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Grille pension retraite police nationale 2026

Policiers et gendarmes relèvent du SRE. Le corps d'encadrement et d'application de la police nationale est classé en services super-actifs, ce qui ouvre un départ à 52 ans. Bonification du cinquième, surcotisation et indemnité de départ complètent le dispositif.

Service des Retraites de l'État (SRE)52 ans (services super-actifs, progressivement relevé à 54 ans)7 min de lecture
Grille pension retraite police nationale 2026
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Retraite police nationale : l'essentiel

Un policier de la police nationale relève du Service des Retraites de l'État (SRE). Les agents du corps d'encadrement et d'application (gardiens de la paix, brigadiers, brigadiers-chefs, majors) sont classés en catégorie super-active : ils peuvent partir dès 52 ans, âge progressivement porté à 54 ans selon la génération (article L. 24, I, 1°, d) du CPCMR), sous condition d'avoir accompli vingt-sept années de services super-actifs. La pension se calcule selon la formule du SRE : solde indiciaire des six derniers mois multipliée par le ratio trimestres liquidés sur trimestres requis, dans la limite de 75 %. Deux mécanismes propres à la police relèvent ce montant : la bonification du cinquième (jusqu'à cinq années de services supplémentaires ajoutées à la durée liquidée pour 25 ans de services actifs, loi n° 57-444 du 8 avril 1957) et la part d'indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP) soumise à retenue pour pension. Le détail par grade, le calendrier de génération et le calcul exact figurent plus bas sur cette page ; pour estimer votre date de départ selon votre année de naissance, utilisez notre simulateur de date de départ.

Fonctionnaire civil ou militaire : deux statuts, un même enjeu retraite

Les policiers et gendarmes exercent des métiers classés en catégorie active, une reconnaissance de la dangerosité et des contraintes particulières de leurs fonctions. Ces professionnels de la sécurité intérieure relèvent du Service des Retraites de l'État (SRE), avec des droits spécifiques en matière d'âge de départ, de bonification et d'indemnités.

La distinction fondamentale tient au statut : les policiers nationaux sont des fonctionnaires civils rattachés au ministère de l'Intérieur, tandis que les gendarmes sont des militaires de la Gendarmerie nationale. Cette différence de statut engendre des nuances réelles dans les règles de retraite, même si les deux corps partagent de nombreuses particularités liées à la catégorie active et à la nature de leurs missions.

Pour les policiers nationaux, le classement en catégorie active ou super-active ouvre droit à un départ anticipé et à la bonification du cinquième prévue par l'article 1er de la loi n° 57-444 du 8 avril 1957. Pour les gendarmes, les règles militaires s'appliquent : ils bénéficient également de la bonification du cinquième au titre de l'article L12 CPCMR (commune à l'ensemble des militaires), s'ajoutant aux bonifications de campagne liées aux opérations. Quant aux policiers municipaux, ils relèvent d'un troisième régime distinct (CNRACL) et ne bénéficient pas de la bonification du cinquième.

SRE, Code des pensions militaires ou CNRACL : quel régime selon votre corps ?

Police nationale

Les policiers nationaux sont des fonctionnaires d'État. Ils relèvent du SRE pour leur retraite de base. Le taux de cotisation salariale est de 11,10 % de la solde indiciaire brute. Ils cotisent également au RAFP pour les primes et indemnités, dans la limite de 20 % de la solde indiciaire.

Les principales primes prises en compte au RAFP comprennent l'indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP), les indemnités pour travail de nuit, et les primes de résultat. L'ISSP représente environ 28 % du traitement indiciaire brut pour les grades les plus courants du corps d'encadrement et d'application (gardien de la paix, brigadier, major), le taux étant dégressif pour les grades supérieurs. Elle constitue souvent la plus grosse prime du bulletin de paie. Spécificité rare dans la fonction publique : une part de l'ISSP est soumise à retenue pour pension et intègre l'assiette de la pension de base SRE des policiers en catégorie active (en application de la loi n° 57-444 du 8 avril 1957, art. 3 et 6 bis, pour les policiers, dispositif étendu aux gendarmes par l'article 131 de la loi de finances n° 83-1179 du 29 décembre 1983). Le reliquat non soumis à retenue alimente le RAFP dans la limite du plafond de 20 % du traitement indiciaire.

