Le dispositif de départ anticipé pour carrière longue permet à certains assurés de partir en retraite avant l'âge légal, en reconnaissance de leur entrée précoce dans la vie active (art. L351-1-1 CSS). Depuis la réforme de 2023, quatre bornes d'âge de début d'activité ouvrent droit à un départ anticipé.
Les assurés ayant commencé à travailler avant 16 ans peuvent partir dès 58 ans. Ceux ayant commencé avant 18 ans peuvent partir dès 60 ans. Les assurés ayant commencé avant 20 ans peuvent partir dès 62 ans. Enfin, ceux ayant commencé avant 21 ans peuvent partir dès 63 ans. Pour chacune de ces bornes, l'assuré doit justifier d'une durée d'assurance cotisée minimale, généralement la durée de référence de sa génération (172 trimestres pour les générations nées à partir de 1966, calendrier post-LFSS 2026).
La condition de début d'activité se vérifie par la validation d'au moins quatre ou cinq trimestres (selon les cas) avant la fin de l'année civile du 16e, 18e, 20e ou 21e anniversaire. Seuls certains types de trimestres sont retenus pour la durée cotisée exigée. Les trimestres de cotisation effective, les trimestres de service national (dans la limite de quatre), les trimestres de maladie (dans la limite de quatre), les trimestres de maternité et les trimestres de chômage indemnisé (dans la limite de quatre) sont pris en compte.
En revanche, les trimestres de MDA, les trimestres d'AVPF et les trimestres rachetés au titre des études supérieures ne sont pas retenus dans la durée cotisée requise pour la carrière longue (sauf le rachat pour années incomplètes).
Exemple chiffré. Un assuré né en 1968 ayant commencé à travailler à 17 ans, avec 5 trimestres validés avant la fin de l'année de ses 18 ans et 172 trimestres cotisés, peut partir dès 60 ans au lieu de 63 ans et 9 mois, soit trois ans et neuf mois plus tôt, sans décote. Mais si un seul des trimestres de début de carrière manque sur le relevé, par exemple un job d'été non déclaré ou un apprentissage mal reporté, la condition n'est plus remplie et le départ est repoussé à l'âge légal : un trimestre oublié peut donc coûter quatre années de retraite anticipée.
Le dispositif carrière longue est l'un des principaux motifs de départ anticipé en France. Il concerne chaque année plusieurs centaines de milliers d'assurés. La vérification des trimestres validés en début de carrière est un enjeu majeur de l'audit du relevé de carrière, car une erreur sur un ou deux trimestres peut repousser le départ de plusieurs années.