les officiers, et des bonifications de campagne uniques.

Sur cette page
- Pourquoi la retraite militaire n'a rien de comparable au civil
- Le Code des pensions militaires et le SRE
- Départ après 17 ou 27 ans de services : les seuils propres aux armées
- Pension selon la durée de service militaire : 15, 20, 25 ans, engagement court
- Solde de référence, bonifications et minimum garanti : le calcul de la pension militaire
- Marine nationale et sous-mariniers : mêmes règles, bonifications spécifiques
- Montant de la retraite militaire par grade en 2026
- Consulter sa pension militaire sur l'ENSAP
- Ce que le SRE oublie souvent dans les dossiers militaires
- Date de paiement de la pension militaire en 2026
- Questions fréquentes sur la retraite militaire
- Autres métiers relevant du SRE
- Faites vérifier vos bonifications et vos états de services
Pourquoi la retraite militaire n'a rien de comparable au civil
Un militaire perçoit une pension du Service des Retraites de l'État calculée sur la solde indiciaire de ses six derniers mois, à hauteur de 75 % au taux plein, avec une liquidation possible dès 17 ans de services pour les sous-officiers ou 27 ans pour les officiers. Selon le grade, cette pension estimée en 2026 s'échelonne d'environ 1 700 € brut par mois pour un sergent à près de 3 750 € pour un colonel, avant bonifications de campagne.
Le régime de retraite des militaires est l'un des plus spécifiques de la fonction publique française. Les militaires relèvent du Service des Retraites de l'État (SRE), comme les autres fonctionnaires d'État, mais bénéficient de règles de départ et de calcul profondément différentes de celles applicables aux civils.
La particularité centrale tient à la possibilité de partir à la retraite après une durée minimale de services, sans condition d'âge. Cette logique, fondée sur les contraintes opérationnelles et les exigences physiques du métier des armes, permet à de nombreux militaires de liquider leur pension dès la quarantaine. En contrepartie, les pensions servies sont souvent modestes, ce qui impose une reconversion professionnelle ou un cumul avec une activité civile.
Les bonifications de campagne, les majorations pour enfants, la pension à jouissance différée et les règles spécifiques de la pension de réversion complètent un régime qui nécessite une attention particulière lors de la vérification du relevé.
Le Code des pensions militaires et le SRE
Retraite de base : le SRE
Les militaires de carrière et sous contrat relèvent du SRE pour leur pension militaire de retraite. Ce régime est régi par le Code des pensions civiles et militaires de retraite. Les pensions sont payées directement par le budget de l'État, sans intermédiaire de caisse.
Les cotisations salariales s'élèvent à 11,10 % de la solde indiciaire brute. La cotisation est prélevée sur la solde de base, hors primes et indemnités opérationnelles.
Retraite complémentaire : le RAFP
Depuis 2005, les militaires cotisent au RAFP pour les éléments de rémunération non inclus dans la solde indiciaire : indemnité de sujétion pour service à l'étranger, prime de qualification, indemnité pour charges militaires. L'assiette est plafonnée à 20 % de la solde indiciaire brute.
Seconde carrière et cumul de régimes
Les militaires qui effectuent une seconde carrière dans le civil cumulent des droits dans un second régime (régime général, CNRACL ou autre). Les trimestres acquis dans chaque régime sont additionnés pour le calcul de la durée d'assurance tous régimes, mais chaque pension est calculée indépendamment selon les règles propres à chaque régime.
Ce cas de figure est très fréquent : de nombreux sous-officiers quittent les armées entre 37 et 42 ans et effectuent 15 à 20 ans dans le civil. La pension militaire est alors liquidée immédiatement ou en jouissance différée, et la pension civile vient s'y ajouter à l'âge légal de départ du régime concerné.
Départ après 17 ou 27 ans de services : les seuils propres aux armées
Départ par ancienneté de services
Les militaires ne sont pas soumis à un âge légal de départ au sens classique. Ils peuvent liquider leur pension dès qu'ils ont accompli une durée minimale de services :
Pour les militaires du rang et sous-officiers, la durée minimale est de 17 ans de services militaires effectifs. Pour les officiers de carrière, cette durée est portée à 27 ans de services.
