La proratisation est le mécanisme par lequel la pension de base est proportionnée à la durée réellement cotisée dans un régime par rapport à la durée requise pour obtenir le taux plein.
La formule de la pension de base du régime général est : pension = SAM × taux × (trimestres acquis / trimestres requis). Le dernier terme est le coefficient de proratisation. Si vous avez cotisé 140 trimestres au régime général sur 172 requis, votre coefficient est de 140/172 soit environ 0,814 : votre pension sera réduite d'environ 19 % même si vous avez le taux plein par ailleurs.
La proratisation ne doit pas être confondue avec la décote. La décote réduit le taux de liquidation (de 50 % vers un taux inférieur), tandis que la proratisation réduit le montant après application du taux. Un assuré peut avoir le taux plein (grâce à l'âge de 67 ans par exemple) mais une proratisation défavorable s'il n'a pas assez de trimestres dans le régime.
Pour les polypensionnés, chaque régime de base applique sa propre proratisation. La LURA a simplifié ce calcul pour les régimes alignés (CNAV, SSI, MSA salariés) en agrégeant les trimestres.
Exemple chiffré. Un assuré dont le SAM est de 30 000 euros part au taux plein de 50 % avec 150 trimestres sur 172 requis. Sa pension de base s'établit à 30 000 x 0,5 x (150/172), soit environ 13 081 euros par an. Avec une carrière complète de 172 trimestres, elle atteindrait 15 000 euros : les 22 trimestres manquants coûtent donc près de 1 920 euros de pension annuelle, à vie. Chaque trimestre pèse ici environ 87 euros par an, ce qui explique pourquoi une erreur d'un seul trimestre sur le relevé n'est jamais neutre.
Sur votre relevé de carrière, vérifiez le nombre de trimestres par régime : une erreur d'un seul trimestre peut modifier le coefficient de proratisation et donc le montant final de votre pension.