Gendarmerie nationale

Les gendarmes sont des militaires et relèvent à ce titre du Code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR), géré administrativement par le SRE. Les règles applicables aux militaires s'appliquent intégralement. Les seuils de 17 ans de services pour les sous-officiers (maréchaux des logis, adjudants) et 27 ans pour les officiers conditionnent l'ouverture du droit à pension militaire à jouissance immédiate ; en deçà, les droits sont transférés à la CNAV et à l'Ircantec. Les bonifications de campagne s'ajoutent aux services effectifs, tout comme la bonification du cinquième prévue à l'article L12 du CPCMR pour les militaires ayant accompli au moins 17 ans de services effectifs.

À la différence des policiers, les gendarmes perçoivent une solde militaire assortie de l'indemnité de sujétions spéciales de gendarmerie (ISSG). Celle-ci représente environ 28 % du traitement indiciaire brut pour les sous-officiers, le taux étant dégressif pour les officiers. Les conditions de logement en caserne (NAS, Nécessités Absolues de Service) et les indemnités associées ne rentrent pas dans l'assiette de la pension.

Cas des policiers municipaux

Les policiers municipaux ne relèvent ni du SRE ni du régime militaire. Ils sont affiliés à la CNRACL en tant que fonctionnaires territoriaux. Ils bénéficient du classement en catégorie active, qui leur ouvre droit au départ anticipé à 57 ans (progressivement 59 ans post-réforme 2023) sous réserve d'avoir accompli au moins 17 ans de services actifs. En revanche, contrairement aux policiers nationaux et aux gendarmes, les policiers municipaux ne bénéficient pas de la bonification du cinquième, qui reste réservée aux fonctionnaires de la police nationale (loi n° 57-444 du 8 avril 1957, art. 1er) et aux militaires (article L12 i du CPCMR). Cette absence de bonification est précisément l'une des revendications majeures des syndicats de police municipale depuis plusieurs années.

La différence principale est donc structurelle : la CNRACL applique ses propres règles de liquidation. Le taux de cotisation salariale est identique (11,10 %), mais les conditions de cumul emploi-retraite et de réversion suivent le régime des fonctionnaires territoriaux, pas celui du SRE.

Départ à 52 ans, limite d'âge à 57 ans : les seuils réels après la réforme

Catégorie active pour les policiers

Les fonctionnaires des services actifs de la police nationale appartenant au corps d'encadrement et d'application (CEA : gardiens de la paix, brigadiers, brigadiers-chefs, majors) relèvent des services dits « super-actifs ». L'article L. 24, I, 1°, d) du CPCMR fixe leur âge d'ouverture des droits à l'âge légal diminué de dix ans, soit 52 ans, progressivement porté à 54 ans selon la génération. La condition posée par le onzième alinéa du 1° du I du même article est d'avoir accompli vingt-sept années de services super-actifs, déduction faite, le cas échéant, de la durée des services militaires obligatoires. Ce n'est donc pas 57 ans, contrairement à ce que l'on lit souvent : les 57 ans (progressivement 59 ans) avec 17 ans de services actifs correspondent à la catégorie active simple, qui vise les policiers actifs n'appartenant pas au corps d'encadrement et d'application (le cas du corps de commandement est précisé plus bas).

Le calendrier publié par le Service des Retraites de l'État pour la catégorie super-active est le suivant. La colonne de droite tient compte de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, qui suspend le relèvement pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Année de naissanceÂge d'ouverture des droitsSi la pension prend effet à compter du 01/09/2026
1967 au 31 août 197152 ans52 ans
Septembre à décembre 197152 ans et 3 mois52 ans et 3 mois
197252 ans et 6 mois52 ans et 6 mois
197352 ans et 9 mois52 ans et 9 mois
197453 ans52 ans et 9 mois
Janvier à mars 197553 ans et 3 mois52 ans et 9 mois
Avril à décembre 197553 ans et 3 mois53 ans
197653 ans et 6 mois53 ans et 3 mois
197753 ans et 9 mois53 ans et 6 mois
197854 ans53 ans et 9 mois
1979 et générations suivantes54 ans54 ans

Le corps de commandement (lieutenants, capitaines, commandants de police) figure au même 1° de l'article L. 556-8 du code général de la fonction publique que le corps d'encadrement et d'application, mais l'article L. 24 renvoie à ce 1° en visant « le corps » au singulier. La lecture littérale couvre les deux corps et les travaux de la DGAFP et du COR traitent globalement les personnels actifs de la police nationale en super-active, sans qu'aucune circulaire postérieure à 2023 ne tranche expressément. Les commissaires de police, absents de ce 1°, relèvent selon toute vraisemblance de la catégorie active simple, même si des sources secondaires les rangent en super-active. Dans ces deux cas, faites confirmer votre classement par votre service gestionnaire avant d'arrêter une date de départ.

