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Retraite profession libérale 2026 : guide

Les professions libérales relèvent de la CNAVPL pour la base et d'une section professionnelle spécifique pour la complémentaire. Dix sections, régime par points, cotisations variables : un paysage complexe à maîtriser.

CNAVPL (base) + section professionnelle (complémentaire)63 ans 9 mois (génération 1968) à 64 ans (1969+)7 min de lecture
Retraite profession libérale 2026 : guide
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Pourquoi la retraite des libéraux exige un guide transversal

Les professions libérales réglementées constituent un univers vaste et hétérogène : médecins, architectes, notaires, vétérinaires, kinésithérapeutes, experts-comptables, pharmaciens, sages-femmes, chirurgiens-dentistes. Chacune relève d'un système de retraite spécifique, ce qui rend le paysage particulièrement complexe. Les avocats, eux, relèvent d'un régime entièrement autonome (la CNBF, Caisse Nationale des Barreaux Français) qui ne fait pas partie de la CNAVPL : leur régime de base et leur régime complémentaire sont distincts de ceux des autres professions libérales.

Le point commun entre les autres libéraux réglementés est le régime de base géré par la CNAVPL (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales). La complémentaire, en revanche, est gérée par l'une des dix sections professionnelles, chacune avec ses propres règles de cotisation, de calcul et de prestations.

Cette page couvre le tronc commun CNAVPL applicable à toutes les professions libérales réglementées hors avocats. Pour les règles propres à chaque caisse complémentaire, consultez les guides dédiés ci-dessous.

La CNAVPL et les dix sections professionnelles

Le régime de base par points de la CNAVPL

La CNAVPL gère le régime de base commun à toutes les professions libérales réglementées. Ce régime fonctionne par points. Les cotisations sont assises sur le revenu professionnel :

  • Tranche 1 : 8,73 % sur les revenus jusqu'au PASS (48 060 euros en 2026)
  • Tranche 2 : 1,87 % sur les revenus jusqu'à 5 fois le PASS

Un minimum de cotisation est exigé. En cas de début d'activité, une dispense ou une réduction de cotisation est possible pendant les premières années, mais elle réduit d'autant les droits acquis.

Carte des dix sections professionnelles CNAVPL

Chaque section gère le régime complémentaire de sa profession. Lorsqu'un guide dédié existe sur Carriva, le lien est indiqué :

  1. CRN : notaires libéraux - guide retraite notaire
  2. CAVOM : officiers ministériels hors notaires (huissiers de justice devenus commissaires de justice, commissaires-priseurs judiciaires, greffiers)
  3. CARMF : médecins libéraux - guide retraite médecin libéral
  4. CARCDSF : chirurgiens-dentistes et sages-femmes (fusion de la CARCD et de la CARSAF depuis 2009) - guide retraite sage-femme
  5. CAVP : pharmaciens libéraux - guide retraite pharmacien
  6. CARPIMKO : auxiliaires médicaux (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes) - guide retraite kinésithérapeute | guide retraite infirmière
  7. CARPV : vétérinaires libéraux
  8. CAVAMAC : agents généraux d'assurance
  9. CAVEC : experts-comptables et commissaires aux comptes - guide retraite expert-comptable
  10. CIPAV : environ 19 professions réglementées listées par le décret du 28 juin 2018 (architectes, géomètres-experts, ingénieurs-conseils, psychologues, ostéopathes, moniteurs de ski, guides de montagne, etc.) - guide retraite architecte

Chaque section a ses propres taux de cotisation, classes de cotisation, valeur du point et conditions de liquidation. La diversité est telle qu'il est impossible de donner une règle unique applicable à tous les libéraux.

Cas particulier des avocats. Les avocats ne relèvent ni de la CNAVPL ni d'une de ses sections. Ils cotisent à la CNBF (Caisse Nationale des Barreaux Français), qui est une caisse autonome gérant à la fois le régime de base (spécifique aux avocats, hors CNAVPL) et le régime complémentaire de la profession. Consultez le guide retraite avocat pour les règles qui leur sont propres.

La CIPAV depuis la réforme 2018 : qui reste affilié ?

La CIPAV mérite une attention particulière. Elle gérait historiquement la retraite de toutes les professions libérales non réglementées, y compris de nombreux auto-entrepreneurs. Depuis le 1er janvier 2018 (loi de financement 2018), seules les professions réglementées listées par le décret n° 2018-533 du 28 juin 2018 sont affiliées à la CIPAV : les créations d'activité libérale non réglementée relèvent désormais du régime général (CNAV + RCI, ex-SSI). Les professionnels non réglementés déjà affiliés à la CIPAV avant 2018 ont disposé d'une période d'option jusqu'au 31 décembre 2023 pour transférer leurs droits vers le régime général. Le choix est définitif et a des conséquences directes sur le montant de la complémentaire. Depuis le 1er janvier 2023, le recouvrement des cotisations CIPAV est confié à l'URSSAF.