Les officiers sous contrat et les militaires engagés sous contrat peuvent également prétendre à une pension, sous réserve de remplir les conditions de durée de services spécifiques à leur situation.
Pension à jouissance différée
Le militaire qui quitte les armées avant d'atteindre les 17 ou 27 ans requis pour une jouissance immédiate peut avoir droit à une pension à jouissance différée, selon sa durée de services. Le seuil minimal d'ouverture des droits dépend de la date de recrutement : au moins 2 ans de services pour les militaires recrutés à partir du 1er janvier 2014, mais au moins 15 ans pour ceux recrutés avant cette date (en deçà, les cotisations sont transférées au régime général). L'âge de perception dépend lui aussi de la durée accomplie : les militaires ayant au moins 15 ans de services perçoivent leur pension différée dès 52 ans (âge porté progressivement à 54 ans pour les générations nées après 1971), tandis que ceux ayant moins de 15 ans de services doivent attendre l'âge légal de départ applicable aux fonctionnaires civils (62 à 64 ans selon la génération). Ce mécanisme est mal connu et provoque régulièrement des surprises chez les militaires contractuels qui pensent avoir perdu leurs droits après une carrière courte.
Limites d'âge par grade
Chaque grade militaire est assorti d'une limite d'âge au-delà de laquelle le militaire est radié des cadres. Ces limites varient selon le corps et le grade : 59 ans pour un colonel de l'armée de terre, 58 ans pour un adjudant-chef. Les officiers généraux suivent quant à eux la limite d'âge applicable au grade de colonel de leur corps de rattachement, avec un maintien possible en première section jusqu'à 63 ans au maximum. Le militaire atteint par la limite d'âge de son grade est mis à la retraite d'office.
Radiation pour invalidité
Les militaires reconnus inaptes au service peuvent être mis à la retraite pour invalidité à tout moment, sans condition de durée de services. La pension est alors calculée selon des règles spécifiques, avec application du minimum garanti. Si l'invalidité est imputable au service, la pension peut être complétée par une pension militaire d'invalidité (PMI), cumulable avec la pension de retraite.
Pension selon la durée de service militaire : 15, 20, 25 ans, engagement court
Le montant de la pension suit toujours la même formule (solde indiciaire des six derniers mois x trimestres liquidés / trimestres requis x 75 % maximum), mais la date à laquelle elle est versée dépend entièrement de la durée de services accomplie, du corps (sous-officier ou officier) et de la date de recrutement. Le tableau suivant synthétise les principaux cas de figure.
| Durée de services accomplie | Sous-officier | Officier |
|---|---|---|
| Moins de 2 ans (recruté depuis le 01/01/2014) ou moins de 15 ans (recruté avant) | Aucune pension militaire : rétablissement au régime général et à l'Ircantec (affiliation rétroactive) | Idem |
| Autour de 5 ans (exemple d'engagement court, recruté depuis le 01/01/2014) | Pension à jouissance différée, versée à l'âge légal applicable aux fonctionnaires civils sédentaires (62 à 64 ans selon la génération) | Idem |
| 15 ans | Pension à jouissance différée, versée dès 52 ans (âge relevé progressivement jusqu'à 54 ans selon la génération ; ce relèvement est suspendu pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026) | Idem |
| 17 ans | Pension à jouissance immédiate, versée dès la radiation des cadres | Pension à jouissance différée (seuil des officiers non atteint), versée dès 52 à 54 ans |
| 20 ans | Pension à jouissance immédiate | Pension à jouissance différée, versée dès 52 à 54 ans |
| 25 ans | Pension à jouissance immédiate | Pension à jouissance différée, versée dès 52 à 54 ans |
| 27 ans et plus | Pension à jouissance immédiate | Pension à jouissance immédiate, versée dès la radiation des cadres |
Le cas de l'officier qui quitte les armées après 25 ans de services, tout proche du seuil des 27 ans requis, illustre bien le mécanisme : il ne perd aucun droit, sa pension est définitivement acquise, mais elle est différée jusqu'à 52-54 ans plutôt que versée immédiatement à son départ. Pour situer votre propre cas selon votre durée de services et votre génération, utilisez notre simulateur de date de départ.