Les limites d'âge de la police nationale sont fixées par l'article L. 556-8 du code général de la fonction publique : 57 ans pour le corps d'encadrement et d'application comme pour le corps de commandement, 60 ans pour les commissaires de police, 61 ans pour les commissaires divisionnaires et les commissaires généraux, 62 ans pour les emplois de contrôleur général, d'inspecteur général, de chef du service de l'inspection générale de la police nationale et de directeur des services actifs. Au-delà de cette limite, le policier est radié des cadres et mis à la retraite d'office.

Règles militaires pour les gendarmes

Les gendarmes suivent les règles de départ des militaires. Les sous-officiers peuvent liquider leur pension à jouissance immédiate après 17 ans de services, les officiers après 27 ans. Les limites d'âge varient par grade (article L4139-16 du code de la défense, version en vigueur depuis le 1er septembre 2023) : 58 ans pour les sous-officiers jusqu'au grade d'adjudant-chef inclus (y compris le grade de gendarme), 59 ans pour un major, un officier subalterne (dont le capitaine), un commandant ou un lieutenant-colonel, 60 ans pour un colonel ; les officiers généraux peuvent, eux, être maintenus en première section jusqu'à 63 ans.

Un point souvent ignoré : un gendarme qui quitte le service actif avant la limite d'âge et avant d'avoir acquis le droit à pension à jouissance immédiate (moins de 17 ans de services pour un sous-officier, moins de 27 ans pour un officier) ne touche pas de pension militaire immédiate. S'il remplit la condition de fidélité (15 ans de services, abaissée à 2 ans pour les militaires recrutés à compter du 1er janvier 2014), il conserve une pension militaire à jouissance différée, versée à un âge fixé par l'article L24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. En deçà de cette condition de fidélité, ses droits sont transférés au régime général et à l'Ircantec, ce qui peut entraîner une perte significative.

Départ anticipé pour invalidité ou blessure en service

Policiers et gendarmes blessés en service ou reconnus inaptes peuvent partir à tout âge. La pension est alors calculée selon des règles spécifiques, avec un minimum garanti. Les blessures en service ouvrent également droit à une pension militaire d'invalidité (PMI), cumulable avec la pension de retraite.

Pour les policiers victimes d'une agression dans l'exercice de leurs fonctions, la qualification de "blessure en service" ouvre aussi droit à la majoration pour tierce personne si l'invalidité est suffisamment lourde.

Le SRE, la catégorie active et la bonification du cinquième : comment se calcule la pension

Formule commune au SRE

La pension est calculée selon la formule standard du SRE :

Pension = Solde indiciaire des 6 derniers mois x (Nombre de trimestres liquidés / Nombre de trimestres requis) x 75 %

Le traitement de référence est celui du dernier grade et échelon détenus pendant au moins six mois. Pour les policiers promus peu avant leur départ, cette règle des six mois est un piège fréquent : une promotion intervenue moins de six mois avant la radiation des cadres ne sera pas prise en compte.

Bonification du cinquième

Les policiers nationaux bénéficient de la bonification du cinquième au titre de l'article 1er de la loi n° 57-444 du 8 avril 1957, et non de l'article L12 i du CPCMR qui vise les seuls militaires : un cinquième du temps effectivement passé en position d'activité dans des services actifs de police est ajouté à la durée de services retenue pour le calcul, cette bonification ne pouvant être supérieure à cinq annuités. Concrètement, il faut 25 années de services actifs pour atteindre le plafond de cinq ans de bonification.

Exemple : un policier ayant accompli 25 ans de services actifs se voit créditer cinq années supplémentaires, portant sa durée de services à 30 ans pour le calcul de la pension. À l'inverse, un policier qui n'a que 20 ans de services actifs n'obtient que quatre années de bonification.

Depuis le 28 décembre 2023, le deuxième alinéa de l'article 1er de la loi n° 57-444 subordonne cette bonification à la condition de durée de services prévue au onzième alinéa du 1° du I de l'article L. 24 du CPCMR, soit vingt-sept années de services super-actifs. Cette condition n'est pas opposable aux fonctionnaires radiés des cadres pour invalidité ou par limite d'âge. La bonification du cinquième d'un policier n'est donc plus acquise inconditionnellement : elle se vérifie en même temps que le droit au départ anticipé.

Les gendarmes, en tant que militaires, bénéficient également de la bonification du cinquième au titre de l'article L12 CPCMR, dans les mêmes conditions (plafond 5 ans), sous réserve d'avoir accompli au moins 17 ans de services effectifs ou d'être radiés des cadres pour invalidité. Cette bonification se cumule avec les bonifications de campagne pour les opérations extérieures.