64 ans et réforme 2023 : ce qui change pour les libéraux

Âge légal : calendrier post-LFSS 2026

L'âge légal de départ suit le calendrier de la réforme 2023, décalé d'un cran par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (promulguée le 30 décembre 2025). Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, la génération 1968 part à 63 ans 9 mois, et l'âge légal de 64 ans ne s'applique qu'aux libéraux nés à partir de 1969. Les générations intermédiaires (1964 à 1967) conservent un départ anticipé d'environ trois mois par rapport au calendrier initial de 2023. Cette règle s'applique uniformément à toutes les professions libérales pour le régime de base CNAVPL.

Des règles complémentaires qui varient d'une caisse à l'autre

Certaines sections professionnelles appliquent des conditions de liquidation spécifiques pour la complémentaire. La CARMF (médecins) applique un régime complémentaire (RCV) depuis 1996 entièrement proportionnel au revenu (11,80 % dans la limite de 3,5 PASS) et a aligné son âge de taux plein complémentaire sur le régime de base (62 à 64 ans selon la génération) depuis 2023. Les Prestations Complémentaires de Vieillesse (PCV, ex-ASV) concernent les médecins conventionnés. La CAVOM impose ses propres paramètres de liquidation pour les officiers ministériels. Pour les avocats, affiliés à la CNBF et non à la CNAVPL, l'âge du taux plein complémentaire est aligné depuis 2023 sur le régime de base (62 à 64 ans selon la génération). Consultez le guide retraite avocat pour les détails.

Cotisations forfaitaires en début d'activité : un faux cadeau ?

Les deux premières années d'activité libérale, les cotisations CNAVPL sont calculées provisoirement sur une assiette forfaitaire (19 % du PASS pour la 1re et la 2e année), puis régularisées lorsque le revenu réel est connu. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une dispense : une cotisation minimale reste due (de l'ordre de quelques centaines d'euros par an). Une réduction ou un report de cotisation peut être accordé en cas de revenus très faibles, sur demande. Les années payées sur l'assiette forfaitaire minimale ne génèrent qu'un nombre de points réduit. Pour un professionnel qui a fait de longues études et commence tard, ces premières années aggravent un déficit de trimestres déjà important.

Multi-activité : la règle des 4 trimestres joue-t-elle contre vous ?

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Comment se calcule la pension d'un professionnel libéral

Pension de base CNAVPL : la formule commune à tous

Pension annuelle = Nombre de points x Valeur du point x Coefficient de proratisation

La valeur du point CNAVPL est de 0,6599 € au 1er janvier 2026 (contre 0,6399 € en 2024). Le coefficient de proratisation dépend du rapport entre la durée de cotisation effective et la durée requise pour le taux plein.

La pension de base des professions libérales est généralement modeste (entre 8 000 et 12 000 euros par an pour une carrière complète). C'est pourquoi la complémentaire est le véritable enjeu financier pour chaque libéral.

Complémentaire : des écarts considérables entre sections

Le calcul varie selon la section :

Pension complémentaire annuelle = Nombre de points x Valeur du point de la section

La valeur du point et le nombre de points acquis varient considérablement d'une caisse à l'autre. Un médecin cotisant à la CARMF pendant 35 ans peut accumuler une pension complémentaire de 30 000 à 50 000 euros par an. Un architecte affilié à la CIPAV sur la même durée pourra n'obtenir que 10 000 à 15 000 euros. Un expert-comptable à la CAVEC se situera entre les deux.

Cette disparité s'explique par les différences de taux de cotisation, de revenus moyens et de gestion entre les sections. Consultez les guides dédiés pour les ordres de grandeur propres à chaque profession.

Les PCV (ex-ASV), troisième pilier des médecins conventionnés

Les médecins conventionnés bénéficient du régime des Prestations Complémentaires de Vieillesse (PCV), nouveau nom du régime ASV (Avantages Sociaux Vieillesse) après la réforme CARMF. Pour les médecins conventionnés de secteur 1, l'Assurance maladie prend en charge environ deux tiers de la cotisation ; les médecins de secteur 2 non adhérents à l'OPTAM/OPTAM-CO supportent une part plus importante, la prise en charge publique étant conditionnée au respect des tarifs opposables. Ce régime constitue un complément non négligeable, de l'ordre de 5 000 à 8 000 euros par an pour une carrière complète. Pour en savoir plus, consultez le guide retraite médecin libéral.

Rachat de trimestres : particulièrement pertinent après de longues études

Le rachat de trimestres (rachat Fillon) est possible auprès de la CNAVPL pour les années d'études supérieures ou les années incomplètes. Pour les professions libérales ayant fait de longues études (médecine : 9 à 12 ans, pharmacie : 6 à 9 ans, expertise comptable : 8 ans), le rachat peut être financièrement intéressant, surtout s'il est effectué avant 40 ans. Le coût dépend de l'âge au moment du rachat et du revenu professionnel.