Sources : Service des Retraites de l'État, pages « L'ouverture des droits à retraite et l'âge légal de départ - spécificités des militaires » et « Affiliation rétroactive au régime général et à l'Ircantec » (retraitesdeletat.gouv.fr).
Solde de référence, bonifications et minimum garanti : le calcul de la pension militaire
Formule de base
La pension militaire est calculée selon la même formule que les pensions civiles du SRE :
Pension = Solde indiciaire des 6 derniers mois x (Nombre de trimestres liquidés / Nombre de trimestres requis) x 75 %
La solde de référence correspond au dernier indice détenu pendant au moins six mois avant la radiation des cadres. Le taux maximum de 75 % peut être dépassé grâce aux bonifications, dans la limite absolue de 80 %.
Décote et surcote
Une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique si le militaire part avant d'avoir atteint le taux plein. Toutefois, la décote est atténuée par un mécanisme spécifique : elle ne s'applique pas si le militaire atteint la limite d'âge de son grade ou s'il est radié pour invalidité. À l'inverse, un militaire qui reste en service au-delà de la durée requise pour le taux plein bénéficie d'une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire.
Minimum garanti
Un minimum garanti de pension est fixé par le Code des pensions. Il s'applique aux militaires qui partent après la durée minimale de services mais dont le calcul aboutit à un montant inférieur au plancher. Le minimum garanti est progressif : après 17 ans de services pour un sous-officier, il correspond à un pourcentage de l'indice majoré 227, augmenté par année de service supplémentaire. Ce filet de sécurité est particulièrement important pour les militaires du rang, dont la solde indiciaire reste modeste tout au long de la carrière.
Bonifications de campagne et OPEX
Les bonifications de campagne constituent l'un des éléments les plus importants et les plus complexes de la retraite militaire. Elles augmentent la durée de services prise en compte pour le calcul de la pension, sans que le militaire ait à cotiser pour ces trimestres supplémentaires.
Il existe trois types de bonifications :
La demi-campagne accorde un bénéfice égal à la moitié du temps passé en opérations. La campagne simple accorde un bénéfice égal à la totalité du temps passé. La campagne double accorde un bénéfice égal au double du temps passé (soit le triple au total).
Le type de campagne dépend du théâtre d'opérations, de la période et du niveau de risque. Les opérations extérieures (OPEX) contemporaines génèrent généralement des bonifications de campagne double. C'est le cas des déploiements au Sahel (opération Barkhane), au Levant (opération Chammal) ou en Méditerranée orientale. Les périodes de combat actif ou d'exposition directe au feu peuvent donner lieu à une campagne triple.
Un militaire ayant cumulé 4 ans d'OPEX en campagne double voit sa durée de liquidation augmenter de 8 ans, soit 32 trimestres supplémentaires. L'impact sur le montant de la pension est considérable et justifie à lui seul une vérification minutieuse du relevé.
Bénéfices de campagne et bonification du cinquième : souvent absents du RIS
Les campagnes (OPEX, embarquement) comptent double ou davantage, et la bonification du cinquième s'y ajoute. Vérifiez que rien ne manque avant de liquider.
Marine nationale et sous-mariniers : mêmes règles, bonifications spécifiques
Les officiers et sous-officiers de la marine nationale relèvent du même régime SRE et de la même formule de calcul que les autres armées. Leurs limites d'âge par grade sont d'ailleurs alignées sur celles de l'armée de terre pour les officiers : 59 ans jusqu'au grade de capitaine de vaisseau (équivalent colonel), 63 ans au maximum pour le maintien en première section des officiers généraux (amiraux), selon l'article L4139-16 du code de la défense, version en vigueur depuis le 1er septembre 2023. Les sous-officiers de marine (officiers mariniers) suivent la grille commune aux sous-officiers de carrière de l'armée de terre, de la marine et de l'air non navigants : jusqu'à 58 ans pour le grade équivalent adjudant-chef, 59 ans pour le grade équivalent major.