Les policiers municipaux, bien que classés en catégorie active au titre de la CNRACL, ne bénéficient pas de la bonification du cinquième. Cette bonification est en effet réservée aux policiers nationaux et aux militaires : c'est une différence notable de régime qui peut représenter plusieurs années de services et plusieurs centaines d'euros de pension par mois sur toute la retraite.

Surcotisation : un levier sous-utilisé

Les policiers qui le souhaitent peuvent opter pour la surcotisation. Ce mécanisme concerne les seules périodes accomplies à temps partiel ou à temps non complet : il permet de cotiser sur la base du traitement à temps plein correspondant au même grade, échelon et indice, moyennant une retenue supplémentaire, afin de faire valider ces périodes comme si elles avaient été effectuées à temps plein. La surcotisation est plafonnée à quatre trimestres supplémentaires sur l'ensemble de la carrière.

Ce dispositif est particulièrement intéressant pour les policiers ayant travaillé à temps partiel au cours de leur carrière. En pratique, peu d'agents en font la demande, souvent par méconnaissance. Le gain se mesure en trimestres validés qui améliorent le taux de liquidation ou avancent la date de départ, pour un surcoût de cotisation étalé sur quelques années.

L'ISSP, le calcul SRE et le RAFP : ce que vos primes rapportent réellement

Contrairement à la plupart des primes de la fonction publique, l'indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP) n'est pas intégralement hors du calcul de la pension. Une part de l'ISSP (26 % historiquement) est soumise à retenue pour pension au titre de la loi n° 57-444 du 8 avril 1957 (art. 3 et 6 bis) et entre dans l'assiette de la pension de base SRE des policiers en catégorie active, à l'image du régime applicable à la prime de feu des pompiers. Le reliquat non soumis à retenue est pris en compte dans l'assiette du RAFP, le régime additionnel de la fonction publique, dans la limite de 20 % du traitement indiciaire. Le RAFP fonctionne par points : les cotisations annuelles (5 % salarié, 5 % employeur) génèrent des points convertis en rente viagère ou capital à la liquidation.

Pour un gardien de la paix en milieu de carrière, le RAFP génère une rente de l'ordre de 30 à 60 euros par mois à la retraite. Ce montant reste modeste, mais toute prime non déclarée au RAFP ou toute erreur sur la part d'ISSP soumise à retenue pour pension représente une perte sèche et définitive.

Indemnité de départ

Les policiers qui cessent leurs fonctions bénéficient d'une indemnité de départ volontaire, sous certaines conditions. Cette indemnité, distincte de la pension, vise à faciliter la transition vers la retraite. Son montant dépend de l'ancienneté et du grade.

Bonifications de campagne (gendarmes)

Les gendarmes ayant participé à des opérations extérieures (OPEX) ou intérieures classées bénéficient de bonifications de campagne. Ces bonifications fonctionnent selon les mêmes règles que pour les autres militaires : campagne simple (crédit jour pour jour), double (deux jours pour un jour de service) ou triple (trois jours pour un jour) selon la nature et le lieu de l'opération.

Un gendarme déployé six mois au Sahel en campagne double se voit créditer un an de services supplémentaires. Ces bonifications peuvent avancer significativement la date de départ ou augmenter le montant de la pension.

Pension de réversion

La pension de réversion des policiers suit les règles du SRE : 50 % de la pension du fonctionnaire décédé, sans condition de ressources. Pour les gendarmes, les règles militaires s'appliquent, avec des dispositions spécifiques lorsque le militaire est tué dans un attentat en service ou au cours d'une opération militaire. Dans ce cas, la pension de réversion est portée à 100 % de la solde indiciaire du grade détenu.

Votre bonification du cinquième figure-t-elle bien sur votre relevé ?

Un an de bonification tous les cinq ans de service, plafonné à cinq ans : c'est l'écart le plus fréquent sur les relevés des policiers et gendarmes. Carriva le détecte en 30 secondes.

