Le cumul emploi-retraite (CER) est un dispositif qui permet à un retraité de reprendre une activité professionnelle, salariée ou indépendante, tout en continuant à percevoir l'intégralité ou une partie de ses pensions de retraite (art. L161-22 CSS). Ce dispositif a été significativement modifié par la réforme des retraites de 2023.
On distingue deux formes de cumul. Le cumul intégral est ouvert aux retraités ayant liquidé l'ensemble de leurs pensions (base et complémentaires) et remplissant les conditions du taux plein, ou ayant atteint l'âge d'annulation de la décote. Dans ce cas, il n'y a aucune limite de revenus : le retraité peut cumuler sa pension et ses revenus d'activité sans plafonnement. Le cumul plafonné s'applique lorsque l'assuré ne remplit pas ces conditions : les revenus d'activité ne doivent pas dépasser un plafond (le dernier salaire perçu ou 160 % du SMIC, le plus favorable).
La réforme de 2023 a apporté un changement majeur : désormais, les cotisations retraite versées dans le cadre d'un cumul emploi-retraite intégral génèrent de nouveaux droits à pension. Avant cette réforme, les cotisations versées étaient "à fonds perdus" et ne créaient aucun droit supplémentaire. Cette seconde pension est liquidée au moment de la cessation définitive de l'activité en cumul, et son montant est plafonné à 5 % du PASS.
Exemple chiffré. Un retraité en cumul intégral qui reprend une activité et cotise de nouveau peut, depuis la réforme de 2023, se constituer une seconde pension. Celle-ci est toutefois plafonnée à 5 % du PASS, soit environ 2 355 euros par an en 2025, près de 196 euros par mois, liquidée à la cessation définitive de l'activité. Avant 2023, ces mêmes cotisations étaient intégralement perdues : la réforme transforme donc un versement à fonds perdus en un droit nouveau, modeste mais réel.
Le cumul emploi-retraite est distinct de la retraite progressive, qui permet de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension avant la liquidation définitive. La retraite progressive est un dispositif de transition vers la retraite, tandis que le CER intervient après la liquidation complète.
Pour les professionnels du conseil en retraite, le CER est un outil d'optimisation intéressant pour les clients qui souhaitent maintenir une activité tout en bénéficiant de leurs pensions. La réforme de 2023 en a renforcé l'attractivité grâce à la création de droits nouveaux.