La spécificité de la marine tient aux bonifications pour services sous-marins et services aériens (aéronautique navale), distinctes des bonifications de campagne classiques : la durée de ces services est affectée de coefficients variables selon leur nature. Ces bonifications s'additionnent aux bénéfices de campagne, sans que leur total puisse dépasser le double de la durée effective des services concernés. Source : Service des Retraites de l'État, page « Le calcul de la pension » (retraitesdeletat.gouv.fr).
Cette page concerne exclusivement les militaires de la marine nationale. Les marins de commerce, marins pêcheurs et gens de mer relèvent d'un régime totalement différent, l'ENIM : consultez notre page dédiée à la retraite des marins et de la marine marchande pour ne pas confondre les deux régimes.
Montant de la retraite militaire par grade en 2026
Il n'existe pas de barème de pension en euros par grade : le montant résulte toujours de la solde indiciaire des six derniers mois, de la durée liquidée et des bonifications. Les estimations ci-dessous appliquent la formule du SRE déjà décrite à un indice majoré (IM) de fin de carrière typique par grade, avec la valeur du point d'indice de la fonction publique 2026 (4,92278 € par point majoré, gelée depuis le 1er juillet 2023). La solde indiciaire brute mensuelle correspond à l'IM multiplié par la valeur du point ; la pension estimée applique le taux plein de 75 % à cette solde.
| Grade (armée de terre) | IM typique de fin de carrière | Solde indiciaire brute mensuelle (2026) | Pension mensuelle brute estimée à taux plein |
|---|---|---|---|
| Sergent | 460 | 2 264 € | 1 698 € |
| Adjudant | 565 | 2 781 € | 2 086 € |
| Adjudant-chef | 595 | 2 929 € | 2 197 € |
| Lieutenant | 580 | 2 855 € | 2 141 € |
| Capitaine | 700 | 3 446 € | 2 585 € |
| Commandant | 821 | 4 042 € | 3 031 € |
| Lieutenant-colonel | 944 | 4 647 € | 3 485 € |
| Colonel | 1 015 | 4 997 € | 3 748 € |
Source : valeur du point d'indice majoré (4,92278 €) fixée par le décret n° 2023-519 du 28 juin 2023 (Légifrance), gelée depuis le 1er juillet 2023 et reconduite pour 2026 sans revalorisation annoncée. Indices majorés de référence établis à partir des grilles indiciaires de solde des militaires fixées par les décrets n° 2009-20 et n° 2009-21 du 7 janvier 2009 fixant les indices de solde applicables aux officiers et aux militaires non officiers, dans leur rédaction issue des revalorisations successives, notamment les décrets n° 2023-634 du 20 juillet 2023 et n° 2024-1121 du 4 décembre 2024 pour les non-officiers et la nouvelle grille indiciaire des officiers présentée par le ministère des Armées (terre.defense.gouv.fr). Page mise à jour le 26 juillet 2026.
Ces montants sont des estimations prudentes, calculées à taux plein (75 %) sur la seule solde indiciaire, hors décote et hors surcote. Ils peuvent être nettement dépassés par les bonifications de campagne, qui ajoutent des trimestres sans cotisation et permettent de porter le taux jusqu'à 80 % : un militaire ayant cumulé plusieurs années d'OPEX en campagne double dépasse largement l'estimation de son grade. À l'inverse, une carrière plus courte que la durée requise entraîne une décote (sauf atteinte de la limite d'âge du grade ou radiation pour invalidité), et le minimum garanti relève le plancher des soldes les plus modestes, notamment pour les militaires du rang et les sous-officiers. La seule réponse fiable reste votre relevé : un audit du relevé sur carriva.fr/audit confronte votre indice terminal réel et vos bonifications de campagne au calcul du SRE.