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Montant de la pension par grade : gardien de la paix, brigadier-chef, major, officier, commissaire

Corps et grades de la police nationale

La police nationale est structurée en trois corps distincts, chacun avec sa propre grille indiciaire et ses limites d'âge :

  • Corps d'encadrement et d'application (CEA), appelé corps de maîtrise et d'application avant le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 : gardien de la paix, brigadier, brigadier-chef, brigadier-chef principal, major de police. Ce corps représente la grande majorité des effectifs. Il est classé en services super-actifs : départ dès 52 ans (progressivement 54 ans) sous condition de 27 ans de services super-actifs, et bonification du cinquième. Limite d'âge : 57 ans (art. L. 556-8 du CGFP).
  • Corps de commandement : lieutenant de police, capitaine de police, commandant de police. Bonification du cinquième applicable, limite d'âge de 57 ans (art. L. 556-8 du CGFP). Son classement en services super-actifs découle de la lecture littérale de l'article L. 24, I, 1°, d) du CPCMR mais n'est pas confirmé par une circulaire : à faire valider par le service gestionnaire.
  • Corps de conception et de direction : commissaire de police, commissaire divisionnaire. Limite d'âge de 60 ans pour les commissaires de police et de 61 ans pour les commissaires divisionnaires et généraux (art. L. 556-8 du CGFP), portée à 62 ans pour les emplois de contrôleur général, d'inspecteur général, de chef du service de l'IGPN et de directeur des services actifs.

Comment calculer sa pension selon son grade et son échelon

Il n'existe pas de grille de pension figée en euros par grade de police nationale. Le montant de la retraite résulte toujours de la formule SRE appliquée à la situation individuelle :

Pension brute mensuelle = Traitement indiciaire brut des 6 derniers mois × (Trimestres liquidés / Trimestres requis) × 75 %

Le traitement indiciaire brut est déterminé par l'indice majoré (IM) du dernier échelon détenu au moins six mois avant la radiation des cadres, multiplié par la valeur du point d'indice de la fonction publique (à vérifier à la date de votre départ sur la grille officielle publiée par le ministère chargé de la Fonction publique). À cette base s'ajoutent :

  1. La bonification du cinquième : jusqu'à 5 ans de services supplémentaires pour 25 ans de services actifs (policiers nationaux au titre de l'art. 1er de la loi n° 57-444 du 8 avril 1957, sous condition de 27 ans de services super-actifs depuis le 28 décembre 2023 ; gendarmes au titre de l'art. L12 i du CPCMR).
  2. La part d'ISSP soumise à retenue pour pension : vient majorer le traitement indiciaire de référence pour les policiers en catégorie active (loi n° 57-444 du 8 avril 1957, art. 3 et 6 bis).
  3. La surcotisation éventuelle : permet de faire valider les périodes de temps partiel comme du temps plein (jusqu'à quatre trimestres sur l'ensemble de la carrière) si la demande a été formulée avant le départ.

Comment lire la grille indiciaire : sur la grille officielle de la police nationale, repérez votre grade et votre échelon terminal. L'indice majoré (IM) correspondant, multiplié par la valeur du point d'indice de la fonction publique en vigueur, donne le traitement indiciaire brut mensuel. Appliquez ensuite la formule ci-dessus avec votre durée liquidée et votre bonification du cinquième. À grade identique, deux policiers peuvent percevoir des pensions sensiblement différentes selon l'échelon terminal, la durée de services actifs et la part d'ISSP soumise à retenue.

Montant de la retraite par grade en 2026

Aucun barème officiel ne fixe une pension en euros par grade : le montant dépend de l'indice terminal, de la durée liquidée et des bonifications propres à chaque carrière. Les estimations ci-dessous appliquent la logique déjà décrite plus haut à un indice majoré (IM) de fin de carrière typique pour chaque grade, avec la valeur du point d'indice de la fonction publique en vigueur en 2026 (4,92278 € par point majoré, gelée depuis le 1er juillet 2023). Le traitement indiciaire brut mensuel correspond à l'IM multiplié par la valeur du point ; la pension estimée applique le taux plein de 75 % à ce traitement.

Grade (police nationale)IM typique de fin de carrièreTraitement indiciaire brut mensuel (2026)Pension mensuelle brute estimée à taux plein
Gardien de la paix4802 363 €1 772 €
Brigadier5052 486 €1 865 €
Brigadier-chef5402 658 €1 994 €
Major5852 880 €2 160 €
Capitaine7003 446 €2 585 €
Commandant8003 938 €2 954 €
Commissaire8354 111 €3 083 €

Source : valeur du point d'indice majoré (4,92278 €) fixée par le décret n° 2023-519 du 28 juin 2023 (Légifrance), gelée depuis le 1er juillet 2023 et reconduite pour 2026 sans revalorisation annoncée. Indices majorés de référence établis à partir de la grille indiciaire de la police nationale publiée par le ministère de l'Intérieur. Page mise à jour le 22 juillet 2026.