Les cinq anomalies de relevé propres aux carrières libérales

Affiliation à la mauvaise section après un changement de profession

En cas de multi-activité ou de changement de profession au sein des libérales, l'affiliation peut être erronée. Un professionnel ayant exercé comme kinésithérapeute (CARPIMKO) puis comme ostéopathe (CIPAV) doit vérifier que chaque période est rattachée à la bonne section. L'erreur est fréquente, car la mutation entre sections n'est pas toujours transmise automatiquement.

Années de dispense confondues avec des années manquantes

Les années de début d'activité avec dispense de cotisation apparaissent parfois comme des années manquantes sur le relevé, sans que l'assuré sache s'il s'agit d'une dispense déclarée ou d'un oubli. Éclaircir cette distinction est essentiel : une année de dispense est un choix enregistré, une année manquante est une erreur à corriger.

Points bloqués dans une ancienne section après mutation

Un professionnel changeant de section (par exemple un pharmacien devenant expert-comptable) ne voit pas ses points transférés d'une section à l'autre. Chaque section conserve les points acquis et versera sa part de pension au moment de la liquidation. Vérifiez que chaque caisse a bien conservé vos droits, en particulier si le changement remonte à plus de dix ans.

Trimestres de salariat oubliés avant l'installation en libéral

De nombreux professionnels libéraux ont été salariés avant de s'installer (internat hospitalier pour les médecins, stage en cabinet pour les avocats, salariat en officine pour les pharmaciens). Les trimestres de salariat (régime général ou régime hospitalier) doivent être pris en compte pour le calcul de la durée d'assurance totale. Vérifiez que le régime général a bien enregistré ces périodes.

Régularisations de cotisations provisionnelles non reportées

Les cotisations des professions libérales sont d'abord provisionnelles (basées sur le revenu N-2), puis régularisées en fonction du revenu réel. Des retards de régularisation peuvent générer des écarts temporaires sur le relevé. Vérifiez que les régularisations sont bien effectuées pour chaque année, en particulier les années de forte variation de revenu (installation, congé maternité, cessation partielle).

Questions fréquentes sur le tronc commun CNAVPL

Mes points CNAVPL sont-ils les mêmes quelle que soit ma profession ?

Oui. Le régime de base CNAVPL est strictement identique pour toutes les professions libérales réglementées. Les cotisations, le barème de points et la valeur du point sont communs. Ce qui diffère d'un libéral à l'autre, c'est uniquement la complémentaire, gérée par la section professionnelle (CARMF, CARPIMKO, CAVEC, CIPAV, etc.). Deux libéraux ayant le même revenu et la même durée de cotisation obtiendront la même pension de base CNAVPL, mais des pensions complémentaires très différentes.

Je suis passé de salarié à libéral en cours de carrière : comment se fait la coordination entre régimes ?

La coordination est automatique pour le calcul de la durée d'assurance : les trimestres acquis au régime général (salariat) et à la CNAVPL (libéral) s'additionnent pour déterminer si vous atteignez le taux plein. En revanche, chaque régime calcule sa propre pension au prorata de la durée cotisée chez lui. Il est indispensable de vérifier que les deux régimes ont bien enregistré l'intégralité de vos périodes. Les erreurs de jonction (trimestres en double ou trimestres manquants l'année du changement de statut) sont parmi les plus courantes dans les relevés de carrière.

Je cotise à la CIPAV mais je ne suis pas une profession réglementée : suis-je concerné par la CNAVPL ?

Si vous étiez affilié à la CIPAV avant le 1er janvier 2018 et que vous n'avez pas exercé votre droit d'option vers le régime général avant le 31 décembre 2023, vous restez dans le périmètre CNAVPL. Votre régime de base est géré par la CNAVPL et votre complémentaire par la CIPAV. Si votre activité libérale non réglementée a été créée à partir du 1er janvier 2018, vous relevez directement du régime général (CNAV + RCI) et non de la CNAVPL. Le choix (pour les affiliés historiques qui l'ont exercé) est définitif. En cas de doute, votre relevé de situation individuelle indique clairement votre caisse d'affiliation.

Faites auditer votre relevé de professionnel libéral

Avec un régime de base commun mais dix caisses complémentaires aux règles distinctes, le relevé de carrière d'un professionnel libéral est rarement exempt d'erreurs. Mutations entre sections mal enregistrées, années de dispense confondues avec des lacunes, trimestres de salariat antérieurs oubliés : chaque anomalie peut réduire votre pension de plusieurs centaines d'euros par an.

Rendez-vous sur carriva.fr/audit pour soumettre votre relevé à une vérification complète et vous assurer que la CNAVPL et votre section professionnelle ont bien enregistré l'intégralité de vos droits. Les libéraux qui dirigent leur structure trouveront aussi les pièges communs à tous les indépendants (trimestres non validés, cumul plafonné, arbitrage de fin de carrière) dans notre guide retraite des dirigeants TNS.

Et vous ?

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