Consulter sa pension militaire sur l'ENSAP
L'ENSAP (Espace numérique sécurisé de l'agent public, ensap.gouv.fr) est le portail officiel de gestion des pensions civiles et militaires de l'État. Un militaire en fin de carrière ou déjà retraité peut y consulter son relevé de carrière individuel, son dernier bulletin de pension, et utiliser le simulateur de calcul pour estimer sa date de départ et le montant correspondant à son indice réel et à sa durée de services exacte. C'est également via l'ENSAP que s'effectue la demande de liquidation de la pension, en particulier pour les pensions à jouissance différée, qui doivent être demandées quelques mois avant l'âge d'ouverture des droits.
Ce que le SRE oublie souvent dans les dossiers militaires
Les dossiers de pension militaire présentent des erreurs spécifiques qu'il est essentiel de détecter :
Bonifications de campagne manquantes ou sous-évaluées. Les bonifications sont calculées sur la base des ordres de mission et des journaux de marche. Des OPEX peuvent ne pas avoir été correctement enregistrées, notamment pour les missions de courte durée (moins de 30 jours), les détachements auprès d'organismes interalliés (OTAN, ONU), ou les missions de courte durée enchaînées sans retour en métropole.
Erreur de grade ou d'échelon. La solde de référence étant celle des six derniers mois, toute erreur dans l'historique des avancements a un impact direct. Les retards de notation ou les erreurs de reclassement lors d'un changement de corps sont fréquents, en particulier lors du passage d'un corps technique (matériel, transmissions) vers un corps combattant.
Services comme appelé non validés. Les périodes de service national (ancien service militaire obligatoire) doivent être validées au SRE si le militaire a poursuivi une carrière militaire. Ces périodes sont parfois absentes ou mal comptabilisées, notamment lorsque l'appelé a été affecté à un régiment différent de celui de sa carrière ultérieure.
Périodes en école militaire. Les années de formation initiale en école (Saint-Cyr, École navale, École de l'air, écoles de sous-officiers de Rochefort ou Saint-Maixent) comptent comme services effectifs. Leur prise en compte sur le relevé doit être vérifiée.
Campagnes antérieures à la numérisation. Les opérations effectuées avant les années 2000 (Liban, ex-Yougoslavie, Tchad, Rwanda) reposent sur des archives papier. Les erreurs de transcription lors de la numérisation des dossiers sont régulières, et le type de campagne attribué (simple, double, triple) mérite une vérification systématique.
Pension de réversion et décès imputable au service. La pension de réversion militaire obéit à des règles spécifiques : pas de condition d'âge pour le conjoint survivant si le décès est imputable au service. Le taux de réversion est de 50 % de la pension du militaire décédé. Les orphelins peuvent également bénéficier d'une pension temporaire sous conditions. La vérification des droits du conjoint doit être anticipée, en particulier en cas de remariage ou de concubinage.
Date de paiement de la pension militaire en 2026
Les pensions militaires de retraite sont gérées par le Service des Retraites de l'État (SRE) et suivent exactement le même calendrier de versement que les pensions civiles des fonctionnaires d'État. Le paiement intervient en fin de mois, à terme échu, selon le calendrier officiel publié sur retraitesdeletat.gouv.fr et géré via l'espace personnel ENSAP (ensap.gouv.fr).
Pour 2026, la mensualité de décembre est anticipée avant les fêtes : le versement de décembre 2026 est prévu le mercredi 23 décembre 2026. La date émise par le SRE correspond à l'ordre de virement ; comptez un délai bancaire de 1 à 3 jours ouvrés avant le crédit sur votre compte. Le détail des 12 versements 2026 est récapitulé sur notre calendrier de paiement de la retraite, et le fonctionnement du SRE et de l'ENSAP est expliqué dans notre guide de la retraite des fonctionnaires. Le détail mois par mois pour les pensions militaires et de la fonction publique figure dans notre calendrier de paiement fonctionnaire et militaire 2026.
Questions fréquentes sur la retraite militaire
Quel est le montant de la retraite d'un colonel de l'armée de terre ?