Ces montants sont des estimations volontairement prudentes, calculées à taux plein (75 %) sur le seul traitement indiciaire, hors décote et hors surcote. Deux mécanismes déjà décrits sur cette page peuvent les faire varier à la hausse : la bonification du cinquième (jusqu'à cinq années de services supplémentaires pour 25 ans de services actifs) aide à atteindre ou dépasser le taux plein, et la part d'ISSP soumise à retenue pour pension majore le traitement de référence des policiers en catégorie active. À l'inverse, une carrière incomplète, un passage tardif de grade dans les six derniers mois ou une décote pour trimestres manquants peuvent les réduire. Un échelon fonctionnel ou spécial (commandant divisionnaire, commissaire divisionnaire) dépasse les indices retenus ici. La seule réponse fiable reste la lecture de votre relevé de carrière : un audit du relevé sur carriva.fr/audit confronte votre indice terminal réel, vos services actifs et votre bonification du cinquième au calcul du SRE.

Les erreurs les plus courantes sur le relevé d'un policier ou d'un gendarme

Les relevés de carrière des policiers et gendarmes présentent des erreurs spécifiques, souvent liées à la complexité des statuts et aux changements de corps.

Services actifs mal comptabilisés. Les périodes de mise à disposition, de détachement auprès d'autres administrations ou de formation longue ne comptent pas toujours comme services actifs. La frontière entre services actifs et sédentaires doit être vérifiée pour chaque affectation. Un policier passé en administration centrale pendant trois ans peut perdre ces années dans le décompte des services actifs, ce qui réduit directement sa bonification du cinquième.

Bonification du cinquième absente ou mal calculée. Certains relevés de policiers omettent la bonification du cinquième ou la calculent sur une base incomplète, excluant des périodes de services actifs effectuées dans un autre service. L'erreur est particulièrement fréquente chez les agents ayant changé de corps (ex. : passage de la police municipale à la police nationale).

Primes non déclarées au RAFP. L'indemnité de sujétion spéciale de police et les primes opérationnelles doivent figurer dans l'assiette du RAFP. Des omissions existent, en particulier pour les primes versées de manière irrégulière ou pour les agents en détachement.

Erreur de grade après reclassement. Les reclassements lors des réformes statutaires (passage au nouveau régime indiciaire, fusion de corps) sont une source fréquente d'erreurs. Le dernier indice détenu doit correspondre au reclassement effectif. La réforme des corps et carrières de 2004-2006 a généré de nombreuses anomalies encore présentes sur des relevés aujourd'hui.

Bonifications de campagne manquantes (gendarmes). Les opérations de maintien de l'ordre en outre-mer ou les missions de coopération internationale ne sont pas toujours enregistrées comme ouvrant droit à bonification. Les OPEX récentes (Barkhane, Chammal) sont généralement bien tracées, mais les opérations plus anciennes nécessitent une vérification.

Périodes de formation initiale. Les années en école de police ou en école de gendarmerie comptent comme services effectifs. Leur inscription au relevé doit être vérifiée, en particulier pour les agents ayant suivi une formation longue (commissaires, officiers). L'école de Gendarmerie de Melun, l'ENSP ou l'ENSOP doivent apparaître explicitement.

Date de paiement de la pension de police et de gendarmerie en 2026

Les pensions des policiers nationaux comme des gendarmes sont gérées par le Service des Retraites de l'État (SRE) et payées directement par le budget de l'État. Le versement intervient en fin de mois, à terme échu, selon le calendrier officiel du SRE consultable sur retraitesdeletat.gouv.fr et géré via l'espace personnel ENSAP (ensap.gouv.fr).

Pour 2026, la dernière mensualité de l'année est anticipée avant les fêtes : le versement de décembre 2026 est prévu le mercredi 23 décembre 2026, au lieu de fin décembre. Les dates émises par le SRE correspondent à l'ordre de virement ; comptez un délai bancaire de 1 à 3 jours ouvrés avant le crédit effectif sur votre compte.

Le calendrier complet des 12 versements 2026, tous régimes confondus, est récapitulé sur notre page calendrier de paiement de la retraite. Le fonctionnement précis du SRE et de l'ENSAP est détaillé dans notre guide de la retraite des fonctionnaires. Le détail des dates SRE et CNRACL figure dans notre calendrier de paiement fonctionnaire 2026.

Questions fréquentes

À quel âge un policier peut-il partir à la retraite ?