Il n'existe pas de montant forfaitaire de pension par grade : la retraite d'un colonel de l'armée de terre se calcule comme toute pension militaire du SRE, à partir de la solde indiciaire du dernier grade et échelon détenus pendant au moins six mois avant la radiation des cadres, multipliée par le ratio des trimestres liquidés sur les trimestres requis, dans la limite de 75 % (pouvant être portée jusqu'à 80 % grâce aux bonifications). Pour un colonel, le résultat dépend donc de l'échelon terminal atteint dans le grade, de la durée totale de services, des bonifications de campagne accumulées au titre des OPEX et de la bonification du cinquième le cas échéant. La limite d'âge du grade de colonel de l'armée de terre étant de 59 ans, un colonel qui reste en service jusqu'à cette limite et au-delà de la durée requise pour le taux plein peut bénéficier d'une surcote. Pour connaître le montant exact attaché à votre indice, reportez-vous à la grille indiciaire des officiers et au simulateur de l'ENSAP ; la CPCMR et le bureau des pensions du ministère des Armées restent les sources de référence.
Comment la pension varie-t-elle selon le grade et l'échelon (adjudant-chef, capitaine, colonel) ?
La logique est identique pour tous les grades : c'est la solde indiciaire des six derniers mois qui fixe la base de calcul, pas un barème par grade. À durée de services égale, un adjudant-chef, un capitaine et un colonel percevront des pensions différentes parce que leur indice terminal diffère, et parce que leurs limites d'âge ne sont pas les mêmes (58 ans pour un adjudant-chef, 59 ans pour un capitaine, 59 ans pour un colonel de l'armée de terre, par exemple). Deux militaires de même grade peuvent eux aussi toucher des montants différents selon leur échelon terminal, leurs bonifications de campagne et l'application éventuelle du minimum garanti. C'est pourquoi la vérification du dernier indice retenu sur les six derniers mois, ligne par ligne, est déterminante : une erreur de grade ou d'échelon sur cette période courte se répercute directement sur la pension à vie.
Un militaire peut-il cumuler sa pension avec un salaire civil ?
Oui. Le cumul entre une pension militaire de retraite et un revenu d'activité dans le secteur privé est autorisé sans restriction de montant. Pour un emploi dans la fonction publique, des règles de plafonnement s'appliquent pendant les premières années suivant la radiation des cadres. Ce cumul est très courant : la majorité des sous-officiers quittent les armées avant 45 ans et exercent une seconde activité professionnelle pendant 15 à 20 ans. Les cotisations versées dans le nouveau régime ouvrent des droits distincts, qui viendront s'ajouter à la pension militaire.
Comment sont prises en compte les OPEX dans le calcul de la pension ?
Les opérations extérieures génèrent des bonifications de campagne qui augmentent la durée de services retenue pour le calcul. Pour chaque mission, un arrêté ministériel fixe le type de campagne applicable (simple, double ou triple) en fonction du théâtre d'opérations et de la période. Ces bonifications sont gratuites : elles s'ajoutent aux trimestres liquidés sans cotisation supplémentaire. Le décompte doit correspondre exactement aux dates figurant sur les ordres de mission individuels. Toute divergence entre le relevé et les pièces personnelles du militaire doit faire l'objet d'une réclamation auprès du bureau des pensions du ministère des Armées.
Que se passe-t-il si un militaire quitte les armées avant les 17 ans requis ?
Le militaire qui quitte les armées après au moins 2 ans de services effectifs mais avant d'avoir atteint la durée minimale requise (17 ans pour un sous-officier, 27 ans pour un officier) conserve ses droits sous forme de pension à jouissance différée. Le montant est calculé au prorata des services accomplis, mais le versement ne débute qu'à l'âge légal applicable aux fonctionnaires civils sédentaires (entre 62 et 64 ans selon la génération). Cette pension est définitivement acquise et ne peut pas être annulée. Le militaire doit simplement en demander la liquidation au SRE quelques mois avant d'atteindre l'âge requis.
Le service militaire compte-t-il pour la retraite ?