Cela dépend du corps. Les gardiens de la paix, brigadiers, brigadiers-chefs et majors du corps d'encadrement et d'application relèvent de la catégorie super-active : ils peuvent partir dès 52 ans, âge progressivement porté à 54 ans selon la génération (article L. 24, I, 1°, d) du CPCMR), sous condition d'avoir accompli vingt-sept années de services super-actifs. Les commissaires de police relèvent de la catégorie active simple, avec des seuils différents. Les policiers municipaux, affiliés à la CNRACL et non au SRE, partent quant à eux à 57 ans, progressivement porté à 59 ans, sous réserve de dix-sept ans de services actifs. Le calendrier complet par génération figure plus haut sur cette page.

À quel âge un gendarme peut-il partir à la retraite ?

Les gendarmes suivent les règles de départ des militaires, distinctes de celles des policiers. Un sous-officier (maréchal des logis, adjudant) peut liquider sa pension à jouissance immédiate après 17 ans de services, un officier après 27 ans : ce sont des seuils de durée de services, pas un âge fixe. Un gendarme qui quitte le service avant d'avoir atteint cette durée conserve une pension à jouissance différée s'il remplit la condition de fidélité (15 ans de services, abaissée à 2 ans pour les militaires recrutés à compter du 1er janvier 2014) ; en deçà, ses droits sont transférés au régime général et à l'Ircantec. Les limites d'âge par grade vont de 58 ans pour un adjudant-chef à 60 ans pour un colonel (63 ans pour le maintien en première section des officiers généraux).

Quelle est la grille de pension de police par grade : gardien de la paix, brigadier, major, commissaire ?

Il n'existe pas de grille de pension figée par grade. La pension SRE d'un policier se calcule à partir de la solde indiciaire du dernier grade et échelon détenus pendant au moins six mois, selon la formule rappelée plus haut (solde indiciaire des 6 derniers mois multipliée par le ratio trimestres liquidés sur trimestres requis, dans la limite de 75 %, hors bonifications). À grade équivalent, deux gardiens de la paix peuvent donc percevoir des pensions différentes selon leur échelon terminal, leur durée de services actifs, leur bonification du cinquième et la part d'ISSP soumise à retenue pour pension. C'est précisément pour cela que la lecture du relevé grade par grade compte davantage qu'une grille théorique. Pour connaître le montant exact attaché à votre grade et échelon, reportez-vous à la grille indiciaire de la Police nationale publiée par le ministère de l'Intérieur et au simulateur officiel de l'ENSAP : un audit du relevé permet ensuite de vérifier que l'indice retenu correspond bien à votre situation réelle.

Comment se situe la pension d'un colonel de gendarmerie par rapport à celle d'un officier de police ?

Le colonel de gendarmerie est un militaire : sa pension relève du Code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR), avec la bonification du cinquième au titre de l'article L12, les éventuelles bonifications de campagne et une limite d'âge de 60 ans pour ce grade (63 ans pour le maintien en première section des officiers généraux). Le commissaire ou le commissaire divisionnaire de la Police nationale relève du même SRE mais en tant que fonctionnaire civil, avec une limite d'âge de 60 ans pour un commissaire et de 61 ans pour un commissaire divisionnaire (art. L. 556-8 du CGFP). Dans les deux cas, le montant dépend de l'indice terminal détenu six mois avant la radiation des cadres, pas d'un barème forfaitaire par grade. La logique de calcul est strictement la même que pour les autres militaires de l'armée de terre ; le détail des bornes d'âge et des bonifications par grade est traité dans notre page dédiée à la retraite des militaires.

Un policier municipal a-t-il les mêmes droits qu'un policier national pour la retraite ?

Non. Le policier municipal relève de la CNRACL (fonctionnaire territorial), pas du SRE. Il bénéficie bien du classement en catégorie active et donc du départ anticipé à 57 ans (progressivement 59 ans), mais il ne bénéficie pas de la bonification du cinquième, qui reste réservée aux policiers nationaux (loi n° 57-444 du 8 avril 1957, art. 1er) et aux militaires (article L12 i du CPCMR). Les règles de cumul emploi-retraite, de réversion et de minimum garanti diffèrent également. En pratique, les montants de pension sont souvent inférieurs à ceux d'un policier national, à la fois parce que les grilles indiciaires de la police municipale sont moins favorables et parce qu'il n'y a pas de bonification du cinquième.

La bonification du cinquième s'applique-t-elle aux gendarmes ?

Oui. Les gendarmes, en tant que militaires, bénéficient de la bonification du cinquième prévue à l'article L12 du Code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR), aux mêmes conditions que les autres militaires : plafond de 5 ans, sous réserve d'avoir accompli au moins 17 ans de services effectifs ou d'être radiés des cadres pour invalidité. Cette bonification du cinquième se cumule avec les bonifications de campagne liées aux opérations extérieures et intérieures.

L'ISSP est-elle prise en compte dans le calcul de la pension de base ?

Oui, partiellement. Une part de l'ISSP (indemnité de sujétions spéciales de police) est soumise à retenue pour pension et entre donc dans l'assiette de la pension de base SRE pour les policiers en catégorie active (loi n° 57-444 du 8 avril 1957, art. 3 et 6 bis). Cette particularité est comparable au régime de la prime de feu des pompiers et constitue une exception remarquable dans la fonction publique, où les primes sont habituellement exclues du calcul. Le reliquat non soumis à retenue alimente le RAFP, qui génère une rente complémentaire modeste, de l'ordre de 30 à 60 euros par mois pour un gardien de la paix en milieu de carrière.

Quelle retraite pour un gardien de la paix ?

Pour un gardien de la paix terminant sa carrière autour de l'indice majoré 480, le traitement indiciaire brut mensuel 2026 avoisine 2 363 € (IM 480 multiplié par 4,92278 €). À taux plein (75 %), la pension SRE estimée se situe autour de 1 772 € brut par mois, hors décote et hors surcote. Deux éléments propres à la police relèvent ce montant : la bonification du cinquième, qui aide à atteindre le taux plein, et la part d'ISSP soumise à retenue pour pension, qui majore le traitement de référence. Le RAFP ajoute enfin une rente modeste de l'ordre de 30 à 60 euros par mois. Ce chiffre reste une estimation : votre pension réelle dépend de votre échelon terminal, de vos services actifs et de votre durée liquidée, à vérifier sur votre relevé de carrière.

Quelle est la retraite d'un commandant de police ?

Un commandant de police en fin de carrière atteint fréquemment un indice majoré de l'ordre de 800, soit un traitement indiciaire brut mensuel 2026 proche de 3 938 €. À taux plein, la pension SRE estimée tourne autour de 2 954 € brut par mois, avant prise en compte de la bonification du cinquième, de la part d'ISSP soumise à retenue et d'un éventuel échelon fonctionnel (commandant divisionnaire) qui portent l'indice, et donc la pension, au-delà. Comme pour tous les grades, il ne s'agit pas d'un barème garanti : le montant exact découle de l'indice détenu pendant au moins six mois avant la radiation des cadres et du nombre de trimestres liquidés.

Métiers proches au sein du SRE

Si votre situation diffère de celle décrite ci-dessus, ces professions relèvent du même Service des Retraites de l'État, avec leurs propres règles de catégorie active ou sédentaire :

  • Retraite des militaires : régime SRE en catégorie active, avec départ après 17 ou 27 ans de services et bonifications de campagne propres aux armées.
  • Retraite des surveillants pénitentiaires : même régime SRE et même catégorie super-active que le corps d'encadrement et d'application de la police, avec un départ possible dès 52 ans sous condition de 27 ans de services super-actifs.
  • Retraite des enseignants du public : régime SRE en catégorie sédentaire, pension calculée sur le traitement indiciaire des six derniers mois.

Les sapeurs-pompiers professionnels partagent avec les policiers un classement en catégorie active, mais relèvent d'un régime distinct (CNRACL) avec sa propre prestation de fidélisation et de reconnaissance (PFR) : retrouvez le détail sur notre page retraite des pompiers.

Catégorie active, bonification, surcotisation : trois raisons de contrôler votre relevé avant le départ

Avec la bonification du cinquième, la surcotisation et les multiples primes qui entrent au RAFP, la retraite d'un policier ou d'un gendarme repose sur un empilement de droits où chaque ligne du relevé compte. Une bonification du cinquième sous-estimée d'un an peut représenter 300 à 500 euros par an de pension en moins, à vie.

Lancez une analyse de votre relevé sur carriva.fr/audit pour repérer les écarts entre votre parcours réel et ce que le SRE ou la CNRACL a enregistré. L'outil détecte les services actifs manquants, les erreurs de grade et les primes absentes du RAFP. Pour préparer votre départ, vous pouvez aussi consulter les dates de paiement de la pension en 2026.

Avant de liquider vos droits

Votre relevé de carrière de policier ou de gendarme contient peut-être des erreurs

Sur ce type de carrière, l'audit Carriva repère le plus souvent :

  • Bonification du cinquième absente ou mal plafonnée
  • Part de l'ISSP non reportée dans l'assiette de pension
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Et vous ?

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