Oui, mais selon un mécanisme différent de celui des militaires de carrière décrit sur cette page. Une personne ayant effectué son service national (service militaire obligatoire, suspendu en 1997) sans poursuivre ensuite dans les armées valide des trimestres assimilés au régime général (Assurance retraite), à raison d'un trimestre tous les 90 jours d'incorporation, dans la limite de 4 trimestres par année civile. Cette validation est en principe automatique et apparaît sur le relevé de carrière ; si elle est absente, elle peut être régularisée auprès de l'Assurance retraite sur présentation de l'état signalétique et des services. Si la personne a par la suite fait carrière dans un régime spécial (fonction publique, militaire de carrière), c'est ce régime qui prend le relais pour la validation de cette période, et non le régime général.
Quelle retraite pour un colonel ?
Un colonel de l'armée de terre en fin de carrière atteint un indice majoré de l'ordre de 1 015, soit une solde indiciaire brute mensuelle 2026 proche de 4 997 € (IM multiplié par la valeur du point de 4,92278 €). À taux plein (75 %), la pension SRE estimée avoisine 3 748 € brut par mois, avant bonifications de campagne. Ces bonifications, cumulées au fil des OPEX, peuvent porter le taux jusqu'à 80 % et donc relever sensiblement ce montant. La limite d'âge du grade de colonel étant de 59 ans, un colonel qui reste en service au-delà de la durée requise pour le taux plein bénéficie en outre d'une surcote. Le chiffre exact dépend de l'échelon terminal détenu pendant au moins six mois avant la radiation des cadres et de la durée totale de services : il s'agit d'une estimation, pas d'un montant garanti.
Quelle retraite pour un adjudant-chef ?
Pour un adjudant-chef terminant sa carrière autour de l'indice majoré 595, la solde indiciaire brute mensuelle 2026 avoisine 2 929 €, soit une pension SRE estimée à taux plein de l'ordre de 2 197 € brut par mois, hors décote et hors surcote. Comme pour tous les sous-officiers, ce montant peut être relevé par les bonifications de campagne acquises en OPEX et, pour les carrières les plus modestes, protégé par le minimum garanti. L'adjudant-chef pouvant liquider sa pension dès 17 ans de services, beaucoup partent avant le taux plein et cumulent ensuite une seconde carrière civile : la pension réelle dépend alors de la durée effectivement liquidée, à contrôler sur le relevé de carrière.
Autres métiers relevant du SRE
Le Service des Retraites de l'État couvre d'autres professions aux règles distinctes selon le classement en catégorie active ou sédentaire :
- Retraite des policiers et gendarmes : catégorie active du SRE, avec bonification du cinquième pour les policiers nationaux et règles militaires pour les gendarmes.
- Retraite des enseignants du public : catégorie sédentaire, pension assise sur le traitement indiciaire des six derniers mois.
De nombreux sous-officiers effectuant une seconde carrière se reconvertissent comme sapeurs-pompiers professionnels : consultez notre page dédiée à la retraite des pompiers, qui relève d'un régime différent (CNRACL et non SRE).
Faites vérifier vos bonifications et vos états de services
Entre les bonifications de campagne, les limites d'âge par grade, la pension à jouissance différée et les règles de cumul avec une éventuelle carrière civile, le dossier de retraite d'un militaire est l'un des plus techniques qui existent. Une seule OPEX mal enregistrée ou un grade incorrect sur les six derniers mois peut coûter plusieurs dizaines d'euros par mois de pension, à vie.
Rendez-vous sur carriva.fr/audit pour faire analyser votre relevé et vous assurer que l'ensemble de vos services, bonifications de campagne et droits à réversion sont correctement pris en compte dans le calcul de votre pension militaire. Pour anticiper votre départ, consultez aussi les dates de paiement de la pension en 2026.
Avant de liquider vos droits
Votre relevé de carrière de militaire contient peut-être des erreurs
Sur ce type de carrière, l'audit Carriva repère le plus souvent :
- Bénéfices de campagne (OPEX, embarquement) non comptés double
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